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POLITISATION DE L'ENVIRONNEMENT : LE PS PERSISTE ET SIGNE Le Parti
socialiste a présenté lundi 17 septembre son projet 2002 en matière d'environnement
et de développement durable, sujet qu'il n'entend visiblement pas abandonner
aux Verts. Le PS prône le développement du service public de l’environnement,
l’harmonisation européenne de l’éco-fiscalité et la création d'une ''organisation
mondiale de l'environnement''. Centralisation, quand tu nous tiens … La
« responsabilité environnementale » n’est pas une question de
politique gouvernementale (nationale, européenne ou mondiale), mais juste
une question de droits de propriété.
BUDGET 2002 (selon le projet de loi de finance du gouvernement pour 2002) Les plus
fortes hausses budgétaires par ministère en 2002 : H Aménagement du territoire + 6,8% P Environnement + 6,3%
Services du Premier ministre + 4,4% c Education nationale + 3,8% J Outre-mer + 3,8% Jeunesse et sports + 3,1% ° Equipement + 2,6% Í Recherche et développement (civil) + 2,2% ' Culture et communication + 2,1% ` Intérieur et décentralisation + 1,7% Economie, finance et industrie + 1,5% ü Affaires étrangères + 1,4% & Défense + 0,8% Emploi et solidarité + 0,4% ô Agriculture et pêche - 0,7% Source : Reuter. Lorsque Dominique Voynet est entrée au gouvernement, sa volonté était de doter son ministère d’une réelle force politique qui ne pouvait être effective que par une croissance du budget affecté. Il semble qu’elle ait eu gain de cause, dans la mesure où l’aménagement du territoire et l’environnement (les deux premiers secteurs à bénéficier d’une croissance budgétaire) relèvent des prérogatives du même ministère. Cette croissance budgétaire est motivée par une série de mesures visant la protection plus ou moins directe de l’environnement. Le PS prône notamment : § l'élaboration d'un ''schéma national du ferroutage'', un programme ''prioritaire'' destiné à ''rompre avec le tout-camion'', selon M. Guibert. Cela ''doit être la priorité absolue de la prochaine législature'', § le développement des classes vertes pour que ''chaque élève d'école primaire ait au cours de sa scolarité un programme spécifique d'apprentissage de la citoyenneté environnementale'', § le passage de l'actuelle ''Journée annuelle sans voitures'' à une ''Journée hebdomadaire à pied dans ma ville'', § la réduction de la production de déchets ''à la source'', § le renforcement des politiques d'économies d'énergie, § le ''maintien du moratoire sur les OGM'', § le redéploiement des aides de la Politique agricole commune (PAC) ''pour une agriculture davantage soucieuse de qualité et d'environnement''.
Autant de propositions dans lesquelles pourraient se reconnaître les Verts, et ce d'autant plus que le PS se déclare favorable à ce qui est un de leurs principaux chevaux de bataille: ''l'écologisation de la fiscalité''. Seulement voilà, si les socialistes se disent favorables au ''principe pollueur-payeur'' et à la création d'une éco-taxe, ils l'envisagent uniquement ''au niveau européen''. Son application en France seule est ''rendue extrêmement difficile par les problèmes de concurrence'', a souligné Géraud Guibert. Voici probablement une façon politiquement correcte d’expliquer que, si les autres pays membres sont prêts à assumer les coûts d’organisation d’un tel système, la France est d’accord pour en retirer les éventuels bénéfices ! En résumé, les socialistes revendiquent le développement du service public de l’environnement, l’harmonisation européenne de l’éco-fiscalité et la création d'une ''organisation mondiale de l'environnement''. Centralisation quand tu nous tiens … L’environnement ne suit pas des règles particulières de gestion. C’est la raison pour laquelle on y retrouve les mêmes effets pervers lorsqu’il y a politisation et centralisation de ce secteur. De plus, la globalisation contraignante des décisions est d’autant plus inadaptée à un domaine où les problèmes sont particulièrement localisés. Comment peut-on imaginer détenir une solution nationale, européenne ou mondiale pour un problème local lié aux spécificités démographiques, urbaines, naturelles, géographiques, historiques ou religieuses ? Que fera un hypothétique gouvernement supra-national s’il décide d’une mesure environnementale touchant les espèces bovines, alors que l’Inde considère la vache comme animal sacré ?
Que le programme soit vert ou rose, en matière d’environnement, cela ne change pas profondément les choses et cela se traduit par une demande accrue des prérogatives de l’Etat. Lorsque l’environnement est devenu « rouge » en ex-URSS, on a détourné des fleuves et asséché des mers – et l’environnement n’a jamais été aussi dégradé. Or, toute politisation de ce secteur semble inadaptée aux problèmes qu’il faut résoudre. La question de la protection de l’environnement est une affaire de responsabilité, qui ne peut être effective que dans la mesure où il existe des propriétaires privés chargés de la gestion de ces ressources. On ne protège bien que ce qui nous appartient et il n’y a aucune raison pour que l’environnement fasse exception.
Mots clés :
Environnement,
Développement durable, Popper, Ressource naturelle.
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