Peut-on faire confiance aux partis politiques ?


Les programmes et les promesses des partis politiques méritent d'être connus, ne serait-ce que pour assurer la transparence du marché politique.



Le parti le plus proche (le moins éloigné) des libéraux, Démocratie Libérale, dirigé par Alain Madelin, propose un programme d'action qui se décline en dix points.

Ces "dix choix forts pour la France" imposent tout d'abord un allégement et une réforme de l'Etat. L'allégement de l'Etat passe par une réduction annuelle des prélèvements obligatoires de 1 % du PIB, ce qui impose d'éliminer les dépenses publiques inutiles -en donnant notamment au Parlement les moyens de procéder, avec le concours de la Cour des Comptes, à un examen approfondi de toutes les dépenses publiques- et de réduire le nombre de fonctionnaires en privatisant certains secteurs de l'économie. La nécessaire réforme de l'Etat doit permettre d'assurer la continuité des services publics essentiels en aménageant le droit de grève, de satisfaire les besoins manifestes de certains secteurs publics par une plus grande mobilité de la fonction publique et d'affirmer l'ouverture à la concurrence de secteurs de l'économie en abolissant les monopoles légaux.

Le programme de Démocratie Libérale prévoit également de baisser les impôts en atténuant la progressivité de l'impôt sur le revenu pour aboutir à un taux maximum de 35 %, en transformant la CSG, en abaissant progressivement la TVA et, enfin, en modifiant la fiscalité de l'épargne.

Le troisième point du programme tend à favoriser la famille et les associations volontaires locales, professionnelles et culturelles, d'une part, en remaniant la politique familiale et en créant des fonds de solidarité familiale qui permettraient aux familles de pouvoir constituer une épargne défiscalisée et, d'autre part, en favorisant fiscalement les associations et les fondations.

Un quatrième volet aborde le thème de la sécurité. Il s'agit d'assurer la sécurité de tous en donnant à la justice et à la police les moyens d'assurer leurs missions et en réprimant tous les actes de délinquance. A l'égard des jeunes, en modifiant la législation applicable aux mineurs et en responsabilisant les parents. Enfin, en assurant l'égalité devant la loi (principe d'isonomie) et en étant ferme face à l'immigration clandestine.

Le cinquième point doit permettre de favoriser le talent et la création en développant les mécanismes d'intéressement et de participation, y compris dans la fonction publique, et en instaurant une franchise de charges sociales sur les 4 000 premiers francs du salaire.

Le sixième "point fort" vise à assurer la libéralisation du travail en développant de nouvelles formes de contrat de travail et d'activité, en simplifiant l'embauche et en adaptant le droit pour les petites entreprises, en instaurant un contrat collectif d'entreprise qui permette aux employeurs et aux salariés d'organiser plus librement le travail dans leur entreprise, et en favorisant la création d'un million de nouvelles entreprises.

Le septième volet tend à encourager l'activité et non l'assistance, en transformant les revenus d'assistance en revenus d'activité et en garantissant un revenu minimum familial annuel en cas de reprise d'activité.

Le huitième point doit permettre de sauver les retraites et l'assurance maladie, en créant des fonds de pension et en donnant une large autonomie aux caisses.

Le neuvième point vise à libérer l'éducation en réformant l'éducation nationale par la décentralisation et l'autonomie et en engageant davantage les entreprises dans la formation professionnelle.

Enfin, le dixième point aborde le thème de la redistribution des pouvoirs. Celle-ci doit s'effectuer en donnant des pouvoirs et des moyens nouveaux aux régions et en simplifiant le droit.

Désétatiser, déréglementer et défiscaliser, tels sont donc les trois mots d'ordre du mouvement d'Alain MADELIN. Nul doute que s'ils sont effectivement appliqués les choses iront mieux. Il est à craindre cependant que les propositions libérales fondent à la chaleur des échéances électorales. Les expériences de 1986, 1993 et 1995 n'incitent pas à l'optimisme, mais sait-on jamais ?

 

Mots-clé : Démocratie. Dérèglementation. Etat. Fiscalité.Libéralisme. Partis.