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DEVELOPPEMENT : LES INVESTISSEURS PRIVES FONT CONFIANCE AU LIBERALISME Le rapport du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE est édifiant :
le redémarrage de l’aide financière en faveur des pays en développement
en 1999 s’explique largement par l’augmentation des apports privés qui
représentent ainsi 64% de l’aide totale. De plus, cette reprise des flux
financiers privés vers le Sud résulte de l’augmentation des investissements
directs étrangers dans les pays qui s’ouvrent aux principes du libéralisme
en procédant à des programmes de privatisations. La structure et l’évolution des flux financiers vers le Sud pourraient constituer une parfaite illustration des enseignements libéraux. En 1999, les deux tiers des 248 milliards de dollars versés aux pays en développement émanent du secteur privé des grandes nations industrialisées ; l’aide aux pays pauvres reprend tout en ne retrouvant pas son niveau de 1996 : 354 milliards de dollars. En premier lieu, l’aide publique n’a pas tenu ses promesses de niveau comme de résultats. En effet, alors que l’ambition des pays riches avait été d’apporter une aide financière au tiers monde à hauteur de 0.7% de leur PIB, nous sommes aujourd’hui loin du compte. Non seulement, le ratio est loin d’être atteint, mais on assiste au contraire à une tendance à la baisse des apports publics aux pays pauvres. Cet effritement s’explique principalement par l’inefficacité de l’aide publique. Centrée sur la réduction de la dette ou sur des aides financières accordées aux Etats, elle a été le plus souvent détournée par la corruption et n’a pas été affectée à la revitalisation du tissu économique. La tendance générale à la diminution de l’aide publique des pays industrialisés résulte de la prise de conscience par les principaux bailleurs de fonds institutionnels que leur aide n’a pas résolu les difficultés des économies en développement. Sa légère reprise observée en 1999 est largement imputable à l’aide d’urgence mobilisée lors d’évènements dramatiques – guerres civiles, catastrophes naturelles- atteignant les pays pauvres, une aide d’urgence qui constitue certainement la véritable mission du secteur public, en attendant que les pays pauvres émergent économiquement. En second lieu, les investisseurs privés des pays riches ont compris que le développement des pays pauvres passerait essentiellement par le désengagement de l’Etat, et la libéralisation de l’économie. Ils ont donc largement accompagné les programmes de privatisations lancés dans de nombreux pays en développement, au point que les investissements directs étrangers (IDE) progressent régulièrement depuis 1996 pour atteindre le chiffre record de 132 milliards de dollars en 1999. Cet essor des IDE est révélateur puisque ce type d’aide se fonde essentiellement sur les opinions des investisseurs concernant les fondamentaux économiques des pays aidés. Ils compensent largement, au sein de l’aide privée prise dans sa globalité, le déclin du financement sous forme de prêts bancaires plus réactifs aux soubresauts des marchés financiers. La morale de cette histoire est double : l’aide publique internationale est inefficace d’un point de vue structurel, elle est incapable d’impulser le développement. L’aide privée peut parfaitement prendre le pas sur l’aide publique, dès lors que les individus estiment que leurs investissements sont rentables. Et ils estiment qu’ils sont rentables dans les pays qui s’ouvrent à l’économie de marché par une réforme du secteur public, des privatisations et, de manière plus générale, une libéralisation de l’économie accompagnée d’institutions reposant sur la liberté et la propriété privée. Et cette rentabilité attendue est elle-même le symptôme des effets anticipés des institutions libérales : le développement. Mots-clés : Développement, Economie de marché, Investissement, Libéralisme.
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