LES FORCES ANTITRUST AMERICAINES ET EUROPEENNES SE
DECHAINENT
La procédure antitrust à l’encontre de Microsoft est sans
nul doute être la première d’une longue vague de procédures antitrust
à l’encontre d’entreprises dont l’activité est liée aux Nouvelles Technologies
de l’Information et de la Communication (NTIC). Ainsi, les autorités antitrust
américaines ont refusé la fusion entre WorldCom et Sprint, deux entreprises
américaines de télécommunications. Mais c’est la décision de Bruxelles
qui est plus étonnante puisqu’elle bloque pour la première fois le mariage
de deux entreprises non européennes. L’Oncle Sam et les technocrates européens
font donc cause commune pour bloquer les nécessaires fusions du secteur
des NTIC.
Après les autorités américaines
qui avaient refusé la fusion enter WorldCom et Sprint, la Commission européenne
s’est opposée à l’opération de concentration entre ces deux entreprises
américaines de télécommunications. Autant la décision américaine est compréhensible
dans la mesure où une autorité américaine empêche deux entreprises américaines
de fusionner, autant celle de Bruxelles est plus étonnante puisque WorldCom
et Sprint sont deux entreprises non européennes. Ainsi, la décision
de Bruxelles crée un précédent dans la mesure où c’est la première
fois qu’elle bloque le mariage entre deux entreprises non européennes.
Venant après la
décision des autorités antitrust américaines, la décision des autorités
européennes est sans conséquence dans la mesure où elle ne vient que confirmer
la décision américaine. On a du mal à imaginer quelles auraient été la
réaction et la décision de Bruxelles si l’Oncle Sam ne s’était pas opposé
à la fusion entre WorldCom et Sprint. Autant dire que la décision de la
Commission européenne n’est qu’une demi-décision.
Cependant, elle
crée un précédent dans la mesure où c’est la première fois qu’interdiction
est faite à deux entreprises non européennes de fusionner. De plus, cette
décision risque d’augurer de nombreuses autres décisions ou du moins de
nombreuses discussions de contrôle des concentrations. En effet, le secteur
des NTIC est un secteur où la concentration est un phénomène relativement
courant. Les entreprises des NTIC ou les net-entreprises doivent atteindre
une taille critique afin d’être rentable. Ainsi, aujourd’hui, assez peu
d’entreprises de la Nouvelle Economie sont rentables car elles doivent
avant tout attirer un nombre important de clients – atteindre la taille
critique donc – puis ensuite générer des recettes sur cette base installée
de consommateurs. Une des façons d’atteindre le plus rapidement la taille
critique est de recourir à la concentration via la fusion avec un concurrent.
Ainsi, on risque
d’assister à une vague de concentrations afin que quelques entreprises
pérennes se concurrencent sur le marché. Mais, les autorités de contrôle
des concentrations et les autorités antitrust semblent décidées à jouer
leur rôle (néfaste ?) et à empêcher à tout prix les concentrations
structurellement justifiées, préférant sans doute la concurrence d’entreprises
moribondes sur un marché exsangue.
Mots-clés :
Antitrust,
Concurrence,
Monopole.
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