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II - LES ENJEUX ECONOMIQUES DE L'IMPOT L'impôt est la confiscation d'un effort créatif. Il pénalise
ceux qui créent des valeurs nouvelles. Les
nations développées à haut niveau de fiscalité amorcent en fait une
régression économique : les gens se mettent à gaspiller et recherchent
l'argent vite gagné (parfois par tous les moyens). Inutile de se demander qui paye l'impôt : c'est toujours
celui qui produit. L'incidence de l'impôt ne varie pas suivant les circonstances.
Si
l'impôt a atteint de tels sommets, c'est peut-être que les gouvernements
le désiraient (puisqu'ils trouvent leur intérêt à cette spoliation),
mais les gouvernants n'ont rien pu faire sans une opinion publique favorable
: en fin de compte les gens ont des impôts parce qu'ils le veulent bien.
A son tour, l'opinion publique s'est complètement revirée
au XXè siècle. Jusque là l'Etat et l'impôt lui inspiraient méfiance
; voici maintenant que tout le monde veut plus d'Etat. Les idéologies étatistes l'ont emporté par le jeu des
droits acquis, par les institutions de la démocratie libérale, par le
nationalisme. Pourtant, aujourd'hui les données de la rivalité internationale
jouent dans le sens d'un désengagement de l'Etat. On va peut-être avoir
une nouvelle opinion publique, à nouveau tournée vers la propriété privée. |
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L’impôt est un élément important de l’analyse économique car il va bien
au-delà de son rôle premier qui est de rapporter des recettes à l’Etat
afin de financer les dépenses publiques. L’impôt à d’autres conséquences,
des implications involontaires dues à son poids et à son universalité.
“ Tout
impôt est arbitraire ”[1] explique Pascal Salin car tout impôt impose un prélèvement
sur le patrimoine individuel. Ce prélèvement est forcé, il s’effectue
sous l’autorité fiscale, et arbitraire, car il touche les ressources
individuelles sans se préoccuper de savoir quelle valeur l’individu
accorde à ces ressources. Cette fiscalité détruit les projets individuels
envisagés pour profiter d’un revenu difficilement gagné. Peut-être l’impôt
progressif sur le revenu est-il l’exemple le plus significatif de toutes
les injustices et les dysfonctionnements introduits par la fiscalité. Le mythe de l’impôt neutre
Sans se préoccuper d’une
démonstration autre qu’une observation superficielle de la réalité,
GALBRAITH semblait persuadé qu’un impôt pouvait d’autant plus favoriser
la croissance économique qu’il était élevé et progressif. “ L’effet
stimulant de l’imposition des plus hauts revenus n’est pas défavorable.
Autrefois, quand les impôts sur les plus hauts revenus étaient bien
plus élevés qu’aujourd’hui, la croissance économique était bien plus
rapide ”[2]. D’autres théoriciens de la
fiscalité ont essayé de développer la notion “ d’impôt neutre ”.
Ainsi, un impôt est dit neutre s’il ne déroge pas l’activité économique
de la voie qu’elle aurait suivie en l’absence de prélèvement fiscal.
Cette notion correspond en partie à la tolérance
de RICARDO quand il explique que si l’Etat dépense aussi utilement
les ressources tirées de l’impôt que les particuliers l’auraient fait
s’ils n’avaient été imposés, l’équilibre social n’est pas troublé. ROTHBARD
s’est violemment prononcé contre un tel concept : l’impôt neutre
n’existe pas. “ Un impôt neutre, qui semble un idéal
pour beaucoup de gens, est conceptuellement impossible. Les économistes
doivent donc abandonner leur quête futile de l’impôt juste ou neutre ”[3]. Et MISES d’ajouter qu’“ une
fiscalité neutre ne peut exister ”[4].
