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JOSPIN : LA MEMOIRE QUI FLANCHE Le 3 novembre 1999, L.
Jospin déclarait à propos de la MNEF: “en ce qui me concerne, mon seul
rapport avec la MNEF était le suivant : c’était il y a quarante ans, quand
je payais des cotisations étudiantes. Vous ne trouverez rien d’autre me
concernant. (...) Y a-t-il un système à la MNEF ? Je n’en sais rien (...)
Y a-t-il eu un financement politique du PS par la MNEF ? Ma réponse est
catégoriquement : non”. Et pourtant … Quelques mois plus tard,
ces propos ironiques et assurés ont perdu de leur éclat de cristal ! Les investigations de
la justice semblent démontrer l’existence de rouages de transmission entre
la structure étudiante et le Parti Socialiste. Quant à Lionel Jospin lui-même,
ministre de l’Education de 1988 à 1992, il semble avoir entretenu des
relations suivies avec plusieurs membres de la Mutuelle à cette époque.
Peut-être ses cotisations passées n’étaient-elles pas à jour ? Pour rafraîchir la mémoire
du premier ministre, on pourrait lui rappeler plusieurs faits. Premièrement,
il a été l’invité d’honneur d’une réception de la MNEF, organisé à l’occasion
de ses quarante ans d’existence, et il prononça alors un chaleureux discours. Deuxièmement, quelques
mois plus tard, Jospin participa à l’inauguration d’une antenne de la
MNEF en compagnie de son directeur général O. Spithakis (mis en garde
à vue et écroué depuis). Troisièmement, les rencontres
avec les dirigeants mutualistes furent nombreuses. Par exemple, lors de
la préparation du plan Université 2000, L. Jospin et C. Allègre furent
en contact étroit avec l’équipe de O. Spithakis, notamment avec D. Lévêque
et I. Martin. Enfin, un dernier sujet
est passé sous silence par Matignon. Il s’agit de l’embauche par la Mutuelle
durant 18 mois de Marie France Lavarini. Il semble que ce poste de conseiller
en stratégie de presse auprès de O. Spithakis n’ait pas beaucoup occupé
Madame Lavarini, malgré les 8.000 francs de salaires perçus. Il est vrai
que pendant la même période, elle exerçait aussi ses talents auprès de
L. Jospin pour un salaire de 12.000 francs par mois. Cet emploi fictif
a valu la mise en examen de Madame Lavarini, qui avait obtenu ce poste
grâce au député socialiste parisien J. M. Le Guen. L’affaire de la MNEF
ne nous a pas bien sûr livré tous ses secrets. Cependant, elle confirme
les talents d’acteur de L. Jospin, qui joue les amnésiques à s’y méprendre.
Cela valait bien une apparition sur la Croisette. Mots-clés : Corruption,
Socialisme.
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