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TRANSPORT AERIEN : MENACE SUR LA CONCURRENCE ?
L'alliance
qu'organisent les géants américains United Airlines (UAL) et US Airways
a été le prétexte pour ressortir les vieux discours contre la libéralisation
du trafic aérien. Cependant, une concentration des grandes compagnies
outre-Atlantique ne diminue pas, mais au contraire intensifie la concurrence.
Le « ciel ouvert » est un progrès pour les voyageurs. La
concentration dans le transport aérien et les alliances entre compagnies
aériennes au niveau mondial (Star Alliance, One World, Wings, etc.) laisseraient
penser au lecteur non-initié que la concurrence y serait devenue, par
conséquent, moins vive en diminuant le nombre de concurrents. Ainsi
Le Monde (du 31 mai) titre dans cet état d'esprit, à la suite de l'annonce
de la fusion de United Airlines et de US Airways : "La libéralisation
aérienne aux Etats-Unis n'a pas favorisé la concurrence". -
Ensuite, les attaques contre la libéralisation déforment non seulement
les concepts économiques, mais aussi la réalité-même du trafic aérien
aux Etats-Unis après la déréglementation, initiée par Alfred Kahn à la
fin des années 1970. D'après Le Monde, "la concurrence a en fait
réduit le nombre de transporteurs" et "l'éclosion promise (par
la déréglementation) de nouvelles sociétés n'a pas eu lieu". De telles
affirmations sont non seulement sans intérêt (pour le degré de concurrence),
mais elle sont tout simplement fausses. En vérité, plus d'une centaine
de petites compagnies ont vu le jour après 1978 sans compter le nombre
des grandes compagnies (10 à l'heure actuelle avec un chiffre d'affaire
de plus de 1 milliard de dollars). En
dépit de la disparition de bon nombre de compagnies (surtout parmi les
plus petites, probablement en grande partie à cause de la multiplication
des jets privés), les concurrents restants ont innové, par exemple avec
le système des hubs : centres géants de correspondances permettant de
réaliser des économies aux compagnies en regroupant les passagers des
aéroports secondaires. La baisse des prix a été spectaculaire après la
déréglementation (une baisse de 25% pour les seules années 1990). Ces
prix ont été l'un des facteurs de l'augmentation de 38% du nombre des
passagers entre 1990 et 1998 sur les vols intérieurs. Aussi
Winston et Morrison (auteurs de L'Evolution de l'industrie aérienne)
estiment que la libéralisation et la restructuration du secteur aérien
font économiser aux consommateurs américains environ 19,4 milliards de
dollars par an. De quoi répondre au sénateur Mike DeWine, responsable
du sous-comité américain de la concurrence, qui déclare qu'"il est
difficile d'imaginer comment cela (la fusion UAL-US Airways) pourrait
profiter au consommateur".
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