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L’ULTRA-LIBERALISME TRIOMPHE… EN ESPAGNEFace à sa perte de vitesse depuis 1996, le parti socialiste espagnol (le PSOE) s’est inspiré de la gauche plurielle française pour tenter de se refaire une santé. Il y a tout juste un mois, au vu des sondages catastrophiques pour le PSOE et l’IU (Izquierda Unidad, le parti communiste espagnol), les membres de ces deux partis ont décidé de jouer à « quitte ou double » en formant le « pacte des gauches ». D’un côté, Julio Aguita et Francisco Frutos, deux communistes de IU, et de l’autre, Joaquin Almunia, leader socialiste, et même Felipe Gonzalez, l’ancien chef du gouvernement, pourtant connu pour son anti-communisme notoire, ont formé une sorte de parti unique. Une fois encore dans le monde politique, et face aux échéances électorales, les alliances opportunistes ont eu raison du débat. Mais José Maria Aznar, chef du Parti Populaire et du gouvernement, n’était pas non plus en reste. Durant ces quatre dernières années, celui qui prônait un débat d’idées plutôt qu’un débat politique avait dû faire des concessions à ses partenaires de la coalition gouvernementale, notamment aux indépendantistes Catalans de l’ex-socialiste Pujol. Mais Pujol avait admis le noyau dur du programme libéral du PPE : les privatisations telles que celle de Telefonica (le France Télécom espagnol). Mais si Aznar revendique les fruits et résultats fructueux des privatisation il faut se rappeler que c’est bien le gouvernement socialiste de Gonzalez qui avait pris l’initiative. Gonzalez était-il le modèle d’un socialisme libéral ? Non, il fut plus simplement l’exemple du politique qui voit sa marge de manœuvre diminuer face aux contraintes économiques. Pour étayer leur campagne législative, chaque parti y est allé de son couplet. Le PP de Aznar a vendu les bons résultats économiques du pays sous sa direction (baisse du chômage, croissance économique et participation à l’Union Européenne et à l’Euro). Le PSOE de Almunia a plutôt joué la carte des promesses face à la précarité qui demeure, notamment en matière d’emploi. Visiblement, le vendeur fut plus convaincant que le prometteur… Le Parti de José Maria Aznar a largement remporté ces élections en obtenant la majorité absolue au sein du Congrès avec 181 députés (contre 126 pour le PSOE). Il y a quatre ans, le Parti Populaire n’avait obtenu que 156 sièges, et était contraint à la coalition. Aujourd’hui, José Maria Aznar, libéré par cette majorité absolue pourrait mener son programme de libéralisation économique sans partenaire. Mais Pujol et les catalans sont les grands bénéficiaires de l’expansion économique espagnole et sont acquis aux idées du capitalisme libéral. La gauche, quant à elle, se retrouve aux abois. Les communistes ont perdu 13 sièges, et le PSOE était soudainement décapité hier soir, lorsque Joaquin Almunia annonça sa démission suite aux résultats. Le « pacte des gauches » avait en effet oublié un petit détail : Joaquin Almunia était bien le candidat de « l’appareil », mais sûrement pas celui des électeurs ! Ces derniers n’ont donc pas hésité à exprimer leur mécontentement par la voie des urnes ! Car nul ne doit oublier que ce type d’ententes et de coalitions opportunistes ont souvent provoqué un vote de protestation de la part des électeurs… Et ces votes de protestations peuvent être synonymes de chaos selon le parti vers lequel ils se dirigent… La leçon devrait être entendue de ceux qui, en France, veulent barrer la route aux socialistes.
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