LE FONDAMENTALISME ENVIRONNEMENTAL par Thomas Gale Moore*

L’objet de mon propos concerne la motivation ou quelques-unes des motivations de politique environnementale et comment elles ont, en fait, égaré les hommes politiques et le public. Des écologistes zélés ont en fait remplacé une foi en Dieu par un culte à Gaia. A la place du 7ème commandement : “Tu ne dois pas commettre d’adultère”, ils ont substitué une nouvelle interdiction : “Tu ne dois pas polluer”.

Les fidèles croient que tout dommage causé à notre habitat est un péché mortel. Les prêtres pieux de la vertu environnementale prêchent maintenant : “Repentez-vous ! Recyclez ! Car la fin du monde est proche.” Les médias reprennent le chant en chœur : “Le ciel se réchauffe, le ciel se réchauffe”.

Eh bien, même les hérétiques, les sceptiques, les infidèles et, croyez-le ou non, des environnementalistes libéraux veulent un environnement propre. Chacun préfère des rues propres, un air non pollué, de l’eau pure. Mais un environnement parfaitement pur est impossible. Les arbres contribuent à former du brouillard. En disant cela, Ronald Reagan fit sourire mais le fait est que cela est vrai. Tous les animaux exhalent du CO2, sécrètent des déchets et perturbent leur habitat. En retour, l’environnement peut transformer ces déchets avec des plantes utilisant les excréments des animaux comme substance nutritive. Les déchets des plantes, l’oxygène, sont un support de vie pour les animaux tandis que les déchets des animaux, l’acide carbonique, sont un support de vie pour les plantes. En d’autres termes, le polluant d’une entité est la nourriture de l’autre. Bien que trop d’oxygène ou trop d’acide carbonique puissent être toxiques, ils sont, à des quantités raisonnables, nécessaires à la chaîne de la vie.

Néanmoins, il existe un problème environnemental et le gouvernement doit jouer un rôle, peut-être le rôle principal, en maintenant et améliorant notre environnement, mais une telle action devrait être basée sur une science saine, utiliser des stimulants du marché (plutôt que le “command and control”) et maintenir une société de liberté.

Les droits de propriété peuvent résoudre nombre de ces problèmes sans que le gouvernement n’établisse un grand programme régulateur inefficace. Il existe des cas comme les océans, l’atmosphère, l’air et beaucoup de cours d’eau où la propriété privée peut être irréalisable, impossible ou trop chère à mettre en oeuvre, bien qu’il existe de nombreuses suggestions pour établir les droits de propriété sur ces ressources.

Malheureusement l’hystérie, une science pauvre et des groupes d’intérêts spéciaux ont inspiré la politique. De nombreux fonctionnaires du gouvernement et la plus grande partie du public n’ont pas assez d’information concernant les questions environnementales, à tel point que ce qui passe pour être des connaissances dans beaucoup de cas, dans l’arène politique, provient des affirmations insensées de soi-disant environnementalistes. Ces revendications ont mal servi le public jusqu’à aujourd’hui et causeront même davantage de torts dans le futur. En fait, ce que nous avons maintenant est un triangle corrosif qui paralyse la politique rationnelle publique. Ce triangle est fait d’histoires d’horreur propagées par les médias aussi bien au sein du gouvernement que dans le public. En développant et en répandant des histoires de catastrophes éminentes, les fanatiques de l’environnement ont trouvé qu’ils peuvent garantir une attention certaine et obtenir le soutien nécessaire, du moins en partie, pour réaliser leurs objectifs politiques. Ils peuvent également, en parlant de ces catastrophes, se procurer de l’argent de la part de leurs membres et du public en disant : “si nous ne nous battons pas contre cela, nous serons tous détruits.”

Les médias, la télévision et les journaux savent que les histoires d’un jugement dernier imminent se vendent bien, elles font vendre les journaux et attirent des spectateurs. Les bonnes nouvelles ne se vendent jamais, contrairement aux mauvaises. Le public adore les mauvaises nouvelles. Vous sortez en courant de chez vous et achetez un journal si l’on vous dit que la fin du monde est proche.

