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La Cour des Comptes vient de publier son rapport pour l'année 1999, ses
conclusions sont loin d'être étonnantes et ne font que confirmer une chose,
"l'argent public finit toujours dans des poches privées" :
l'Etat est un mauvais gestionnaire et jette l'argent du contribuable par
les fenêtres. Pourquoi ? Parce que ses agents ne sont pas soumis aux règles
du marché et de la concurrence : ils sont donc irresponsables. Décidément, on n'en finira jamais. Voilà maintenant que la Cour des Comptes vient à son tour mettre un peu d'huile sur le feu dans le problème de l'utilisation de l'argent public par l'Etat. Après "L'omertà française", qui révélait les secrets de nos très chers hommes politiques, voici le rapport de la Cour des Comptes, qui montre comment les ministères utilisent l'argent public, l'argent des contribuables. Les conclusions du rapport sont très loin d'être élogieuses, notamment pour le ministère des Finances. Mauvaise estimation des risques, gestion défaillante des crises, avantages de départ excessifs, gestion "opaque" des informations, un régime de primes et indemnités complètement irréguliers, etc. Le rapport n'en finit plus d'épingler les dérives dans l'utilisation de l'argent public. Une question s'impose à cette lecture : comment peut-on éviter ce genre problème ? Pour répondre à cette question, il convient de faire un bref tour d'horizon des problèmes majeurs qui ont été soulevés dans la gestion de l'argent public. Toujours dans le même style, mais dans le domaine des entreprises publiques, la Cour dénonce les indemnités extraordinaires et surtout irrégulières dont ont bénéficié certains dirigeants et cadres de haut niveau lors de leur départ. Sont accrochés au tableau de chasse de la Cour des comptes, le Groupe des assurances nationales (GAN), la Française des Jeux et le Crédit Foncier de France (CFF). Ainsi, dix dirigeants ou cadres supérieurs ont touché, au total, plus de 35 millions de francs d'indemnités de départ ; mais le plus stupéfiant, c'est que ces fameux dirigeants et cadres ont touché des indemnités alors qu'ils étaient tous responsables d'erreurs de gestion graves, entraînant de lourdes pertes pour le GAN ainsi que de nombreux licenciements. De la même façon, la Française des Jeux a accordé 14 millions de francs au total à onze cadres supérieurs qui ont quitté l'entreprise. Inutile de parler de Gérard Colé, président de la société de juillet 1989 à décembre 1993, qui a touché un jackpot de 2 millions de francs, alors qu'il était mis en examen pour "abus de biens sociaux, faux et usage de faux et ingérence". Les conclusions de la Cour des comptes ont également
montré le "véritable effondrement" de l'entreprise publique,
la Société française de production et de création individuelle (SFP) qui
ne doit sa survie qu'à coup de subventions injectées (3,6 milliards de
francs en 14 ans) par son principal et unique actionnaire, l'Etat. Les
résultats d'une telle démarche : chute de 40 % des recettes entre 1993
et 1998, accumulations de perte (280 millions de francs par an en moyenne),
succession de quatre présidents en cinq ans, 440 emplois conservés sur
3000 initialement pour un "coût moyen exorbitant de près de 10
millions de francs par emploi sauvé". Quant à la gestion du club de basket de Limoges, le rapport de la Cour des comptes est sans concession : recrutements délirants, rémunérations occultes, subventions et soutien sans faille de la Ville de Limoges, du département et de la Région. Le coût total de cette petite affaire : 128 millions de francs entre 1991 et 1997. Les exemples
de gaspillage, de mauvaise gestion et d'irrégularités ne s'arrêtent pas
là, la Cour des comptes s'est également attaquée à la politique de relogement
des mal-logés de Vincennes (coût : 200 millions de francs), à la mauvaise
gestion des présidents d'université, à celle des programmes d'armement
par le ministère de la défense, à l'incapacité de l'Etat à gérer certaines
crises et à faire des provisions financières adéquates pour les prévenir,
notamment pour les problèmes d'inondations. Ce qui est important, dans cette longue liste d'irrégularités, c'est que l'Etat balance l'argent des contribuables par les fenêtres sans pour autant subir les conséquences de ces gaspillages. Pourquoi ? L'une des solutions pour éviter ces gaspillages passerait donc par une responsabilisation de ces agents de l'Etat, notamment en les soumettant au jeu de la concurrence. Pourquoi, les fonctionnaires ne seraient-ils pas soumis aux mêmes règles que dans n'importe quelle entreprise privée ? Il n'est pas inimaginable d'envisager un système dans lequel les fonctionnaires ayant commis une faute ou une erreur de gestion pourraient être sanctionnés. Il semble également incroyable que dans les entreprises publiques, les dirigeants ou cadres de haut niveau bénéficient de primes de départ alors qu'ils ont commis des malversations. De la même façon, il est inadmissible que certaines entreprises continuent de perdurer à coup de subventions étatiques, c'est-à-dire, avec l'argent du contribuable, alors que ce même contribuable ne semble pas plébisciter ces entreprises par sa consommation de biens et services. La seule solution pour mettre fin à ce gaspillage est de laisser le marché sanctionner ces entreprises et de se soumettre à sa décision. Cette
solution est également celle qui doit s'appliquer aux clubs sportifs,
tel que le CSP Limoges. Si ce club n'est plus rentable, le marché le sanctionne,
et il fait faillite et c'est fini.. Les Etats-Unis sont l'exemple même
du pays où tous les clubs de sport sont privés, ils appartiennent à des
individus et sont gérés comme des entreprises et soumis aux mêmes règles. De
nombreux secteurs qui sont du ressort de l'Etat seraient mieux gérés s'ils
l'étaient par le système privé et étaient soumis aux règles du marché.
Ainsi, la gestion des universités, les logements sociaux ainsi que les
problèmes de préventions de crises ne connaîtraient certainement pas ces
gaspillages et irrégularités de gestion s'ils étaient du ressort de groupe
de gestionnaires, de systèmes d'assurance ou du secteur de l'immobilier. Mots-clés : Administration, Concurrence, Fiscalité, service public.
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