En effet, même si un impôt progressif ne touche pas une catégorie précise
de revenus, ces derniers subiront quand même les conséquences d’une
telle mesure appliquée à des catégories qui semblent étrangères :
c’est le phénomène de répercussion ou d’incidence de l’impôt. La notion
d’impôt neutre symbolise une manipulation supplémentaire pour calmer
“ l’ardeur populaire ”. L’impôt progressif est d’autant moins
neutre qu’il provoque délibérément des différences de traitements des
contribuables. L’agir de ces individus “ taxés ” dépend donc
en partie de cette fiscalité discriminatoire qu’ils perçoivent comme
une contrainte. Or, par l’intermédiaire de ces comportements individuels,
c’est le marché tout entier qui dépend de la progressivité de l’impôt.
Tout impôt fausse le processus
de marché et l’impôt progressif sans doute plus que les autres confiscations
parce qu’il provoque volontairement des différences de traitement entre
les contribuables. Paradoxalement, MISES explique que les entités fiscales
cherchent à développer l’impôt le moins “ neutre ”possible.
Au lieu de rendre leur intervention la plus discrète possible par rapport
à l’activité économique, elles appliquent une fiscalité volontairement
agressive. “ Un impôt est jugé d’autant plus satisfaisant qu’il
est moins neutre, et qu’il sert davantage d’instrument pour détourner
la production et la consommation des directions où un marché non entravé
les aurait guidées ”[5]. Ainsi,
la fiscalité fausse les prix relatifs et la valeur des activités. Cet
acharnement contre les revenus élevés et les investissements rentables
relève plus de “ la chasse aux sorcières ” que d’une quelconque
rationalité fiscale. Les individus capables de développer et de dynamiser
une économie sont rares car rares sont ceux qui en possèdent les talents.
Le fait de spolier avec insistance ce petit nombre d’individus risque
de les décourager et de les faire complètement disparaître[6]. MISES ne se contente
pas de dénoncer cet effet néfaste sur les capitaux. Au-delà de ce premier
effet, il souligne sa “ propagation ” dans l’activité économique.
La pratique d’une fiscalité confiscatoire bloque le progrès économique
et l’amélioration qu’il provoque. L’activité tend alors vers la stagnation
et tient compte de méthodes qui seraient totalement fausses et obsolètes
dans le cadre du libre marché[7]. En fait, l’impôt
progressif appliqué aux salaires et aux capitaux provoque un “ effet
boule de neige ” qui tourne rapidement à l’avalanche pour l’économie. L’effet “ désincitatif ” de l’impôt
Du
coup, l’impôt a des effets pervers. L’individu n’est plus incité à faire
des efforts car une majeure partie du fruit de son travail est spoliée
par l’autorité. N’oublions pas que tous les revenus gagnés par un particulier
entre le 1er janvier et le 17 juillet de cette année aboutiront
dans les caisses de l’Etat suite aux divers impôts, prélèvements et
autres taxations. En outre, non content de son effet désincitatif, l’impôt
enferme des individus dans ce que les médias ont actuellement coutume
d’appeler la “ trappe à inactivité ”. Tout individu bénéficiaire
d’une indemnisation sociale procède à une analyse coût-avantage avant
d’accepter un travail. S’il accepte, son revenu brut sera plus élevé,
mais il paiera également plus d’impôt ; au final, il peut être
plus avantageux pour lui de refuser toute proposition à l’embauche.
