|
Une
action procure des coûts (et des avantages) à celui qui l’entreprend,
mais il y a externalité dès qu’elle occasionne aussi des coûts (ou des
avantages) à des tiers. Or, c’est toujours le cas de la grève puisqu’elle
engendre des externalités négatives. En effet, les coûts d’une grève dépassent
les seuls coûts individuels encourus par les grévistes. Il convient de
leur ajouter certains coûts d’opportunité. Ces derniers comprennent non
seulement le manque à gagner pour l’entreprise concernée – Rhône Poulenc
estime à 150 millions de francs le coût des grèves sur une année-, mais
aussi ceux provenant des dysfonctionnements économiques et sociaux qu’occasionnent
certaines grèves, notamment celles du secteur public. Par exemple, des
grèves de transports en commun ou de la poste impliquent des coûts du
désordre subis par les usagers. Ces coûts d’opportunité subis par le citoyen-usager
ne sont pas toujours quantifiables, mais non nuls. Comme les grévistes
n’intègrent pas ces coûts dans leur propre calcul coût/avantage à faire
la grève, il est possible de conclure qu’il sera généré un nombre de grèves
supérieur à celui qu’exigerait l’efficience globale.
|