Les scientifiques, de leur côté, comprennent que la peur d’une catastrophe peut entraîner un soutien à des projets de recherche, c’est pourquoi ils ont tendance à dire : “Oui, il y a certainement un problème. Donnez-nous plus d’argent pour la recherche pour que nous puissions connaître la gravité du problème”. Le scientifique qui affirme que le prétendu désastre est faux ou exagéré, quand il va au bureau compétent pour l’octroi de fonds pour la recherche, celui-ci répond : “Bon, vous avez dit que c’était une erreur, donc nous n’avons pas besoin de vous donner d’argent, il n’y a là rien à étudier”. Et il aura gagné l’hostilité de ses collègues qui le détesteront parce qu’ils perdront leurs subventions. Ainsi les médias sont poussés par les environnementalistes et ont faussé beaucoup de questions environnementales en suggérant des apocalypses qui disparaissent après des recherches plus avancées.

Laissez-moi vous donner quelques exemples. Il y a quelques années, dans un programme de télévision américain, Nightline (visible en France sur Super Channel) un environnementaliste, astronome déclarait que les incendies de pétrole au Koweït provoqueraient, (ceci s’est passé après la guerre du Golfe) “un manque de production massif au niveau de l’agriculture et des souffrances humaines très importantes ainsi que, dans certains cas, des famines particulièrement dans le sud de l’Asie, et peut-être une partie importante de l’Amérique du Nord”. Il dit cela en février 1991. Comme nous le savons aujourd’hui, il n’y a eu aucune famine dans l’hémisphère nord depuis cette époque et celles qui ont eu lieu en Afrique ont été le résultat de guerres civiles ou de révolutions, mais pas des incendies de pétroles du Koweït.

Les environnementalistes ont prédit des catastrophes pour plusieurs années. Un de mes collègues, Paul Ehrlich, a écrit en 1968 : “En fait, le combat mené pour nourrir l’humanité est presque perdu dans le sens où nous ne serons pas capable d’éviter une famine à grande échelle dans les dix prochaines années ou dans un délai équivalent.” C’était en 1968. Eh bien, ces dix années ou le délai équivalent se sont écoulés sans que rien ne se passe. En 1974, lui et sa femme, coauteur de son livre, ont encore écrit :

“Cette grande tragédie, cependant, n’est rien comparée à la catastrophe alimentaire qui submergera probablement l’humanité dans les années 70 ou au plus tard dans les années 80. Il a été créé une situation qui pourrait provoquer la mort par famine d’un milliard d’êtres humains ou davantage”.

Eh bien, après que ces prévisions ne se soient pas réalisées, les Ehrlich sont devenus un peu plus prudents. Ils continuent à faire des prévisions, mais n’y ajoutent plus de date de réalisation. Ils écrivent simplement dans leur dernier ouvrage : “La quantité d’êtres humains est en train de se heurter à des famines massives”. Bon, regardons les choses en face, non seulement il n’y a pas eu de famines massives, mais le conflit commercial majeur dans le monde d’aujourd’hui a lieu entre la CEE, le Japon et les Etats-Unis. A quel sujet ? Trop de nourriture. Nous avons la CEE qui chancelle sous des stocks énormes de céréales, des montagnes de beurre et des lacs d’huile d’olive. Nous avons des stocks énormes aux Etats-Unis. Il ne manque pas de nourriture, il y en a trop. Et cela continuera aussi longtemps que nous suivrons notre politique agricole idiote. Mais ceci est un autre sujet de conférence.

En partie comme conséquence de telles revendications hystériques, le gouvernement a mis en place un budget excessif, pour la réglementation de l’environnement. Les USA dépensent en ce moment 115 milliards de $ par an pour réduire la pollution. En 1990, la Loi sur l’Air Pur, allait ajouter 20 milliards de $ à ce chiffre, probablement davantage. L’économiste Robert Crandall de la Brooking Institution, une institution très socialisante, a estimé que ces mesures ajouteront environ 1.500 à 2.000 $ au prix d’une nouvelle voiture (c’est-à-dire environ 7.500 à 10.000 FF), mais ceci n’aura qu’un résultat très limité sur le brouillard urbain dans les villes les plus polluées comme Los Angeles ou Houston. Nous dépensons donc beaucoup d’argent, dans tout le pays, et les Américains vont devoir dépenser beaucoup plus d’argent pour les nouvelles voitures, pour peu de résultat.