La variation de l’offre de travail dépend également de la variation
du taux marginal d’imposition et pas seulement du taux en vigueur à
un moment précis. “ Ma conclusion principale est que les impôts sur
le revenu sont, à divers égards, de mauvais impôts. […] Pour la majorité
de la population […] un taux marginal d’imposition fort et progressif
diminue le désir de travailler plus que nécessaire ”[8]. La
spoliation par l’impôt
L’impôt
a souvent joué un rôle prépondérant dans l’histoire. Il est à l’origine
de nombreux soulèvements populaires : il est le point de départ
de l’indépendance des Etats-Unis avec la Boston Tea Party. Aujourd’hui,
l’impôt n’a rien perdu de ses enjeux politiques. Il est un argument
important des programmes des élus. Chaque homme politique cherche à
séduire l’électorat le plus large possible ; il s’agit donc de
promettre de nouvelles allocations aux plus nécessiteux en expliquant
que ce n’est pas forcément synonyme d’augmentation de la fiscalité,
pour ne pas effrayer les classes dites moyennes. Lorsque l’on se penche
sur le phénomène “ impôt ”, on s’interroge fatalement sur
le phénomène “ Etat ”. L’impôt est aujourd’hui subi plus qu’il
n’est consenti : les citoyens ne votent pas l’impôt, c’est l’Etat
qui le leur impose. Même les contribuables ne choisissent pas la destination
de leurs contributions : c’est l’Etat qui décide de la répartition
du butin. Ainsi, Pascal Salin résume : “ La spoliation
est le fondement de l’action étatique et la fiscalité est l’arme essentielle
de cette spoliation ”. A ce sujet, GILDER cite
un article paru dans The Wall Street Journal où est décrit l’effet
total de l’impôt progressif sur les revenus d’un entrepreneur. Pour
cela, l’article part d’un investissement d’un million de dollars. “ Sur
100 000 dollars de profit, la ville en absorbe en gros 5 700 et laisse
94 300 dollars. L’Etat en prend environ 10% et laisse donc 84 870 dollars.
L’Internal Revenue Service, prélevant un impôt progressif, s’empare
de 38 000 dollars. Il ne reste alors que 46 870 dollars. Notre bonhomme
riche se les attribue alors comme dividende. Comme il est
riche, notre homme figure bien sûr dans une des tranches les plus élevées
de l’impôt sur le revenu ; après avoir payé 4,3% à la ville (2
015 dollars) il lui en reste encore 44 855. L’Etat lui filoute 15% (6
728 dollars) et lui laisse 38 127 dollars. L’oncle Sam lui barbote 70%,
26 689 dollars, et l’abandonne avec 11 438 dollars. Par conséquent,
sur un investissement d’un million de dollars en capital et après deux
ans de travail intensif pour créer une entreprise risquée, cet heureux
compère qui avait réalisé un profit de 100 000 dollars n’a plus en poche
que 11 438 dollars ”[9]. En réalité, le contribuable accepte de payer ses impôts sous la menace
d’être davantage spolié s’il n’obtempère pas. En outre, il subit la
pression de ceux qui décident de l’impôt. Parmi ceux-là, les individus
qui ne bénéficient pas des revenus les plus élevés s’empressent de faire
remarquer que cette répartition des revenus est injuste parce qu’inégalitaire.
Comme ils sont plus nombreux que les représentants de hauts revenus,
ils imposent, à la majorité, des mesures discriminatoires pour la minorité.
La répartition des revenus avant impôt n’est jamais uniforme et ceux
qui ne bénéficient pas d’un revenu élevé ont tout intérêt à dire que
le revenu de ceux qui sont plus riches est “ trop élevé ”,
de sorte que la “ justice sociale ” implique une redistribution
à leur profit. “ Dans toute société où la notion de respect des
droits a disparu devant l’arbitrage des intérêts, on trouvera toujours
une majorité de gens disposée à confisquer une partie des biens d’autrui ”[10]. Cette majorité, forte de ses 50,01% des voix,
se moque du principe fondamental de propriété privée. Alors que le vol
est unanimement condamné au nom de la difficulté à subvenir à ses propres
besoins, l’impôt, quant à lui, est totalement accepté[11].
Les contribuables rechignent un peu à l’arrivée de chaque tiers payant,
mais ils se résignent rapidement. Ils font parvenir eux-mêmes la rançon
demandée, directement à leur voleur. Frédéric BASTIAT soulevait déjà
cette insolence : “ La spoliation extra-légale soulève toutes les
répugnances, elle tourne contre elle toutes les forces de l’opinion
et les met en harmonie avec les notions de justice. La spoliation légale
s’accomplit, au contraire, sans que la conscience en soit troublée,
ce qui ne peut qu’affaiblir au sein d’un peuple le sentiment moral ”[12]. Ainsi, rien ne différencie le vol de l’impôt commis par des “ voleurs
de grands chemins ”, d’autant plus que l’impôt est progressif.
