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ACTUALITE
DE LA NOUVELLE LETTRE
DU 28 NOVEMBRE 2000 - N° 643 : |
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CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN : UNE ISSUE LIBERALE
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Nous reproduisons ici un article paru dans le site libres.org (12
Octobre, chronique politique) qui nous a valu un courrier e-mail important.
Il s'agit d'un effort d'analyse appréciable - même si l'on
n'en partage pas les conclusions - de la plume d'un jeune chercheur en
sciences économique et politique, Pierre PERRIN. |
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La flambée de violence qui s'est produite dans les territoires palestiniens et en Israël, a rappelé à plus d'un les racines profondes du conflit israélo-arabe, et le casse-tête que suscitent les tentatives de pacification. Les combats de cette semaine ont provoqué 71 morts et plus d'un millier de blessés du côté palestinien. De processus de paix bancals en provocations extrémistes, le Moyen-Orient n'en finit pas de flamber, et il semble que rien ne puisse enrayer durablement la spirale de la violence. Pourtant, il existe toujours des solutions. Celles-ci ne se trouvent pas dans le traitement des problèmes au cas par cas, comme le pensent trop d'hommes politiques (Chirac, Barak, etc.), mais par l'application de certains principes simples. Il est d'abord urgent de promouvoir les relations entre Palestiniens et les Israéliens au niveau de la société civile et économique. Il faut cesser de voir les solutions dans la promotion des sommets politiques qui n'engendrent pas véritablement de relations suivies entre les populations. Les déclarations d'intention de politiciens terroristes et de ministres tortionnaires ne servent pas à grand chose. Dans cette perspective, sur les zones territoriales palestiniennes et israéliennes doit s'imposer une véritable libre circulation des personnes, des capitaux et des biens, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. L'idéal serait évidemment de créer dans un premier temps une zone de libre-échange s'étendant dans tout le Moyen-Orient, et à terme, de promouvoir une ouverture totale sur le reste du monde. Cela n'effacera pas miraculeusement les vieilles haines. Mais beaucoup d'Israëliens juifs apprécient aujourd'hui de travailler avec les Palestiniens. Ceux-ci constituent une main d'œuvre peu chère et assidue au travail. En reconnaissant les gains mutuels de l'échange, de nombreux Israéliens remettent en cause la politique discriminatoire qui consiste à subventionner le retour des Juifs du monde entier en Israël. Cette politique coûte cher, défavorise dans un premier temps les Palestiniens, crée de nouvelles tensions parce que beaucoup d'immigrants ne trouvent pas de travail et vont grossir les rangs des criminels et des prostituées. La science économique, en expliquant que l'échange est un jeu à somme positive, montre qu'il est possible de dépasser les différences, et de recréer les liens là où la politique a semé la haine. L'intérêt d'ouvrir la Palestine sur le reste du monde aura aussi pour effet d'apporter le progrès économique et social dans les rangs Palestiniens, si d'aventure les libertés économiques ne suffisent pas à améliorer véritablement les relations entre les belligérants. Il y a cependant de grandes chances que la question politique se pose avec une plus grande acuité. Faut-il accepter la création d'un Etat palestinien ? Comment résoudre la question de Jérusalem ? Le libéralisme voit la sécession politique territoriale, décidée démocratiquement par ceux qui habitent les territoires sécessionnistes, comme un droit absolu. Il semble donc évident que les Palestiniens doivent avoir le droit de faire sécession, du moins en ce qui concerne les territoires occupés. Pour que cette mesure ne constitue pas un risque d'invasion supplémentaire du territoire israélien, il faut que les citoyens des deux pays défendent coûte que coûte un total libre échange entre tous les états de la région. Celui-ci accroît les interdépendances économiques, sources de paix et de prospérité. Il faut aussi en finir avec le principe de continuité territoriale. Pendant de longues périodes historiques, l'existence d'enclaves libres au sein des Etats et des royaumes n'a constitué aucun problème majeur… jusqu'à ce que les hommes de l'Etat se lancent à leur seul profit dans des conquêtes territoriales sans fin. On ne résoudra rien en ayant pour modèle des Etats à la mode classique. Par ailleurs, il convient de privatiser tout ce qui peut l'être, autant dans l'économie palestinienne qu'israélienne. La fin de la politisation réduit par nature les possibilités de conflits. Il serait même possible de promouvoir des organisations transfrontalières qui assureraient la production des biens collectifs, afin de ne pas provoquer inutilement des disputes sur les découpages territoriaux. Quant à Jérusalem, il faut avoir le courage d'accepter son "internationalisation". Son statut très particulier de ville trois fois sainte, de berceau commun des trois grandes religions monothéistes, ne permet pas une sortie du conflit pour peu que l'une des parties désire avoir le monopole politique et religieux. Il semble donc nécessaire de faire en sorte que Tel-Aviv reste la capitale d'Israël (la majorité des Etats n'a d'ailleurs pas reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël), et que la Palestine trouve sa propre capitale en dehors de Jérusalem. Pourquoi ne pas faire de Jérusalem une ville ouverte, indépendante, sous le gouvernement d'une institution spécifique. Il conviendrait même de privatiser la plus grande partie de la ville, en réduisant au minimum le principe du domaine éminent, afin qu'aucune des parties ne se serve de ce principe pour chasser les autres par la force injuste de la loi. Ces solutions peuvent sembler bien utopiques, à l'heure où le totalitarisme syrien et l'extrémisme des différentes factions religieuses sont en position de force. C'est pourquoi il ne faut pas trop espérer des grands de ce monde. Le message libéral s'adresse d'abord aux petits, à ceux qui souffrent quotidiennement. Comme Mises et Hayek l'avaient compris, les gouvernements qui survivent, sont ceux soutenus activement ou passivement par une majorité de leurs sujets. Que les citoyens israéliens et palestiniens osent ne plus suivre les fauteurs de guerre et les partisans de stratégies dépassées ! Alors ceux-ci seront obligés d'appliquer les solutions libérales pour rester au pouvoir ; des solutions qui promeuvent la paix, la responsabilité et la liberté. |
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