ISF, L'IMPÔT IMBÉCILE


Dans un pays où l'envie se cache derrière le masque de l'idéal égalitaire, il n'est pas politiquement correct de contester la pertinence de l'ISF, car il est indécent de "défendre les riches". Raison de plus pour souligner la qualité du dossier que le mensuel "Les Échos" d'octobre consacrent à ce sujet. Nous avons repris son titre, qui est à lui seul un excellent résumé.


La suppression de la vignette auto ou de la redevance TV, la baisse de la fiscalité sur les produits pétroliers etc. recueillent un large consensus. Tel n'est pas le cas de l'ISF. L'impôt de solidarité sur la fortune ne rencontre pas d'opposition de principe de la part de … ceux qui ne le paient pas. Pourtant, les conséquences négatives de cet impôt concernent des cercles beaucoup plus larges que les "riches".

L'ISF est un impôt qui est loin des préoccupations des électeurs : il ne frappe que les patrimoines dont la valeur nette dépasse 4,7 millions de francs. Grâce aux exonérations et autres exceptions, il n'y a que 200.000 Français qui y sont soumis. Pourquoi voulez-vous que la droite les défende ? Et puis les taux sont réduits, les tranches vont de 0,55% à 1,8%. "Cela ne les mettra pas sur la paille", n'est-ce pas ? De toute évidence, la vocation de cet impôt est punitive ("il faut faire payer les riches") : il permet de collecter seulement 13 milliards de francs. Un dixième du scandale du Crédit Lyonnais. Un quart de la "cagnotte". Moins que les marges d'erreur dans les estimations budgétaires de Bercy.

Mais l'ISF a le malheur d'être un impôt symbolique : c'est peut-être le dernier impôt que la gauche supprimerait. Et lorsqu'il s'agit de symboles, la raison a toujours du mal à se faire entendre.

Parmi la multitude d’exemples donnés par le mensuel "Les Échos", il suffit d’en retenir un seul. Dans un couple, le chef de famille est un dirigeant qui décide de vendre son entreprise. Son patrimoine s'élève à 100 millions de francs, placés en bourse et les dividendes de ce capital sont ses seuls revenus. À combien s'élève le revenu net annuel de ce couple ? Réponse : 180000 francs.

Que dire de cet entrepreneur contraint de payer cash l'ISF sur des plus-values virtuelles qui, entre le moment du calcul de l'impôt et celui de son paiement, se sont transformées en pertes ? Et de ces entreprises familiales qui au lieu de se développer, doivent distribuer des dividendes à leurs propriétaires, assujettis à l'ISF ?

Le mensuel "Les Échos" montre que les effets de l'ISF sont la fuite des créateurs de start-up, le sous-investissement dans les entreprises familiales, le maintien en place de dirigeants incompétents ou très âgés, des gaspillages dans des structures de contrôle compliquées et dans des conseils d'optimisation fiscale etc. Tout cela se traduit à terme par un transfert de richesse à l'étranger, et par le découragement des entrepreneurs. Des emplois sont empêchés d'apparaître ou sont créés à Londres, Bruxelles, Barcelone, Genève etc. plutôt qu'en France. Cela échappe peut-être aux statistiques du ministère des Finances, mais cela ne devrait pas échapper à la logique.

Un tableau résume les principaux impôts sur le patrimoine (ISF), sur les revenus des capitaux (dividendes, intérêts) et sur les plus-values dans plusieurs pays (Allemagne, Belgique, France, Royaume-Uni, Espagne, États-Unis et Suisse). Si l'on tient compte des effets cumulés, la France occupe la première place. En plus, les autres pays s'apprêtent à faire des réductions massives d'impôts qui ont pour but d'attirer ou retenir les capitaux. Chez nous, l'heure est au saupoudrage électoral.

La gauche française prétend lutter contre la pauvreté, mais en réalité elle ne fait que lutter contre la richesse. Cette stratégie se retourne contre ses promoteurs, du moins contre leurs objectifs déclarés, et surtout contre les plus pauvres, en détruisant richesses et emplois. Quand les riches s’appauvrissent, les pauvres s’appauvrissent davantage.

Mots-clés : Concurrence (fiscale), Fiscalité, Impôt, Taxes.