La majorité procède à la confiscation et à la spoliation de la propriété
privée au nom de son pouvoir de décision tyrannique. MISES consacre tout un chapitre de L’action humaine à ce principe
de confiscation. Il part de la fausse notion selon laquelle il y aurait
un gâteau à partager. A l’inverse, toute richesse créée l’est nécessairement
par un individu à qui elle appartient. Ainsi devons-nous reconsidérer
le processus “ dans l’ordre ”. Les biens ne sont pas d’abord
fabriqués, et ensuite distribués. Les richesses sont toujours la propriété
de l’individu qui les a produites. Si l’on veut les distribuer, il faut
d’abord les confisquer[13]. Une fois la trame
logique de la création de richesses remise dans l’ordre, MISES traite
du concept de progressivité lui-même et le condamne sévèrement dans
son principe. “ Le système de fiscalité discriminatoire universellement
accepté, sous le nom trompeur d’impôt progressif sur les revenus et
successions, n’est pas un système vraiment fiscal. C’est plutôt un mode
déguisé d’expropriation […] ”[14]. Pour MISES, ce qu’on qualifie d’impôt progressif n’en est pas un. Il l’identifie
plus à une expropriation pure
et simple, déguisée et protégée dans sa justification par le principe
de la fiscalité. En outre, comme cette confiscation dépend du bon vouloir
d’une majorité “ dictatrice ”, les voix fluettes qui tentent
de défendre leur propriété ne trouvent guère d’auditeur attentif. Le
processus politique de la fiscalité à l’encontre du libre marché
“ à chaque pas franchi
dans cette direction (interventionniste) s’accentue la transformation
de l’ordre spontané par lequel la société sert les besoins variés des
individus en une organisation qui ne peut servir qu’un certain assortiment
d’objectifs choisis par la majorité […] ”[15]. La logique progressive et constructiviste de l’impôt
va à l’encontre d’un processus de libre marché. Au-delà de cet exemple,
d’autres actions politiques sont antinomiques aux principes du libre
marché. Ainsi, en ce qui concerne les biens et services publics, la
logique de marché voudrait que chaque individu paye en fonction de sa
consommation. A l’inverse, le processus politique prône une soi-disant
“ justice sociale ” selon laquelle la participation
au financement des dépenses publiques ne doit pas dépendre de la consommation
des individus mais du revenu de chaque contribuable. Les hommes de l’Etat
produisent des biens qui profitent aux individus dans des proportions
différentes. L’égalité entre les citoyens impliquerait alors que la
production publique suive une règle identique à celle du marché, à savoir
de faire payer à l’utilisateur une somme proportionnelle à la quantité
de ce bien qu’il consomme[16].
Or, on ne fait pas payer l’individu en fonction directe de sa consommation
mais en fonction d’un autre critère, à savoir le revenu. Finalement,
pourquoi ne pas mettre en place un impôt progressif sur la joie de vivre,
ou revenir tout simplement à un impôt sur les portes et fenêtres ? Au-delà de ces exemples concrets, le processus politique
suit une logique contraire à celle du marché dans son principe même.
En effet, les hommes politiques suivent leur propre intérêt, c’est-à-dire
leur (ré)élection. De ce fait, leur “ horizon temporel […]
ne dépasse pas bien souvent la prochaine échéance électorale ”[17].
A l’inverse, le libre marché doit envisager des périodes plus longues,
ne serait ce que lors de la négociation de contrats. Au total, l’horizon
des hommes de l’Etat est plus court que celui du marché. En outre, les
hommes de l’Etat n’abandonneront en aucun cas leur motivation personnelle
dans l’intérêt de l’activité économique. Les mécanismes de gestion de
l’Etat ne garantissent nullement qu’une action de long terme sera menée.
