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LA GAUCHE ET LA FISCALITE DES HAUTS REVENUS
Le livre "Les hauts revenus en
France au XX-ème siècle", publié chez Grasset par Thomas Piketty,
servira certainement de bannière à tous les égalitaristes qui pensent
que la lutte contre la pauvreté passe par la lutte contre les riches.
Le message du livre consiste en une défense de la progressivité de l'impôt
sur le revenu afin d'empêcher le retour à une « société de rentiers ». Qui sont les riches en France ? Pour faire partie des 10% les mieux lotis,
il fallait disposer en 1998 d'un revenu annuel supérieur à 262000 francs
par foyer, soit 21833 F par
mois. Les 1% des foyers les plus riches gagnent plus de 589000 par an,
les 0,1% dépassent 1,4 millions. Les 4 millions de francs annuels par
foyer marquent l'entrée dans le monde des 0,01% des Français les plus
riches (3200 foyers). Rappelons que l'impôt sur le revenu était de 54%
sur les revenus les plus élevés. (En 2001, le taux a été réduit à 53,25%).
Autrement dit, au delà d’un certain seuil de revenu, le résultat de tout
effort supplémentaire est partagé moitié-moitié avec l'État. Faut-il s'étonner
du nombre croissant des "réfugiés fiscaux" qui fuient la France ?
Faut-il s'étonner que les entreprises françaises quittent leur pays et
qu'elles ne soient pas remplacées par des entreprises étrangères ?
Le rapport investissements français à l'étranger / investissements étrangers
en France a connu une croissance alarmante : 1,38 en 1996, 1,54 en
1997 et en 1998, 2,76 en 1999 et 3,65 en 2000. Concrètement, l'année dernière,
1143 milliards de francs "français" ont quitté notre pays et
seulement 313 milliards de francs "étrangers" y ont été investis.
Est-ce que cela est de nature à améliorer la situation des pauvres ?
Il est permis d'en douter. (Voir notre article sur la pauvreté en France
dans la rubrique sociale). Pourchasser les "riches", chasser
les richesses pour réduire les inégalités : les socialistes sont
vraiment incorrigibles. L'objectif assigné à la progressivité de l'impôt sur le revenu – réduire/éliminer
les inégalités – est arbitraire et discutable. En effet, l'objectif d'une
égalité absolue est illusoire, injuste et inefficace et il a peu de défenseurs.
Quelle doit être la limite entre les écarts acceptables et inacceptables ?
Qui doit décider à partir de quel niveau quelqu'un gagne "trop" ?
Il ne peut exister de critère scientifique permettant d'éclairer un décideur,
aussi bienveillant soit-il. Par conséquent, la démarcation ne peut être
qu'arbitraire. Admettons néanmoins la validité de l'objectif "réduction des inégalités".
L'impôt progressif sur le revenu présente des désavantages qui, par leur
nature même, ne peuvent être pris en compte dans des études statistiques.
Il s'agit des pertes de revenus non réalisés, à cause des activités rendues
non rentables par des taux d'imposition élevés : on travaille moins,
il y a moins de richesses créées (c’est l’effet Laffer). L'impôt progressif
pénalise les professions dont les revenus sont éloignés dans le temps
et fluctuent fortement d'une année sur l'autre. Il s'agit évidemment des
professions qui nécessitent une longue formation ou des aptitudes spécifiques
(talent). Pour cette raison, la progressivité de l'impôt "frappe"
particulièrement les innovateurs, dont les idées nouvelles leur procurent
des revenus "excessifs" une brève période. Comment estimer les
pertes résultant d'une diminution (toutes choses égales par ailleurs)
des activités innovatrices ? Dans la mesure où l'objectif de l'impôt progressif est de lutter contre les
inégalités de patrimoine, cet instrument s'avère également inadapté, puisque
la progressivité frappe moins le fait d'être riche que celui de le devenir.
Cela n'encourage pas la prise de risques, favorise les situations acquises
au détriment des "nouveaux riches" et réduit donc la mobilité
sociale. Nous pouvons donc conclure avec Hayek que défendre "la progressivité de l'impôt, c'est élever au
rang de principe ce qui en réalité n'a d'autre fondement que l'envie".
Ces évidences commencent à être reconnues par
beaucoup en France, après l’avoir été à l’étranger. Dans la plupart des
pays, la progressivité de l’impôt est fortement diminuée, sinon remise
en cause. En France même, les socialistes ont osé réduire
le taux marginal de 54% à 53,25% ! Quelle audace ! mais ce recul,
ridicule, était encore trop aux yeux des idéologues. Il aurait fallu pour
eux accroître encore la progressivité. Cela explique le battage médiatique fait autour
du livre de T.Piketty (une page entière sur Le Monde). L’auteur est dans
la ligne du politiquement correct. Il explique que la progressivité est
indispensable pour nous éloigner d’une « société de rentiers ».
Laisser leurs revenus à ceux qui entreprennent plus, ou qui créent plus,
serait une source d’inégalités et de conservatisme ! Au contraire
si on prend la moitié ou plus des revenus, on écarte le risque de rente
et on élimine ainsi les fameuses 200 familles ! Au moment ou chacun connaît les effets négatifs sur la croissance, la création
l’emploi d’un impôt trop élevé, où chacun connaît la fameuse courbe de
Laffer, de tels propos sont consternants. Mais la publicité qu’on leur
fait, dans Le Monde et ailleurs, indique une campagne fort bien menée :
il s’agir d’une campagne idéologique visant à détruire un élément clefs
des idées libérales, et d’empêcher la gauche elle-même de devenir raisonnable
sur ce point. Gageons qu’on parlera souvent de M.Piketty. Disons haut
et clair dès aujourd’hui que son analyse est fausse et que, si on l’écoute,
la France continuera à décliner, avec moins de croissance et plus de chômage.
La priorité doit bien être à la baisse de l’impôt (et des dépenses), pour
favoriser la création des richesses pour tous. Nous aurons alors, non
une « société de rentiers » mais une société de créateurs. Mots-clés : Égalité, Fiscalité,
Impôt, Progressivité,
Redistribution.
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