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Il parait que la nouvelle commission, comme le fait
remarquer Le Figaro, « cherche à doper l’activité en jouant sur
le pacte de stabilité ». Fort bien. Mais comment ? Les deux
règles du pacte fixant le déficit public à 3% du PIB et la dette publique
à 60% du même PIB sont très critiquées, car
le pacte « bride sans nuance les options des gouvernements en période
de croissance molle ». D’où la déclaration de Joaquin ALMUNIA :
« il faut trouver un équilibre entre la nécessité d’imposer des
règles simples et identiques pour tout le monde, et la situation économique
particulière de chaque pays », chose qui réclame « nuance
et subtilité ». Est-ce ainsi que le commissaire veut « doper »
l’activité ? Car de deux choses l’une. Où on opte pour des règles
stables (et nous sommes d’accord pour dire que la règle des 3% n’a pas
plus de sens qu’une règle à 2%, voire mieux encore à 0% de déficit :
équilibre budgétaire obligatoire). On pourrait imaginer des règles plus
« subtiles », limitant le déficit du budget, comme en Angleterre,
aux seules dépenses d’investissements publics (et n’autorisant aucun
déficit pour les dépenses de fonctionnement). La règle précise elle-même
est moins importante que le principe même de l’existence d’une règle
à laquelle tout le monde se tient, et cela pour éviter toute politique
conjoncturelle discrétionnaire. Ou bien, deuxième possibilité, on considère que la
règle n’est pas importante et peut être violée sans dommage, parce que
ce qui compte, c’est de s’adapter à la situation conjoncturelle du pays :
en clair, de relancer les dépenses publiques et le déficit budgétaire
pour soutenir la conjoncture en cas de récession et de freiner les dépenses
publiques en réduisant le déficit en cas d’emballement de la conjoncture.
C’est ce que l’on appelle une politique conjoncturelle keynésienne,
ou discrétionnaire. Nous avons peur que ce soit, au delà des précautions
de vocabulaire, ce que le nouveau commissaire appelle une politique
subtile, c'est-à-dire adaptée aux circonstances. Si c’était le cas, si la porte était à nouveau ouverte
à une politique keynésienne de relance européenne, ce serait un bond
en arrière de plus de vingt ans pour la France (cela nous ramènerait
à Jacques Delors) et de près de trente ans pour les autres pays. Une
telle politique, à laquelle aucun économiste sérieux ne croit aujourd’hui,
a échoué partout et n’a fait qu’accélérer l’inflation, sans jamais ni
réduire le chômage, ni relancer la croissance. Déjà, la Commission précédente avait fait preuve
de laxisme envers la France et l’Allemagne qui avaient dépassé la barre
des 3% du PIB pour le déficit budgétaire (et pour la France celle des
60%), alors que ces deux pays avaient fait preuve d’une grande rigueur
vis-à-vis des petits pays au moment du passage à l’euro. Faites ce que
je dis, pas ce que je fais… Le déficit français aura encore été de 3,6%
en 2004 et on n’est pas sûrs d’atteindre les 3% en 2005. La France -et
l’Allemagne- sont assez laxistes par elles-mêmes sans avoir besoin des
encouragements en ce sens du commissaire européen. Même paré de bons
sentiments, même subtil, le keynésianisme reste une menace permanente
pour nos économies.
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