Des coûts plus élevés entraînent cependant une baisse du niveau de vie. Des comparaisons au niveau international, des comparaisons entre les pays et des comparaisons dans le temps démontrent toutes en conclusion que des revenus plus importants permettent une vie plus longue et plus saine. Des revenus plus bas n’entraînent pas uniquement moins de gadgets, des télés plus petites et une consommation moins abondante, mais ils signifient également une vie plus courte et moins saine. Donc, quand vous augmentez les coûts, vous abaissez le niveau de vie des gens et vous diminuez leur santé. Des comparaisons réalisées entre les pays développés occidentaux et, soit les ex-Etats communistes, soit les économies du Tiers-Monde, montrent que la pollution et les dégâts environnementaux sont bien moins importants dans les pays développés.

Une étude réalisée par deux économistes de Princeton a prouvé que la pollution de l’air était plus importante pour les pays ayant un revenu d’environ 4.000 à 5.000 $ mais, au-dessus de cette moyenne, plus les gens devenaient riches, plus la pollution de l’air diminuait et perdait de son importance. Le développement et la croissance entraînent une augmentation de la sensibilité à l’environnement et plus de volonté et de possibilités de s’offrir un monde plus propre. De même, comme je l’ai dit à Paul Ehrlich lors d’un débat, des revenus supérieurs entraîneront aussi une baisse de la natalité, puisqu’il est particulièrement attaché à la stabilisation de la population. Laisser les gens dans la pauvreté, comme il voudrait le faire, les incite seulement à procréer davantage.

Des modèles économiques indiquent que les coûts des politiques environnementales les plus importants que les économistes ont pu mesurer, oscillent entre 3 à 6% du PNB. De plus, les menaces environnementales, dont la plupart se sont avérées soit inexistantes ou trop exagérées, ont accru les risques pour la population, ont été très coûteuses pour l’économie et contribuent à l’angoisse générale.

Les revendications de catastrophes environnementales imminentes faites aux USA et probablement en Europe montrent que, dans la plupart des cas, ces affirmations sont, dans le meilleur des cas, exagérées, voire presque entièrement inventées. Je ne veux pas vous donner l’impression que je pense qu’il n’existe pas de problèmes environnementaux, il y en a certainement. Tous ne sont pas des farces, mais la plupart des problèmes ont été grandement exagérés.

Prenons quelques exemples. L’axillaire, pour ceux qui ne le connaissent pas, n’est pas un pesticide. C’est une hormone de croissance. Elle permet de laisser les pommes plus longtemps sur l’arbre, les rend plus mûres, plus rouges et plus fermes, et par conséquent plus savoureuses. Il n’est pas évident que l’axillaire soit cancérigène, cependant le Conseil national de défense des ressources, un groupe environnemental majeur, lança un mouvement, avec l’appui du programme télévisé “60 minutes” pour effrayer la population.

La base de l’attaque du NRDC (National Resources Defense Council = Conseil National pour la Défense des Ressources) contre l’axillaire était une étude qui montrait qu’une personne devrait manger 12.700 kg de pommes par jour, chaque jour pendant 70 ans pour produire les tumeurs que les souris avaient développées après avoir consommé des mégadoses d’axillaire. La moitié ne produirait pas de tumeurs. Donc toute quantité raisonnable de pommes est entièrement sans risques. L’ex Directeur de la Santé C. Everett Coop a affirmé que l’axillaire ne présentait pas de risques pour la santé. Richard M. Adamson, de l’Institut National contre le Cancer, a comparé le risque de consommer une pomme traitée avec de l’axillaire avec un sandwich au beurre de cacahuète. Bien qu’il n’existe aucune évidence qui démontrerait que l’axillaire est nocif, l’administration Bush a succombé à la pression et banni l’axillaire.

L’Agence américaine de Protection de l’Environnement (E.P.A.) a mené un combat impitoyable pour effrayer la population en ce qui concerne le radon. Celui-ci est connu pour être une cause majeure de cancer. L’évidence est qu’une quantité importante de radon, avec une cigarette allumée, augmente de façon significative la probabilité de cancer du poumon. Or les chiffres ne montrent pas de tels effets. En fait les études semblent indiquer que, dans certaines parties des pays où il existe des quantités quelque peu plus élevées de radon en comparaison à d’autres régions, il y a des taux de cancer inférieurs. Mais je ne voudrais pas vous suggérer de respirer du radon pour diminuer le cancer. Cependant il ne s’agit certainement pas de se faire du souci à ce propos.