En fait, la situation est telle que les hommes politiques sont parfois
obligés de prendre des mesures efficaces à court terme, néfastes à long
terme pour se garantir des gains électoraux. Finalement, l’organisation
gouvernementale pose une entrave au processus de marché dés qu’elle
intervient à propos d’un sujet qui pourrait être réglé directement par
le marché. MISES va même au-delà de ces considérations et accuse
le pouvoir politique de vouloir délibérément restreindre, voire éliminer
le processus de libre marché. Tel fut le dessein des idéologies socialistes
totalitaires. “ Ce pouvoir (de taxer) peut être employé pour détruire
l’économie de marché, et c’est, chez beaucoup de gouvernements et de
partis, une ferme intention que de s’en servir de but ”[18]. Pour parvenir à ces fins, les autorités utilisent un
moyen efficace et largement admis par la population : la fiscalité.
Ainsi, “ si les impôts gonflent au point d’excéder une limite modérée,
ils cessent d’être des contributions fiscales et deviennent des outils
de destruction de l’économie de marché ”[19]. Parmi tous les outils fiscaux potentiels, l’impôt progressif
est souvent le plus “ pratique ” car il est positivement perçu
par la majorité des contribuables (dans le sens où les riches payent
plus que les autres). Comme il porte atteinte à l’activité économique,
cette dernière n’est plus efficace : il est donc temps de la remplacer
par la logique collectiviste socialiste. Finalement, cet interventionnisme délibéré revient à
contredire, voire à diriger les choix des consommateurs sur le libre
marché. Or, c’est justement cette sentence du consommateur qui permet
à l’activité économique de s’organiser spontanément, tout en satisfaisant
le plus d’individus possibles. Le revenu de chaque participant dépend
alors de ses aptitudes et de ses efforts. Doit-on permettre au gouvernement
de remettre en cause, voire de contredire et manipuler les choix des
consommateurs ?[20]. Tout interventionnisme étatique, contraire à cette spontanéité
du marché, fausse l’économie et en vient à la détruire (délibérément
ou pas). La progressivité de l’impôt, et notamment de l’impôt sur le
revenu, agit directement sur la fortune et la motivation créatrice des
individus ; les décourager accélère le procédé de destruction de
l’économie de marché. En outre, lorsque cette spoliation vient à toucher
les profits (directement ou indirectement comme dans la relation entre
l’impôt progressif et l’économie de marché), elle intervient au cœur
même du processus de libre marché dans lequel les consommateurs s’expriment
le plus “ librement ”. “ Les profits sont la force
motrice de l’économie de marché. Plus grands sont les profits, mieux
sont satisfaits les besoins des consommateurs. Car les profits ne peuvent
être moissonnés qu’en annulant les incohérences d’une configuration
existante des activités de production, afin de mieux servir les demandes
des consommateurs. Celui qui sert le mieux le public fait le profit
le plus important. En combattant le profit, les gouvernements sabotent
délibérément le fonctionnement de l’économie de marché ”[21]. On en revient à la constatation qu’une intervention fiscale,
notamment par le biais de l’impôt progressif, contrôle et entrave toute
action et toute liberté individuelles. Du fait que le gouvernement puisse
délibérément contrôler et interdire “ l’action libre des individus ”[22],
il renforce indirectement cette coercition ; on peut alors parler
de coercition “ indolore ”. En outre, plus le poids de l’impôt progressif est pesant, plus les contribuables
touchés seront tentés de recourir à la fraude fiscale. Pour lutter contre
cette fraude, le gouvernement va renforcer les règles juridiques, et
par la même réduire davantage la liberté individuelle[23]. Réforme potentielle de la fiscalité Toute réforme potentielle, qu’elle soit strictement formelle ou qu’elle
revêt un aspect constitutionnel, ne semble apporter aucun changement
décisif quant au caractère arbitraire et spoliateur de la fiscalité.
