ACTUALITE DE LA NOUVELLE LETTRE
DU 8 FEVRIER 2003 -
N° 740


 « CREER » 25 000 EMPLOIS DANS L’EDUCATION NATIONALE ?


Nous avons souligné ici même plusieurs fois les scandales de l’éducation nationale et la complicité du gouvernement qui a cédé tout ou presque aux syndicats, sans que ceux-ci ne s’arrêtent pour autant de manifester. Faut-il rappeler que les effectifs d’enseignants ne cessent de progresser, tandis que ceux des élèves régressent, pour un résultat pédagogique qui, lui aussi, est en recul ?

Tout cela est fort connu. Mais le Figaro verse une pièce supplémentaire fort intéressante au dossier : tous les enseignants n’enseignent pas et il y a « des milliers de profs qui ne sont pas devant les élèves » : en tout semble-t-il 25 000, qui sont occupés à autre chose.

« Sont ainsi évoquées les décharges syndicales. Sept mille pour les seuls permanents syndicaux » selon le rapport du sénateur GOUTEYRON. Cela dépasse parfois le cadre réglementaire. Les sénateurs dénoncent ainsi des arrangements concernant les syndicats. « Ils résultent de la difficulté d’organiser l’emploi du temps de certains délégués syndicaux bénéficiant d’une décharge partielle. L’inspecteur d’académie décide parfois de la transformer en décharge totale, il s’agit donc d’une décharge clandestine ».

Plus important encore sont les détachements, qui seraient au nombre de 15 000. Ce sont des enseignants qui travaillent pour une autre administration, ou auprès d’autres ministères ou dans des collectivités locales. Mais ce sont aussi ceux qui sont rattachés à des associations (Ligue de l’enseignement par exemple) qui bénéficient de subventions pour assurer les salaires.

Il y a aussi les « mises à disposition ». Officiellement elles sont un peu plus de 1000 ; on retrouve alors les enseignants dans les mutuelles ou dans des organismes publics. «  La Cité des sciences et de l’industrie de Paris est un vrai nid raconte un syndicaliste. Les musées en sont également bénéficiaires, y compris celui qui abrite les cadeaux présidentiels de Jacques CHIRAC en Corrèze. » De même Jack LANG a mis des enseignants à la disposition de chaque direction régionale des affaires culturelles.

Mais le rapport sénatorial signale aussi les effectifs mal employés. Ce sont les surnombres disciplinaires qui sont des professeurs recrutés par exemple pour des langues rares qui ne sont pas suffisamment enseignées. Il y a aussi les enseignants en surnombre dans les lycées professionnels : 60% des enseignements se font devant des groupes inférieurs à 20 élèves, dont 20% dans des classes de moins de 10 élèves.

Oui, vraiment, il était effectivement très urgent de recruter de nouveaux enseignants cette année. L’important n’est-il pas de ne pas faire de peine aux syndicats ? Cela ne les empêchera pas de défiler.