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LE CHOMAGE REPART A LA HAUSSE Hélas, ce tableau encourageant est dores et déjà assombri
et peut-être relégué à la catégorie du bon souvenir. Car l’enquête de
l’INSEE laisse entrevoir un proche avenir nettement moins favorable. L’emploi
intérimaire, considéré comme un indicateur particulièrement performant
de la situation économique nationale, se tasse désespérément depuis plusieurs
semaines, après avoir progressé de 12 % en un an. La baisse de régime
est sensible depuis le début de l’année, ce qui laisse supposer que les
entreprises sont en perte d’activité. Les créations d’emplois se ralentissent,
et l’ANPE déclare déjà avoir enregistré une augmentation du nombre d’inscriptions,
notamment durant le mois de mai, avec environ 5000 demandeurs d’emploi
supplémentaires (+0.3%), tandis que les licenciements économiques progressent.
C’est la première hausse mensuelle du chômage depuis juillet 2000. En
particulier, le chômage des hommes de moins de 25 ans progresse. Tout
cela intervient alors que l’année 2000 avait semblé plus favorable à l’emploi.
au demeurant, on doit prendre en compte que l’habillage statistique du
chômage (avec les CES et les emplois-jeunes) est mieux fait en France
qu’ailleurs, de sorte qu’une estimation raisonnable (dossiers de l’IFRAP)
fait apparaître entre 4 et 600 000 chômeurs réels masqués. Enfin, il n’y a aucune perspective d’embellie à court
terme. Comme un malheur n’arrive jamais seul, les différentes prévisions
concernant le chiffre de la croissance pour cette année la placent aux
alentours de 2,3 % au lieu de l’hypothèse initiale de 3,3 %. L’opération
vérité entreprise par Laurent FABIUS Mercredi dernier ne s’est d’ailleurs
résumée qu’à ce triste constat : « la
croissance sera peut-être inférieure à 2,5 % »…(Voir notre article
en rubrique économie Croissance
en baisse : "Adieu veaux, vaches, cochons, couvées...). Si l’on ajoute à ce bilan déjà alarmant la confirmation
d’une poussée de l’inflation, atteignant 2,3 % sur les 12 derniers mois,
alors ce n’est pas faire preuve de cynisme que d’affirmer que la France
se dirige allégrement vers ce que les économistes appellent une situation
de « stagflation ». Le chômage, associé à l’inflation, est hélas
un des pires maux que les nations aient connus lors du siècle dernier,
et malheur à ceux qui n’ont pas su profiter des leçons de l’histoire pour
épargner leur pays ! Il suffirait surtout d’arrêter de faire croire aux
Français que l’on peut réussir dans la troisième voie, et que c’est au
détriment des objectifs économiques que le social se portera mieux. La
France connaîtra ses heures de gloire si, et seulement si, le gouvernement
admet que les entreprises sont le moteur du dynamisme, que la création
de richesses passe irrémédiablement par l’offre. En pénalisant fiscalement
l’entreprise, la France se prive de la croissance, de l’innovation, de
cette puissance auto-générante de richesses et de la création d’emplois Mots
clés : Chômage,
Croissance,
Entreprise,
Inflation,
Offre,
Stagflation.
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