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SPITHAKIS :
DETENU VOLONTAIRE
Olivier Spithakis, détenu de la prison
de la Santé refuse le paiement de sa caution et devient en quelque sorte
« détenu volontaire ». Il engage une requête visant l’annulation
d’une partie de la procédure. Dans le même temps, les avocats des élus
socialistes incriminés demandent un non lieu dans l’enquête sur la MNEF.
On assiste à une justice rythmée par les stratégies nébuleuses des protagonistes
de l’affaire. Depuis
le vendredi 17 mars, Olivier Spithakis est virtuellement libre. Placé
en détention depuis octobre 1999, le personnage central de l’affaire de
la Mutuelle Nationale des Etudiants de France (MNEF) restera pourtant
en prison faute de pouvoir ou de vouloir verser les 10 millions de francs
de caution prévus par son contrôle judiciaire. Ecroué
pour détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de biens
sociaux, destruction de preuves, faux et usages de faux, Spithakis aurait,
entre autres, bénéficié personnellement de plusieurs millions de francs
détournés des comptes de filiales de la Mutuelle. L’enquête fait notamment
état de l’existence de plusieurs dizaines de comptes bancaires disséminés
à travers le monde. Pour
l’heure, ses avocats arguent que l’ancien directeur de la MNEF est victime
d’une mesure discriminatoire, d’un régime de liberté lié à l’argent, et
que cette situation abusive est malsaine pour les institutions :
une logique implacable déroulée par les avocats du loup soudain devenu
agneau !! La presse faisait état cette semaine du comportement
modèle du détenu volontaire de la prison de la Santé. Durant la préparation
de sa stratégie de défense, « Spit » endosse le tablier de négociateur,
d’assistant social ou de médiateur entre les codétenus et l’administration
pénitentiaire. Le séjour prolongé volontaire semble pour l’instant ne
pas altérer la sérénité d’un « bon samaritain », qui façonne
prudemment et secrètement sa véritable sortie. Tandis que ses avocats déposaient mardi 21 mars une
requête d’annulation d’une partie de la procédure, suite à un vice de
forme de l’enquête effectuée en septembre dernier, les principaux incriminés
de l’affaire cherchent également à se dédouaner. Ainsi les avocats de
DSK, mis en examen pour « faux et usage de faux » requièrent
un non lieu sur des bases quelque peu obscures : 6 mois après la
mise en examen, « les irrégularités formelles des documents incriminés
n’auraient causé aucun préjudice à quiconque » ! Dans le même ton, l’avocate de Philippe Plantagenest
demande un non lieu, les faits reprochés à son client accusé de « faux
et usage de faux » ne présentant « aucun signe frauduleux »… Le caractère nébuleux que prend l’affaire ces derniers
jours, où les principaux intéressés se font les victimes de la machine
judiciaire, n’élude pourtant pas une nouvelle inculpation. Après la mise
en lumière des rémunérations occultes perçues par DSK, Jean-Marie Le Guen,
Jean Christophe Cambadélis, la mise en examen d’un nouveau membre de la
garde socialiste surgit. Marie France Lavarini, ancienne conseillère de
Lionel Jospin au ministère de l’Education nationale, est inquiétée cette
fois, pour « recel de détournements de biens publics ». La justice va devoir trancher entre « non lieux »
et renvois devant le tribunal correctionnel dans une affaire à multiples
facettes mais qui toutefois présente un caractère commun à chaque agitateur
incriminé : la volonté de s’affranchir de ses responsabilités. Pour l’heure, la mutuelle étudiante change de nom :
la Mutuelle Etudiante remplacerait la Mutuelle Nationale des Etudiants
de France dans l’espoir d’effacer son passé judiciaire. Le contexte d’imbroglio
judiciaire de ces derniers jours laisse toutefois peser un doute sur
les responsabilités et les intentions des acteurs. Avec la ME, on prend les mêmes et on recommence ?
ME : mensonge aux étudiants. ME : mêmes escrocs. Mots clés : Corruption,
Justice, Prisons.
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