Il existe aussi le mythe de la pluie acide. La pluie acide a été rendue responsable de nombreuses maladies environnementales. Je ne dis pas que cela ne présente pas un problème quelque part, mais cela n’a certainement pas été un problème aux Etats-Unis. Le Congrès a subventionné une étude sur 10 ans élaborée par quelques-uns des meilleurs scientifiques du pays et qui a coûté un demi milliard de $. Ils ont trouvé qu’un petit nombre de lacs, principalement dans la partie nord-est des Etats-Unis représentant moins de 2% de la surface en eau des Etats-Unis, sont trop acides pour les poissons. Ils ne savaient pas depuis combien de temps il en était ainsi. Ils n’ont pas non plus pu en déterminer la cause.

Par contre, le problème qu’ils ont effectivement déterminé, c’est que cela n’avait pas empiré. Les scientifiques ne pouvaient pas trouver d’évidences quant aux dégâts de pluies acides sur les forêts, excepté peut-être quelques épicéas sur les hauteurs ; cependant, la difficulté de ces épicéas était davantage le résultat de l’ozone. Ils n’avaient pas pu détecter d’autres effets négatifs.

Les médias aux Etats-Unis et, je suppose en Europe également, ont monté en épingle la destruction des forêts due aux pluies acides. Il s’avère que les forêts européennes, loin de mourir, se sont épanouies et développées. Dans chaque pays du continent examiné par une équipe de recherche suédoise, on a étudié la biomasse des arbres qui a bourgeonné. Elle s’est accrue dans les 20 dernières années. Il y a plus de forêts en Europe aujourd’hui qu’il y a 20 ans. L’auteur attribue cela à la pollution de l’air. Ces forêts ont été fertilisées par le nitrogène et notre acide carbonique. Donc, comme je le disais, le polluant de l’un est la nourriture de l’autre.

Néanmoins, même avant que le Congrès et l’Administration Bush aient vu les résultat de cette étude à laquelle je me réfère, la Loi sur l’Air Pur a été modifiée pour dépenser environ 5 milliards de $ par an afin de réduire les émissions d’anhydride sulfureux de 10 millions de tonnes par an. Ces 10 millions de tonnes par an étaient un chiffre jeté en l’air, il n’y avait pas de justification. Ils avaient simplement pensé qu’il s’agissait là d’un beau chiffre rond qui sonnait bien. Il en résulta des coûts : les centrales électriques augmentent considérablement leurs prix, appauvrissent la population et indirectement portent atteinte à sa santé.

Une autre peur : la dioxine. On l’a appelée le produit chimique le plus toxique pour l’être humain. Cependant, l’évidence démontre qu’il s’agit d’une substance relativement bénigne en quantité limitée. Là encore, il n’y a pas pour les humains une évidence crédible que ce produit ait provoqué des accidents mortels ou le cancer. La quantité de dioxine la plus importante au monde, a été libérée lors d’une explosion à l’usine chimique de Seveso, en Italie, en 1976, où 37.000 personnes ont été exposées à une quantité variant de 1/2 à 2 kg de dioxines. Les chercheurs dans le domaine de la santé ont suivi ces personnes de très près depuis. Un certain temps, beaucoup d’entre elles ont souffert de “chloracné” et de détresses physiques. Cependant les médecins n’ont pas trouvé d’effets adverses mesurables à long terme ni de taux excessifs de cancers.

Malgré le manque d’évidence des dommages provoqués par la dioxine, le contribuable américain a été obligé de dépenser environs 33 millions de $ de ses contributions pour racheter une ville dans le Missouri, où l’asphalte mélangé à la dioxine avait été utilisé pour construire les autoroutes. Tous les habitants de cette ville une fois expropriés avaient dû déménager, quitter la ville, certaines familles ayant vécu là-bas pendant des siècles ou davantage avaient abandonné leurs maisons et étaient parties. Le représentant du gouvernement qui avait recommandé l’évacuation en 1982 dit aujourd’hui qu’il ne s’inquiète pas pour la quantité de dioxine, les études scientifiques ayant prouvé que de faibles doses de dioxine présentent des risques minimes pour la santé. Il croit, cependant, que l’évacuation qui a forcé les gens à quitter leur foyer et brisé leur vie n’était pas nécessaire bien qu’il s’agisse là d’un exemple d’erreur due à la prudence, dit-il, aux frais des contribuables et des propriétaires.

