III - GREVE ET EFFICIENCE


 

Une action procure des coûts (et des avantages) à celui qui l’entreprend, mais il y a externalité dès qu’elle occasionne aussi des coûts (ou des avantages) à des tiers. Or, c’est toujours le cas de la grève puisqu’elle engendre des externalités négatives. En effet, les coûts d’une grève dépassent les seuls coûts individuels encourus par les grévistes. Il convient de leur ajouter certains coûts d’opportunité. Ces derniers comprennent non seulement le manque à gagner pour l’entreprise concernée – Rhône Poulenc estime à 150 millions de francs le coût des grèves sur une année-, mais aussi ceux provenant des dysfonctionnements économiques et sociaux qu’occasionnent certaines grèves, notamment celles du secteur public. Par exemple, des grèves de transports en commun ou de la poste impliquent des coûts du désordre subis par les usagers. Ces coûts d’opportunité subis par le citoyen-usager ne sont pas toujours quantifiables, mais non nuls. Comme les grévistes n’intègrent pas ces coûts dans leur propre calcul coût/avantage à faire la grève, il est possible de conclure qu’il sera généré un nombre de grèves supérieur à celui qu’exigerait l’efficience globale.