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ACTUALITE
DE LA NOUVELLE LETTRE
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DOUZE HOMMES EN COLERE : ILS S’INQUIETENT POUR 2010 |
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La
grève des contrôleurs aériens aura occupé toute la semaine dernière ;
mais il n’est pas trop tard pour y revenir, car il y a des leçons
à en tirer. En effet, comme chez BASTIAT, il y a ce que l’on voit :
des milliers de voyageurs bloqués, déroutés, attardés par cette grève
en apparence massive. Et
puis, il y a l’essentiel, ce qu’on ne voit pas. Et là, nous allons faire
une confidence à nos lecteurs, nous n’y avons pas cru : les grévistes
étaient au nombre de douze ! Nous avons vérifié auprès de trois
dépêches différentes d’Associated Press ;
puis nous sommes allés voir les dépêches de l’AFP (Agence France Presse) ;
enfin, nous nous sommes tournés du côté du Medef
et nous y avons trouvé une déclaration de son Président, Ernest-Antoine
SEILLIERE : « Il y a douze fonctionnaires qui ne sont pas
contents des circonstances dans lesquelles on a déplacé leur lieu de
travail et qui bloquent l’accès de l’ensemble des avions dans notre
pays ». Oui, vous avez bien lu : ils étaient douze, douze
hommes en colère pour bloquer tous ceux qui devaient prendre l’avion
pour leur travail ou tous ceux qui voulaient partir en vacances bien
méritées ou en revenir. Si douze grévistes arrivent à empêcher tout
trafic à Orly, c’est simplement parce qu’une mesure de sécurité prévoit
que si 10% de l’effectif des contrôleurs n’est pas disponible, il faut
fermer l’aéroport. Quelques grévistes et quelques absents pour différentes
raisons : Orly sera fermé car il n’y a que 150 contrôleurs à Orly.
Mais
pourquoi ces douze hommes sont-ils en colère ? Parce qu’il est
question de regrouper le contrôle aérien, séparé pour l’instant entre
Roissy et Orly, en un lieu unique, qui serait Roissy. Les douze contrôleurs
le prennent comme une véritable déportation, ce qu’apprécieront tous
les cadres qui, eux, apprennent parfois en quelques jours qu’ils sont
mutés à…10 000 km. Mais
d’où vient ce projet de mutation géographique dont on avouera qu’il
n’est pas dramatique ? D’un projet de réorganisation du contrôle
aérien en Ile de France, proposé par…le SNCTA (Syndicat national des
contrôleurs du transport aérien), syndicat majoritaire chez les contrôleurs.
Autrement dit, ce n’est pas une lubie d’une direction assoiffée de profits,
mais une demande du syndicat majoritaire, refusée par les syndicats
minoritaires CGT et CFDT (mais majoritaires à Orly). La proposition
syndicale est inspirée par la sécurité aérienne. Les contrôleurs savent
que la coexistence de deux tours de contrôle, loin d’améliorer la sécurité
crée des risques supplémentaires liés aux difficultés de passage d’un
espace aérien à un autre. Le
secrétaire d’Etat aux transports, Dominique BUSSEREAU, a reconnu que le
projet était un simple « débat technique ». « Le
gouvernement n’en fait pas quelque chose sur lequel nous sommes bloqués.
C’est plutôt un débat entre contrôleurs et entre les syndicats d’Orly
et de Roissy qu’entre les contrôleurs et le gouvernement ». Mais
devant la réaction de leurs « camarades », le SNCTA a
finalement demandé en milieu de semaine à la direction de l’aviation
civile de retirer ce projet, alors même que c’est lui qui en était à
l’origine. Nous subissons donc en outre les conséquences des querelles
syndicales. Bien entendu, dès ce revirement, le ministère a aussitôt
cédé et ouvert des négociations, d’où la fin de la grève. Mais
une autre dépêche nous apprend que les syndicats, qui appelaient à négocier
sur cette affaire, reconnaissent qu’il n’y a pas urgence car « le
projet n’est pas pour l’année prochaine, mais pour l’organisation du
contrôle aérien en 2010-2015. Donc on a largement le temps de négocier »,
ce qui nous promet de belles années de grèves. En tous cas, voilà des
syndicats prévoyants, qui font grève pour la réforme de 2015 ! Le Président du Medef a qualifié cette grève de « pur scandale », soulignant que ces douze salariés « sont des fonctionnaires à l’abri de tout risque alors que nous sommes dans un monde de compétition où il y a beaucoup de risques ». Et d’appeler « à la réforme dans la fonction publique ». Il a bien raison et le mot de scandale est même un peu faible. |
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