Aujourd’hui presque tout le monde a probablement entendu l’histoire d’horreur de Love Canal où un projet de lotissement a été réalisé au-dessus d’une décharge abandonnée de produits chimiques. La population a été évacuée pour sauver les vies et la santé. La vérité est bien moins dramatique. Le risque était fortement exagéré. Après avoir étudié le problème, le Centre de Contrôle des Maladies, a trouvé que les gens qui habitaient près de la décharge des produits chimiques à Love Canal n’avaient présenté aucun accroissement des cas de maladies, de maladies génétiques, de morts ou de cancers.

A côté de ces histoires d’horreur, on réglemente des substances comme le PCB, produit chimique relativement sans danger qui a été remplacé par des alternatives plus risquées ; le DDT qui a certainement fait davantage pour la santé de l’humanité que la pénicilline en éliminant la malaria et d’autres maladies provenant d’insectes dans une grande partie du monde.

Les médias, les hommes politiques et les écologistes ont convaincu la population que notre pays et notre monde sont devenus plus pollués. Cette revendication est fausse pour les pays riches industrialisés. La pollution est forte dans beaucoup de pays du Tiers-Monde et particulièrement grave dans les ex-Etats communistes, mais aux Etats-Unis et en Europe de l’Ouest la pollution est moins importante et la situation est meilleure.

Les Etats-Unis ont dépensé environ 1,4 trillions de $ depuis 1969 pour réduire la pollution. En conséquence, ou peut-être malgré cela, ou peut-être complètement indépendamment de cela, il y a eu une amélioration du niveau de l’environnement. L’anhydride sulfurique relâché dans l’atmosphère a baissé de 27%, les particules de 62%, les composés organiques volatiles de 31%, les niveaux de l’ozone de 14%. Néanmoins, les écologistes continuent. Leurs prévisions s’avèrent même plus erronées que celles des économistes.

Cependant nous faisons face à deux désastres. Les scientifiques et les écologistes ont identifié deux menaces contre l’humanité, la nature et notre terre : l’érosion de la couche d’ozone stratosphérique qui protège la surface de la terre des rayons ultraviolets ainsi que l’augmentation de l’effet de serre. Habituée aux cris d’alarme de la communauté environnementaliste, la population, a raison de conserver un certain scepticisme.

Les écologistes et beaucoup de scientifiques ont soulevé le spectre de la destruction de la couche d’ozone protectrice de la terre par la libération du CFC. Les chercheurs prédisent qu’un amincissement de la couche d’ozone provoquera un accroissement du rayonnement ultraviolet atteignant la surface de la terre et pouvant abîmer l’“ADN”, provoquer le cancer de la peau non mélanome et des glaucomes. Dans un ouvrage délirant “World on Fire” (le Monde en Feu), le Sénateur Georges Mitchel, leader de la majorité démocrate au Sénat décrit un avenir catastrophique, à la suite de la destruction de la couche d’ozone. Il prédit : “Après la fin du siècle, les gens auront le cancer et mourront en quantités épidémiques”.

La plupart des scientifiques croient que les atomes de chlore provenant de ces produits chimiques produits par l’homme, ajoutés à un froid extrême, ont provoqué le trou d’ozone dans l’Antarctique. Cependant, il y a des doutes. L’évidence d’une diminution significative de l’ozone au-dessus de l’Antarctique a été remarquée en 1958, bien avant les quantités importantes de CFC libérées dans l’atmosphère. La chimie est très complexe et présente 150 réactions chimiques différentes si bien que personne n’est vraiment sûr de ce qui se passe. En partie comme résultat de cette incertitude, l’Académie Nationale des Sciences des Etats-Unis a modifié ses prévisions, ses estimations concernant l’impact du CFC sur la couche d’ozone. Une fois on dit qu’il y aura une diminution de 18%, ensuite on parle de 3%, maintenant on en est entre 5 et 7%.

Ainsi les histoires d’horreur font vendre les journaux. Par exemple, juste avant une audience au Congrès qui débattait des fonds à accorder à la NASA, comme par hasard, la presse avait averti que les conditions étaient réunies pour l’augmentation du trou d’ozone au-dessus de l’Amérique du Nord. En l’espace d’un mois, ils ont découvert que c’était faux mais la plupart des journaux ne s’étaient pas souciés de relater cette nouvelle. Par contre, ils avaient fait le récit de l’histoire d’horreur racontée au départ.

