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Le « Berlaymonstre » est le surnom donné au Berlaymont, bâtiment vedette de la Commission européenne,
situé au cœur du quartier Schuman à Bruxelles. Il résume à lui seul le
mauvais côté de la construction européenne, celui des projets pharaoniques
et des dépenses étatiques. Ce bâtiment
est déjà en soi tout un symbole : son gigantisme est à la mesure
de l’interventionnisme européen.
Mais si le
bâtiment a particulièrement attiré l’attention,
c’est parce qu’il contenait 1500 tonnes d’amiante. Il a donc été fermé
et évacué en 1991, puis a été rénové et débarrassé de son amiante. Coût
total de l’opération : 1,4 milliard d’euros, pour 13 ans de travaux.
Mais voilà le
point intéressant, souligné par Le Monde qui rapporte cette information :
ce coût de 1,4 milliard d’euros est « d’autant plus surprenant qu’il
se révèle largement supérieur aux dépenses qu’auraient engendrées la démolition
de l’immeuble et sa reconstruction ». Bel exemple de délire bureaucratique.
On a choisi la solution la plus stupide et la plus chère : rénover
un immeuble au lieu d’en reconstruire un moins cher et plus fonctionnel. Parmi les dépenses
intéressantes, notons aussi que la Commission a versé à la Belgique 200
millions d’euros pour la location du bâtiment… inoccupé. Passons sur le
fait qu’on a mis le bâtiment sous scellés lorsque le maire croyait en
1997 que l’amiante allait contaminer tout le quartier. Passons sur les
enquêtes de l’office européen de lutte antifraude concernant les rumeurs
de truquage des marchés. Passons sur les litiges encore en cours entre
les constructeurs et la société d’Etat belge
gestionnaire du chantier : les constructeurs reprochent aux pouvoirs
publics belges d’avoir géré n’importe comment le chantier et d’avoir sous
estimé son ampleur. Le rapport des experts est accablant. Mais quel résultat magnifique après 13 années de souffrance et 1,4 milliards
d’euros de dépenses. Ecoutons Le Monde : « Le rapport évoque
des problèmes de sécurité non résolus. Un quart des portes coupe-feu ne
fonctionneraient pas, et 85% des scénarios anti-incendie n’auraient pas
été testés ». En revanche, le Président de la Commission a une entrée
sécurisée et un ascenseur blindé : tout va donc pour le mieux. Et
notre argent est bien dépensé. L’histoire de cet immeuble est presque
une caricature de l’Europe de Bruxelles, en tous cas de celle des technocrates.
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