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DANGER : CARREFOUR EST A TOUS LES COINS DE RUE
Dans le
cadre de la loi antitrust française, Bercy a demandé la semaine dernière au groupe issu de la fusion avec Promodès de
céder 34 magasins en France. Le ministère de l'Economie vient une nouvelle
fois de prouver son ignorance de la vraie nature de la concurrence. Ignorance
qui coûtera cher aux consommateurs. Dans le
cadre de la législation antitrust, le ministère de l'Economie a décidé,
la semaine dernière, d'imposer au groupe né de la fusion entre Carrefour
et Promodès de céder 34 magasins en France. Il vient ainsi une nouvelle
fois de montrer qu'en matière d'économie, il est un bien mauvais élève.
Cette ignorance prêterait à sourire si elle n’était sans conséquence grave
pour les Français et l’économie française. Malheureusement, c'est loin
d'être le cas. En premier
lieu, Carrefour risque à court terme de souffrir des conséquences de cette
décision, ne serait ce qu'en termes de compétitivité. Quel intérêt y avait-il
pour Carrefour et Promodès à fusionner si c'est pour ensuite se voir obligés
de céder une partie de leur parc de magasins au nom de la législation
antitrust ? La fusion entre deux entreprises a pour but essentiel de gagner
en compétitivité. Une compétitivité qui passe notamment par une plus grande
gamme de produits de meilleure qualité et à de meilleurs prix. Une compétitivité
dont l'objectif est de conserver mais aussi d'accroître sa clientèle.
En s'associant à Promodès, le groupe Carrefour n'avait d'autre objectif
que de faire face à la concurrence "féroce" des poids lourds
américains de la grande distribution, tel que Wall Mart, dont l'implantation
sur le territoire français ne devrait pas tarder. En obligeant Carrefour
à céder 34 magasins, Bercy n'a fait qu'affaiblir la stratégie de concurrence
de Carrefour. En outre,
cette décision est d'autant plus pernicieuse qu'elle relève d'un complet
amalgame entre la situation dite de position dominante et le nombre de
magasins. Ce n'est pas parce que Carrefour détient, suite à sa fusion
avec Promodès, un parc de magasins important qu'il est en position dominante
sur le marché français. Carrefour ne domine rien et il n'a aucun pouvoir
de domination réelle. Bercy, ainsi que la Commission européenne sans qui
cette décision n'aurait peut-être pas été prise, n'a toujours pas enregistré
un des principes fondamentaux de la science économique. Aucune entreprise
n'a de position dominante, il n'y a que les consommateurs qui ont une
position dominante. Ce sont eux qui, au bout de la chaîne, prennent la
décision finale d'acheter ou de ne pas acheter. C'est ce que le Professeur
William Hutt appelait la « souveraineté du consommateur ». Ceci nous
amène aux principales victimes de cette décision : les consommateurs.
Parce que tel est le fondement principal de toute la science économique
: la satisfaction des consommateurs. Comme cela a été dit maintes et maintes
fois, l'objectif de toute entreprise c'est de satisfaire le consommateur.
Une entreprise sera dite compétitive si elle satisfait les consommateurs,
si elle a une clientèle importante. C'est la définition même de la concurrence,
c'est un processus de rivalité entre les entreprises pour satisfaire les
consommateurs. En fusionnant, Carrefour et Promodès n'avaient pas d'autre
objectif que d'être concurrents. En obligeant le groupe Carrefour à céder
une partie de son parc de magasins, l'Etat a complètement altéré ce processus
et comme toujours, lorsque l'Etat intervient, ce sont les consommateurs
qui paient les pots cassés. En effet, les clients habituels des magasins
qui vont être cédés ne bénéficieront plus de la qualité des produits et
des services du groupe Carrefour auxquels ils étaient attachés. Ils ne
bénéficieront plus du même réseau de distribution dont ils étaient satisfaits.
Et pourquoi ? Parce que l'Etat a cru bon d’intervenir, au nom d'un concept
absurde, l'abus de position dominante. Faudra-t-il un jour limiter le
nombre des concessionnaires des marques automobiles ? des magasins
Chanel, Hermès, Dior, Gucci ? des vêtements de sport Décathlon ou
Go Sport ? Comme dans le cas du transport aérien, les ignorants confondent
concentration et atteinte à la concurrence.
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