Le trou de l’Antarctique et les données de la NASA démontrant qu’il y avait eu une légère diminution de 1,6% à 3,1% dans la couche d’ozone au-dessus de l’hémisphère nord entre 1971 et 1988 ont convaincu la plupart des gens qu’un problème sérieux existait. Cependant, la diminution la plus importante au-dessus de l’Amérique du Nord survient en hiver quand le rayonnement solaire est faible et que les gens ne sont pas beaucoup à l’extérieur. Pendant l’été la diminution moyenne est inférieure, 1 à 2%. Beaucoup d’experts sont sceptiques. Tel scientifique allemand, attribue le trou d’ozone au chlore provenant du Mont Arabas, un volcan au-dessus de Ross Island. Tel autre chercheur pense que la diminution et l’augmentation de l’ozone sont des phénomènes naturels ou cycliques provoqués par des intensités variables de rayonnements ultraviolets provenant du soleil. La lumière ultraviolette varie de façon importante autour du globe et est plus forte à l’Equateur où la couche d’ozone est plus faible, et la lumière du soleil est plus intense et plus importante en haute altitude. Une diminution de 50% de la couche d’ozone au-dessus de la Suède (ce que personne ne prévoit) amènerait des rayons ultraviolets au-dessus de ce pays équivalant à ceux de la Californie. Il est assez intéressant de constater que les mesures n’ont, pour l’instant, pas réussi à trouver une augmentation d’ultraviolets aux Etats-Unis. Cette impossibilité de trouver des augmentations de rayonnements ultraviolets atteignant la surface de la terre a été attribuée à la pollution de l’air. La pollution de l’air n’est peut être pas si mal que ça.

La mère de toutes les catastrophes est le spectre du réchauffement global. La télévision, la radio et les journaux ont cité des experts évoquant une dévastation future de la planète qui résulterait d’une augmentation importante des températures mondiales. Je voudrais simplement citer l’Union des Scientifiques Concernés, un groupement dont font partie peu de scientifiques et beaucoup de fanatiques. Ils ont écrit dans une demande de financement qu’ils ont fait l’erreur de m’envoyer : “L’accroissement prévu de la température de 9° Fahrenheit (c’est-à-dire 5° Celsius) pourrait entraîner l’augmentation du niveau de la mer et des inondations côtières, des changements climatiques et des précipitations et autres problèmes particulièrement graves pour l’espèce humaine et l’ensemble des écosystèmes”.

La prévision d’un réchauffement global a permis à beaucoup de scientifiques de se procurer des fonds pour la recherche, aux éditeurs de vendre des journaux annonçant des événements cataclysmiques imminents et aux hommes politiques de se présenter comme les sauveurs de la planète. D’après les modèles informatiques utilisés par l’Académie Nationale des Sciences, qui a fait une grande étude sur ce sujet, le doublement de CO2, quel que soit le moment où il aura lieu, augmentera les températures moyennes mondiales de 2° à 5° Celsius. D’autres modèles prévoient toutes les éventualités possibles du changement négligeable jusqu’à une chaleur catastrophique. (Le problème avec ces modèles informatiques, c’est qu’ils sont grands et non validés. Ils ressemblent beaucoup aux modèles utilisés par le Club de Rome en 1970 quand ils avaient prévu qu’il n’y aurait plus de réserves de pétrole en 1990. Ils disaient également que les ressources de matières premières diminueraient de plus en plus. Autant de prévisions alarmistes résumées dans le pari que Ehrlich avait fait et perdu, sur le fait que le monde aurait à faire face à une famine massive).

Certains scientifiques sont très sceptiques quant au réchauffement entraîné par une augmentation d’acide carbonique. Reginald Newal, professeur de météorologie à l’Institut de Technologie de Massachusetts (MIT), a affirmé qu’un accroissement de CO2 pourrait en fait entraîner un refroidissement. Un scientifique au laboratoire Lawrence Livermore à l’Université de Californie à Berkeley, affirme qu’un doublement du CO2 aurait peu ou pas d’effet sur la température à la surface de la terre et que, si effet il en avait, ce serait un refroidissement de la surface. Un grand nombre de scientifiques, probablement une large majorité de météorologistes, pense qu’il n’y a aucune évidence significative de réchauffement au niveau statistique. Dans une lettre adressée au prestigieux magazine scientifique Science, William Nurenburg du Scripts Institute of Oceanography, écrit : “Je suis persuadé que la plupart des climatologues croient qu’il n’y a eu aucune augmentation significative dans les températures au cours du siècle dernier.”

