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Les elfes sont de petits génies malicieux et facétieux. Elf, c’est plus sérieux. Dans leur désir de faire l’Euro et l’Europe Khol et Mitterrand ont recouru à la grande compagnie pétrolière française pour financer la CDU. Faut-il s’en étonner ? Les derniers rebondissements du scandale politico-financier de la CDU inspirent
deux sortes de commentaires. Les premiers sont de circonstance. Voici que la France et Elf sont à nouveau
sur la sellette. Décidément cette compagnie, chère à Roland Dumas, Le
Floch Prigent et autres hiérarques socialistes s’est montrée d’un prosélytisme
politique remarquable. L’amitié de Khol et Mitterrand n’avait qu’une raison
d’être : les deux voulaient apparaître comme les créateurs de l’Europe
et entrer dans l’Histoire à ce titre. Et à n’importe quel prix, fût-il
de la corruption. D’autres commentaires concernent les liens entre politique
et corruption. Dans l'attitude de la presse face à l'actualité politico-judiciaire allemande nous pouvons discerner, entre autres, de l'étonnement (comment, même les Allemands ?), une satisfaction à peine masquée (tiens, les Allemands aussi !) ou, au contraire, de l'inquiétude, (les "affaires" ayant contribué à la chute de la République de Weimar). Ces réactions laissent transparaître une idée fausse, à savoir qu'un système politique (en l'occurrence, celui allemand) pourrait être exempt de corruption. La politique engendrera toujours et malgré tout de la corruption. L'ampleur de ce phénomène dépend directement du niveau du pouvoir des hommes politiques sur les individus. Le seul moyen (efficace) pour diminuer la corruption est donc la réduction de l'emprise de la classe politico-bureaucratique (l'Etat) sur les individus. La raison est simple : la corruption n'est rien d'autre que la négociation de l'exercice de l'autorité de l'Etat par celui qui en est l'un des dépositaires (c'est-à-dire du chef de l'Etat au dernier fonctionnaire). Donc, plus l'étendue de cette autorité est grande et non encadrée par des règles claires et strictes, plus "l'objet" de la négociation est important. Tous les individus agissent dans leur intérêt personnel, ce qui peut inclure
même le souci pour l'intérêt général ou, plus exactement, l'idée
qu'ils s'en font. Pourquoi un individu ferait-il un don à un parti politique,
la CDU, par exemple ? Peut-être parce que ce parti incarne le mieux
ses idées. Peut-être parce que ce parti a les moyens d'autoriser ou d'empêcher
la signature d'un contrat, de faire passer ou non une réglementation,
d'accorder ou non une subvention ou une protection quelconque, etc. Les
relations peu avouables entre la politique et le monde des entreprises
ne sont pas spécifiques à un parti : le parti socialiste allemand
a lui aussi des problèmes similaires, bien que (pour l'instant ?)
de moindre envergure. Ils ne sont pas non plus spécifiques à un pays :
on peut rappeler le financement de la campagne électorale de Bill Clinton
et d'Al Gore et, plus près de l'actualité, les "dons" reçus
par le président de l'Etat d'Israël, sans oublier la France. Dans la poursuite de leur intérêt, les individus ont le choix entre deux groupes
de moyens : – économiques (création de richesses, par la production et l'échange) et ; – politiques (transferts de richesses, sous la contrainte, de certains individus
vers d'autres. Puisqu'il est plus facile de confisquer une richesse
déjà produite que de la produire soi-même, qu'est-ce qui empêche les gens
de faire appel aux moyens politiques ? La seule barrière est le véritable
respect des droits de propriété et de la liberté contractuelle, qui doivent
être opposables aux immixtions politiques. Une fois que les hommes politiques n'auront plus
le pouvoir d'être généreux avec l'argent des autres, ils seront moins
courtisés par des "donateurs anonymes". La corruption disparaîtra d'elle-même : elle
ne sera plus rentable. Mots-clé : Corruption,
Dépolitisation, Droit
de propriété.
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