LES PAYS-BAS : LE LIBERALISME, ÇA MARCHE !


Jacques Chirac visite cette semaine les Pays-Bas, pays au taux de chômage le plus faible d'Europe. Avec une économie en surchauffe, les entreprises sont obligés de faire appel à de la main-d'œuvre étrangère. Le libéralisme, ça marche mieux que les préfets !


 Les Pays-Bas viennent de rejoindre le club très fermé des pays en crise … oui, mais de main-d'œuvre ! En effet, avec un taux de chômage de 2,6 %, les Pays-Bas sont le pays où le taux de chômage est le plus bas d'Europe. Le taux de chômage y est si faible que l'économie hollandaise est en surchauffe, les entreprises manquent d'employés et en viennent à faire appel à la main-d'œuvre étrangère. Cette situation n'est pas sans rappeler celle des Etats-Unis qui avec un taux de chômage de 4,1 % sont dans le même cas. La France, quant à elle, est loin d'être dans la même situation, avec 10,5 %, elle est un des pays d'Europe où le taux de chômage est le plus élevé.

Alors, comment expliquer cette différence ? Comment cela se peut-il que les Pays-Bas soient parvenus à atteindre un taux de chômage aussi faible alors que la France, spécialiste de la « lutte contre le chômage » depuis 20 ans, n'a toujours pas obtenu de résultats ?  La réponse est simple : ils ont fait tout l'inverse de ce que les gouvernements français ont fait depuis 20 ans. Ils ont appliqué le libéralisme, et ça marche !

Les Pays-Bas ont compris que la seule façon de réduire le chômage était de suivre les leçons de la science économique : le marché est capable de réduire le chômage. En France, les hommes politiques ont cette fâcheuse tendance à faire croire aux gens qu'ils sont libéraux parce qu'ils privatisent (à leur manière) des entreprises ou les ouvrent à la concurrence. Le libéralisme c'est plus que ça. Le libéralisme c'est l'absence de toute intervention de l'Etat dans l'économie. Or, tel n'a pas été le comportement de l'Etat français. En développement toute une série de lois et de réglementations (salaire minimum, loi sur le temps de travail, alourdissement des charges sociales et de la fiscalité, hausse des indemnités chômage, hausse des prestations sociales, réglementation de la création d'entreprise, etc.) pour réguler le marché du travail, celui-ci n'a fait que créer et aggraver le problème du chômage.

Les Pays-Bas ont compris que la création d'un salaire minimum créait des surplus de travail, c'est-à-dire, du chômage, comme toute imposition arbitraire d'un prix minimum sur n'importe quelle marchandise crée des excédents (voir l'exemple du porc ou du lait). Ils ont compris qu'une fiscalité trop lourde désincitait à l'embauche, que des indemnités chômage et des prestations sociales trop élevées créaient une désincitation au travail. Ils ont aussi compris qu'une loi sur le temps de travail était une absurdité parce que la solution du chômage ne se résume pas à une équation mathématique entre le temps de travail total et le nombre d'actifs. Le résultat est une formidable souplesse su marché du travail. Près de 40 % de la population active hollandaise travaille « à la demande » : temps partiel, travail intérimaire, travail à domicile. A bien des égards les Pays Bas préfigurent des futures relations du travail : le salariat liant durablement une entreprise à son employé diminuera, tandis que d’autres formes de contrats et de rémunérations apparaîtront.

Les Hollandais, très prospectifs, ont compris tout ce que n'ont pas compris les différents gouvernements français, très conservateurs et corporatistes, depuis 20 ans. Ils ont compris ce que c'était le libéralisme et l'ont appliqué. Le libéralisme à la hollandaise est un succès. Cela donnera peut-être quelques idées à notre Président.

Mots-clés : Chômage, Flexibilité, Réglementation, Taux de chômage, Temps de travail.