Les modèles climatiques cependant, ne réussissent pas le test le plus élémentaire : l’enregistrement des températures est en contradiction avec les prévisions. Malgré l’augmentation considérable d’émissions d’acide carbonique depuis la deuxième guerre mondiale, les températures globales moyennes ont très peu changé ces 50 dernières années.

On peut même tirer avantage du réchauffement. Beaucoup de ces modèles, quelle que soit leur valeur, suggèrent que ce sont les températures moyennes de nuit ainsi que les températures hivernales qui devraient le plus augmenter. Si ce réchauffement avait lieu, il augmenterait la saison de la croissance, il pourrait plutôt être bénéfique à l’agriculture. Donc, non seulement on n’aurait pas l’effet de CO2, mais des températures plus élevées permettraient un accroissement du rendement agricole, ce qui aggraverait les différends entre la CEE et les Etats-Unis au sujet de la politique commerciale, mais ne provoquerait certainement pas de famines massives.

Considérons maintenant les coûts et bénéfices d’un réchauffement global modéré. L’Académie Nationale des Sciences, que j’ai mentionnée auparavant, a dit que les êtres et la nature, loin d’être hautement sensibles aux changements de climat, ont une capacité d’adaptation à un coût raisonnable. L’Association de l’Economie américaine a affirmé en décembre dernier dans son exposé annuel : “Je conclue qu’aux Etats-Unis et probablement au Japon, en Europe de l’Ouest et dans d’autres pays développés, l’impact d’un réchauffement global sur le rendement économique, sera négligeable et probablement insignifiant”.

En revanche les pays dépendant principalement de l’agriculture, les pays pauvres, pourraient en souffrir et ce que nous devons faire est d’accélérer la croissance économique dans les pays du Tiers-Monde pour les rendre moins dépendants de l’agriculture et par conséquent moins sensibles aux changements climatiques. Réduire la croissance économique dans les pays pauvres afin d’éviter un réchauffement global serait désastreux.

En supposant que les gouvernements adopteront les politiques les plus efficaces et qu’il n’y aura aucun autre déséquilibre, William Norhouse, économiste célèbre de l’Université de Yale, a estimé que les émissions de CO2 pourraient être réduites de moitié pour un coût mondial de 200 milliards de $ par an, et nous savons que les gouvernements ne sont pas efficaces, donc les coûts seraient plus importants, beaucoup plus importants. Les estimations actuelles indiquent que retarder de 40 ans le doublement d’acide carbonique dans l’atmosphère coûterait 2% du PNB mondial.

Quelles sont alors les conclusions de cette politique ? L’horizon du réchauffement global est vraiment flou. Nous ne savons pas s’il aura lieu ou pas. Il peut y avoir un refroidissement. Les écologistes qui disent que nous devrions entreprendre quelque chose maintenant parce que cela pourrait arriver, ignorent la probabilité d’un refroidissement. De plus, si le réchauffement a vraiment lieu, l’impact sur les êtres humains sera probablement négligeable ou pourrait même être bénéfique en favorisant la croissance des plantes et par conséquent en apportant un soutien à une plus grande partie de la population mondiale.

Plutôt que de combattre l’effet de serre, ce qui serait plus coûteux et entraînerait des taux de croissance plus faibles, nous devrions encourager la prospérité économique dans le monde entier. Nous devrions attendre au moins encore dix ans pour voir s’il s’agit là encore d’une fausse crise. Plus généralement, en traitant toutes les questions environnementales, les faiseurs de politiques devraient éviter de baser leur politique sur des affirmations peu sérieuses provenant de fanatiques de l’environnement. Le gouvernement ne devrait pas être influencé par des sermons fanatiques prédisant la fin des temps, d’horribles malheurs ainsi que des catastrophes. Nous ne sommes pas en train de détruire la planète, comme une émission télévisée l’avait montré, et nous n’avons pas besoin de mettre en place des mesures extrêmes pour la sauver. La politique environnementale est trop importante pour être abandonnée à des fanatiques de l’environnement.

 


* Professeur à la Hoover Institution, Stanford University, Ca.