SEILLIERE RELANCE LA CROISADE ANTI-IMPOT


Face au contentement et à l'immobilisme des hommes politiques français en période d’échauffement préélectoral, le patron du Medef vient nous rappeler, dans un dossier du Figaro-Magazine, la situation périlleuse de notre économie de notre économie à la merci d'une implacable pression fiscale.


S'il est une qualité qu'il faut reconnaître à Ernest-Antoine Seillère, le charismatique patron du Medef, c'est l'inébranlable continuité de ses propos, que nombreux voudraient caricaturer comme s'ils étaient d'arrière garde. Le langage qu'il tient concernant le poids des impôts sur les contribuables français, passerait presque pour une lancinante rengaine si les faits ne venaient continuellement corroborer ses "coups de gueule" dérangeants.

Est-il besoin de ressortir pour la énième fois les chiffres, les graphiques et les études qui démontrent que nous croulons toujours sous une pression fiscale épouvantable et que nous sommes, à l'heure de la nouvelle économie, sous la dictature d'une fiscalité archaïque et totalitaire. Il y a plus d'un siècle et demi, l'économiste français Frédéric Bastiat dénonçait déjà la propension spoliatrice croissante de la puissance publique. Il y a des décennies, l’économiste américain Arthur Laffer démontrait que "trop d'impôt tue l'impôt". Enfin, voilà des années que toutes les études placent notre pays en tête des Etats fiscalistes et ne cessent de mettre en garde les gouvernants sur les conséquences néfastes de cette triste réalité sur l’économie et la société française. En vain ! Car les chiffres restent éloquents. Monsieur Seillière les rappelle dans le Figaro-Magazine.

Souffrons donc une fois de plus, et espérons que le mal ressenti nous empêche de retomber dans la torpeur suicidaire qui nous pousse à accepter l’intolérable. Car voici quelques données à méditer à la veille des prochaines échéances électorales ; taux de prélèvements obligatoires en 1999 : 45.7% du PIB, taux marginal d’impôt sur le revenu le plus élevé d'Europe soit 60,5% (dont 8% de CSG et CRDS), taux d'imposition des dividendes perçus par une personne physique ; 62,44% taux marginal d'imposition sur les sociétés ; 34,4% (26,37 en Allemagne),etc.

Au final, l'étau se resserre un peu plus sur les entrepreneurs et sur les consommateurs français et ce, en dépit du prétendu plan de baisse d'impôt, proposé par le ministre de l'économie, il y a de cela quelques mois. Pour beaucoup, l'annonce faite par Monsieur Fabius des 120 milliards de réductions des prélèvements n'est qu'une supercherie censée redonner des couleurs a une législature Jospin morne et anémiée. Le problème est que de façon concomitante d'autres pays européens, à l'instar de l'Allemagne (250 milliards de baisse sur 5 ans), se sont engagés dans des politiques de baisse massive de la pression fiscale. En finalité, la France ponctionnera encore quelques 450 milliards de francs supplémentaires par rapport à la moyenne de ses partenaires européens. C'est dire que l'écart avec nos voisins reste impressionnant et risque de mettre en péril la compétitivité des entreprises et le dynamisme retrouvé des acteurs de l'économie française.

Ce dur constat, Monsieur Seillière ne semble pas prêt de le taire, refusant d’être complice de ceux qui continuent à engraisser cette infernale machine fiscale, dépassée, inégalitaire, bureaucratique et répressive. Véritable "usine a gaz" que la plupart des politiques n’osent réformer craignant de connaître un sort fatal (à l'image de Christian Sautter). Infâme structure corporatiste, assurant la survie d'un Etat Providence pachidermique, à travers lequel certains persistent à vivre aux dépends des autres.

Mots clés : Impôt, Etat Providence, Fiscalité, Courbe de Laffer.