Le fait de changer le principe même de l’impôt ne peut jamais conduire
à une vision différente du contribuable en charge de la nation, en dehors
d’une simple vache à lait. BRENNAN et BUCHANAN[24] exposent un principe
selon lequel une réforme fiscale doit tenir compte des contribuables
et non des principes éthiques. Pourtant, il semble délicat d’aborder
les premiers sans tenir compte des seconds. C’est-à-dire que pour tenir
compte des contribuables, nous devons avoir à l’esprit un schéma et
des principes qui nous semblent justes. D’ailleurs, nous avons vu que
les éthiques appliquées sont égalitaristes et confiscatoires ;
ce qui se répercute forcément sur le mode de traitement des susnommées
vaches à lait par l’intermédiaire de la progressivité de l’impôt. En
fait, c’est la mentalité propre des individus en tant que citoyens qui
doit évoluer. Nous n’avions aucunement la prétention d’exposer ici quelle
doit être la marche à suivre ; nous avons simplement essayer de
montrer dans quelle mesure la conception actuelle de la fiscalité est
spoliatrice. Une meilleure conception de la fiscalité (autre que chercher
à profiter du financement de biens et services par les autres) peut
aboutir à un retour à une charité volontaire.
[1] Pascal Salin – L’arbitraire fiscal – Robert Laffont, libertés 2000, 1985. [2] Citation de GALBRAITH dans Georges GILDER – Richesse et pauvreté – page 187 – Albin Michel, 1981. [3] Citation de Murray ROTHBARD dans Philippe LACOUDE et Frédéric SAUTET – Action ou taxation – le défi fiscal français – page 169 - Editions Slatkine, 1996. [4] Ludwig von MISES – L’action humaine – page 776 – P.U.F., Libre échange, 1985. [5] Ludwig von MISES – L’action humaine – page 776 – P.U.F., Libre échange, 1985. [6] Voir Pascal SALIN - L’arbitraire fiscal – page 45 – Robert Laffont, 1985. [7] Voir Ludwig von MISES – L’action humaine – page 850 – P.U.F., Libre échange, 1985. [8] Citation de Gunnar MYRDAL dans Georges GILDER – Richesse et pauvreté – page 203 – Albin Michel, 1981. [9] Georges GILDER - Richesse et pauvreté – pages 191 et 192 –Albin Michel, 1981. [10] Pascal SALIN – L’arbitraire fiscal – page 50 – Robert Laffont, Libertés 2000, 1985. [11] Un voleur est “ quelqu’un qui n’utilise pas les procédures étatiques appropriées pour s’emparer de la propriété d’autrui ”. Citation de Paul BLAIRE dans Pascal SALIN – L’arbitraire fiscal – note 1, page 52 – Robert Laffont, Libertés 2000, 1985. [12] Citation de Frédéric BASTIAT dans Pascal SALIN – L’arbitraire fiscal – page 52 – Robert Laffont, Libertés 2000, 1985. [13] Voir Ludwig von MISES – L’action humaine – page 846 – P.U.F , Libre échange, 1985. [14] Ludwig von MISES – L’action humaine – page 849 – P.U.F , Libre échange, 1985. [15] Friedrich August von HAYEK (1979) – Droit, législation et liberté – volume 3, page 63, P.U.F., Libre échange. [16] Voir Pascal SALIN – L’arbitraire fiscal – pages 58 et 59 – Robert Laffont, Libertés 2000, 1985. [17] Philippe LACOUDE – “ Lectures et analyse de la courbe de LAFFER ” - page 369 - J.E.E.H., volume 3, n°2/3, juin septembre 1992. [18] Ludwig von MISES (1949) – L’action humaine – page 778 – P.U.F., Libre échange, 1985. [19] Ludwig von MISES (1949) - L’action humaine – page 779 – P.U.F. , Libre échange, 1985. [20] Voir Ludwig von MISES (1949) - L’action humaine – page 849 – P.U.F. , Libre échange, 1985. [21] Ludwig von MISES (1949) – L’action humaine – page 851 – P.U.F., Libre échange, 1985. [22] Voir sous la direction de L. BAUDIN – STUART MILL : textes choisis – page 351 – Dalloz, 1953. [23] Voir l’intervention de Philippe AUBERGER lors de la XXème université d’été de la nouvelle économie, reprise dans “ La nouvelle lettre ”, n°531. [24] Voir Geoffrey BRENNAN et James M. BUCHANAN – “ Towards a Tax Constitution for Leviathan ” in Journal of Public Economics – volume 8, décembre 1997, page 72. |