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Impressionné par tant de
compétences réunies, j’ose à peine faire entendre un filet de voix pour
suggérer à cette Commission d’étude et à nos ministres qu’il y a quelques
principes simples en matière d’éducation. J’en vois trois essentiels :
1 – l’éducation est de
la responsabilité des familles,
2 – tous les enfants doivent
pouvoir recevoir instruction qui fait partie de l’éducation,
3 – la concurrence scolaire
est la meilleure façon d’obtenir une instruction de qualité.
Malheureusement, ces trois
principes sont ou bien oubliés, ou bien rejetés.
Le principe de subsidiarité
est souvent inversé. les familles doivent aider les enseignants dans leur
rôle éducatif. C’est dire que les maître, et derrière eux l’Etat, ont
une prérogative éducative, parce qu’ils savent mieux que les parents ce
qui est bon pour les enfants. Je vois d’ailleurs le débat s’engager dans
ce sens : que faire pour soulager la tâche harassante des enseignants.
Nulle orientation du système éducatif ne peut se concevoir sans l’avis
autorisé de cette armée de fonctionnaires dont les porte-paroles sont
syndicalisés et politisés.
L’argument massue utilisé
ici est que les familles n’ont pas les connaissances voulues pour préparer
leurs enfants à leur vie sociale et professionnelle. C’est d’abord oublier
que l’objectif prioritaire de l’éducation est de forger une personnalité,
de conjuguer le coeur et l’esprit, d’ouvrir les jeunes aux valeurs morales
et spirituelles qui les guideront dans la vie. Propos inacceptables dans
un pays ou l’éducation est devenue simplement instruction, avant de ne
plus être qu’un enseignement, et dans un pays où laïcité signifie défense
de parler de religion et de morale (pour mieux faire place à la religion
collectiviste).
D’autre part, les parents
ne sont pas moins compétents que les maîtres pour connaître leurs enfants
et ce qui leur convient. S’il existe des parents indignent ou inconscients,
il existe aussi des maîtres ignorants et malfaisants. Arracher les enfants
à leur famille pour les mettre sous la garde de l’Etat est le premier
commandement des régimes totalitaires.
Enfin si les parents sont
irresponsables, c’est aussi parce qu’on les a privés de l’occasion d’exercer
la moindre responsabilité : pas de choix de l’école, ni de la filière,
pas de contrôle de l’enseignement ou de l’enseignant. Qu’une articulation
entre la famille et l’école soit nécessaire, j’en convient parfaitement.
Mais la hiérarchie ne doit jamais être inversée, or elle l’est actuellement.
Le principe d’égalité n’est-il
d’ailleurs pas appuyé sur le principe de subsidiarité ?
L’égalité dont il s’agit
est une égalité d’accès au savoir. Elle exige que nul enfant ne soit écarte
de l’instruction pour des raisons financières. La gratuité du service
public est une mauvaise réponse. Elle subventionne les familles aisées
aussi bien que les autres. Mais surtout elle plonge l’enseignement dans
une logique de monopole bureaucratique et protégé dont les conséquences
sont fatales. Et fatales pour qui ? Par priorité pour ceux qui ne
peuvent espérer de promotion sociale qu’avec leur travail, leur mérite,
l’exploration de leur talents. L’école a été la revanche des pauvres sur
le sort de leur naissance. Aujourd’hui elle enfonce les jeunes dans des
ghettos, elle abaisse en nivelant. On comprend pourquoi tant de familles
très modestes inscrivent leurs enfants dans le « privé », souvent
au prix d’un sacrifice financier important. Les parents ne veulent pas
sacrifier l’avenir d’enfants qui ne pourrons compter que sur leur propre
valeur pour progresser. Condamner les enfants à être prisonnier d’un service
public au nom de l’égalité, c’est ôter toute liberté aux familles. Les
familles, elles, comprennent que l’égalité d’accès n’a pour mérite que
de permettre à la diversité des personnalités et des valeurs de s’exprimer.
La véritable égalité d’accès ne pourrait donc résulter que d’un système
de chèques éducation, réservés aux familles déshérités et utilisables
dans un établissement librement choisi.
Ainsi la concurrence peut-elle
devenir effective et produire tous ses bienfaits.
Je m’en suis exprimé ici-même
il y a quinze jours. La concurrence sélectionne à tous les niveaux :
les meilleurs établissements, les meilleurs maîtres, les meilleurs élèves.
Elle est libération du carcan administratif, elle est innovante, exigeante.
Elle porte le plus grand nombre au niveau le plus élevé.
Le secret de son succès
a un nom : responsabilité. Responsabilité des familles qui redeviennent
le centre de choix et d’orientation. Responsabilité des maîtres placés
sous le contrôle des familles et jouant leur carrière et leur réputation
sur ce qu’ils apportent aux enfants. Responsabilité des gouvernants, qui
ont à veiller à ce que les moyens voulus soient donnés aux familles au
nom de la solidarité nationale, et à s’abstenir pour tout le reste.
Voilà une très modeste
contribution qui ne sera sans doute pas retenue dans un débat sans doute
sans queue ni têtes.
Jacques Garello
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