ACTUALITE DE LA NOUVELLE LETTRE
DU 23 FEVRIER 2002 -
N° 700

 



DEBARRASSEZ NOUS DE LA CGT


Jacques Garello
 

Ma voix ira à celui des candidats qui me paraîtra le plus capable de débarrasser la France de la CGT. Pour quelles raisons ?

1 – La CGT est le symbole du corporatisme rétrograde.

Comme le prouve la réaction de la CGT à propos du journal METRO, ce syndicat est le symbole du corporatisme, il ne cesse depuis des années d’entraver la liberté du travail, la liberté d’entreprendre. Elle est hostile au changement et au progrès, en refusant toute innovation, toute mobilité sociale, toute fluidité économique. En cela, elle appartient aux forces conservatrices, elle participe à la tyrannie du statu quo. Comme les fédérations paysannes, comme les centrales des enseignants et fonctionnaires, la CGT laisse croire aux Français que le changement détruit l’emploi et la richesse, alors qu’il les crée. La presse quotidienne, dans tous les pays, souffre de la défaillance du lectorat. Elle ne vit plus des ventes, car les gens ne veulent plus lire, et ont à leur portée des informations nationales et locales fournies (presque) gratuitement par les radios et TV. Elle ne peut vivre que par la publicité, mais celle-ci se dérobe si les journaux ne se vendent pas : c’est donc une impasse, et pour ne pas s’y engager et continuer à avoir des Français qui lisent un quotidien, il faut le leur fournir gratuitement. D’où METRO et autres nouvelles formes de distribution. C’est sans doute la seule façon de sauver les emplois des journalistes, des imprimeurs, et de redonner vie au tissu local créateur d’emplois. Mais la CGT n’en a cure : les lois et les bienfaits du marché lui sont inconnus.

2 – La CGT ignore la loi, elle est le symbole des passe-droits et de l’irresponsabilité.

Tout ce qu’entreprend la CGT depuis cinquante ans est marqué du sceau de l’illégalité : voies de fait, casses, séquestration, menaces personnelles, diffamation. Quand on se plaint des sauvageons et de la criminalité des jeunes, l’exemple vient de haut. Les gros bras de la CGT sont en mesure de vous « déménager » n’importe quelle force de l’ordre. L’état de droit n’est plus assuré. Mais la CGT a réussi à légitimer, voire légaliser, sa conduite. La distribution des journaux est confiée depuis 1945 à la NMFF, un fief de la CGT aussi redoutable que le syndicat du livre. En conséquence cette position dominante permet tous les abus, et on comprend que la CGT la sente menacée par METRO, distribué autrement. De façon plus générale le droit du travail français reconnaît aux syndicats et notamment aux leaders syndicaux une impunité contraire à l’état de droit, qui exige l’isonomie, la même règle pour tous. José Bové n’invoque-t-il pas sa qualité de syndicaliste pour légitimer le « démontage » du Mac Do et le saccage des plants expérimentaux d’OGN ? Il est vrai que José Bové n’est que trotskiste, alors que la CGT est stalinienne.

3 – Précisément la CGT cultive la lutte des classes, et entretient le poison marxiste dans la société française. C’est le symbole du stalinisme, de l’anti-capitalisme, anti-américanisme, et anti-sémitisme. C’est le vestige d’un idéologie barbare, qui a engendré des millions de morts, de prisonniers et a privé des pays et des générations de tout espoir, de toute dignité. C’est l’instillation sournoise dans le corps social français du poison de la lutte des classes, de la haine fratricide, du matérialisme. Ce poison explique du moins en partie la violence des jeunes révoltés, la banalisation du crime qu’exerce « la société d’exploitation et d’aliénation », et tous les dérèglements dus au rejet de la « morale bourgeoise » qui honore la famille, le mérite. Ce poison explique toutes les nostalgies d’une internationale rouge, où staliniens et trotskistes se retrouvent, derrière les drapeaux de la même couleur, pour lutter contre la mondialisation, les patrons, les marchands.

Je suis persuadé qu’aucun candidat n’aura le courage de tenir les propos que je tiens, de dire la vérité sur la CGT et de s’engager à mettre fin à son empire, qui n’a rien de démocratique puisque les adhérents à ce syndicat constituent une infime minorité de la population – ce qui ne l’empêche pas de recevoir reconnaissance juridique, passe-droits et subventions publiques (songeons au 1 % des recettes d’EdF qui vont au Comité d’Entreprise, pactole de la CGT).

Mais il y a au moins un candidat qui n’a cessé de dénoncer le communisme et le totalitarisme, physiquement présent aux côtés des résistants de la liberté à Prague, à Budapest, en somalie, au Cambodge, en Afghanistan. Il n’a jamais été trotskiste comme Monsieur Jospin. Il n’a jamais été stalinien ni membre du CERES comme Monsieur Chevènement. Il n’a jamais pactisé avec Porto Alegre, ni approuvé l’alliance historique du gaullisme et du communisme comme Monsieur Chirac. Il n’est jamais allé serré la main des terroristes barbares comme Monsieur Le Pen.

Ma voix ira, pour cette raison, à Alain Madelin. En prônant comme il le fait l’ouverture de l’économie française, et notamment de « nos services publics » à la concurrence, en promettant la liberté du travail, en demandant une justice efficace et non discriminante, en demandant la dignité et la paix pour les hommes de bonne volonté, il est le seul à indiquer les vrais moyens de se débarrasser de la CGT.