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FONCTIONNEMENT
DES SYNDICATS : CHICHE !
En matière syndicale, il n’est pas inutile de rappeler que notre pays se distingue par un paradoxe tout à fait malheureux. D’un côté, le taux de syndicalisation des salariés, employés et agents en France demeure excessivement bas. Certes la faiblesse de la moyenne masque de grandes disparités notamment entre public et privé, qui révèlent que la nature contemporaine des organisations est bien celle de groupes clientélistes, et que l’action des syndicats consiste essentiellement aujourd’hui à faire pression pour obtenir des privilèges. De l’autre, c’est dans cette partie de l’Europe de l’Ouest et des pays développés que l’agressivité syndicale est la plus forte. Quelques organisations jouissent, en vertu de critères discutables, d’un monopole presque général de représentation. Ce mode fit les beaux jours d’autres régimes réputés moins favorables à la liberté (admettons sans peine au passage que notre France vit largement sur sa réputation en ce domaine ….). Des syndicats sur-puissants et non représentatifs : voilà qui rend suspectes la proclamation et l’obligation, faite par les normes les plus élevées de notre système juridique, de la démocratie sociale et de son importance ; on est bien en plein paradoxe. Dans le contexte qui vient d’être évoqué, le monde syndical se caractérise par une incontestable opacité dans les procédures internes de désignation, de décision et de gestion, notamment financière. A ce dernier point de vue, de nombreux cas de détournements des fonds des comités d’entreprise, d’abus de biens sociaux ou de gestion douteuse des œuvres sociales ou de leur vaste patrimoine, y compris commercial, pourraient être signalés. Qui subvient aux besoins immédiats des nombreux grévistes non payés, avant que les patrons ou l’Etat ne cèdent sur le paiement des jours de grève ? Qui finance les grands et dispendieux « happenings » socio-culturels contestataires que sont les manifestations et rassemblements syndicaux, avec si peu d’adhérents ? Que de questions sans réponse ! ….. Dans l’affaire de la MNEF, après les hommes politiques, ce sont des syndicalistes qui ont été mis en cause, en particulier pour détournement ; cela concerne deux fédérations syndicales (CFDT et FO), mises en examen, comme personnes morales, pour recel de détournement de fonds publics (en l’occurrence le salaire de deux permanents… soit 2.5 millions en six ans). On ne parlera évidemment pas des rapports troubles avec certains partis politiques, aujourd’hui encore, qui représentent un autre volet du syndicalisme français. Le mouvement de l’esprit et du cœur tient alors en un cri : chiche ! Puisqu’il est toujours question de démocratie sociale et de promotion du dialogue social, et que la question de l’opportunité même du rôle des syndicats ne semble pas être posée, il n’est que temps d’aligner le régime des syndicats sur celui du financement de la vie politique et du fonctionnement des partis, dont on sait qu’il est devenu beaucoup plus strict depuis 1988 et 1990. Les maîtres-mots de la réforme indispensable sont donc : concurrence et ouverture de l’espace, règles strictes de financement, contrôle du fonctionnement interne, vérification scrupuleuse des élections professionnelles. De tels changements seraient aussi un gage de la bonne volonté de responsables, toujours si soucieux de nous en assurer.
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