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CHOMAGE ET PENURIE DE MAIN D’ŒUVRE : MAINTENANT
ON A LES DEUX
La « Nouvelle économie »
fait repartir l’emploi des cadres à tel point que l’Allemagne va chercher
ailleurs son travail qualifié. En France, qu’en est-il de la raréfaction
relative des cols blancs ? Faut-il importer de la main d’œuvre ou
changer la politique ? L’Allemagne en appelle aux étrangers. Fin Février au salon Cebit de Hanovre Gerhard Schröder proposait le recours à la main d’œuvre étrangère pour combler le déficit de bras de certains secteurs. C’est en fait plutôt de cerveaux que de bras dont il s’agit puisque c’est d’emploi qualifié dont nos amis teutons ont besoin. Le boom des technologies de l’information a créé un appel d’air pour les spécialistes étrangers. Or, du fait des législations présentes, le « brain drain » ne se déplaçait que vers les Etats-Unis ou la Grande Bretagne. Le chancelier veut débloquer l’obtention simplifiée de 30.000 visas, une sorte de « green card » à la germanique pour extra-européens, de façon à répondre dans l’urgence à la pénurie de travailleurs dans ce secteur. Les patrons allemands sont
ravis puisqu’ils considèrent que 75.000 postes qualifiés sont à pourvoir
et qu’ils auront besoin de 250.000 experts d’ici deux ans. Les spécialistes
des technologies de l’information en provenance des pays de l’Est sont
donc la nouvelle vague de travailleurs immigrés. Cette proposition ne
semble pas du goût du Ministre du Travail Walter Riester qui rappelle
que l’Allemagne comprend 4 millions de chômeurs et estime qu’il y a en
fait 30.000 demandeurs d’emploi dans la branche. Les syndicats prennent
le relais du ministre du Travail : ils voient en effet d’un mauvais
œil le risque de dumping social dans les entreprises, lié à cette vague
de travailleurs sympathiques. Et puis c’est la faute à la politique de
formation, rétorquent-ils. La droite bavaroise, de son côté, ne semble
pas prête à vouloir partager le gâteau de l’emploi avec des auslander.
A tel point que l’ami Schröder a rajouté que pas un Allemand ne perdra
son emploi. Le cadre français. On note de plus en plus de mobilité de la part des cadres ayant déjà un emploi. Il n’est donc plus rare aujourd’hui de voir des gens quitter leur emploi pour en prendre un autre. Ces gens là constituent aujourd’hui presque le tiers des « clients » de l’Apec. En fait la part des « vrais » chômeurs à l’Apec est de moins d’un tiers (le troisième gros tiers étant constitué par les jeunes diplômés). Certains cadres quadragénaires ou quinquagénaires n’hésitent plus à quitter leur entreprise pour d’ autres concurrentes plus généreuses. Ceci est plutôt une bonne nouvelle. Evidemment certains jeunes diplômés sont toujours au chômage car ils tiennent à exercer un métier dans la filière de formation dans laquelle ils ont obtenu leur diplôme. Mais à l’image des nouvelles recrues dans l’informatique, de plus en plus de jeunes diplômés vont devoir adapter leur offre à la demande des entreprises, qui de leur côté semblent quelque peu écarter la sélection de recrutement par le diplôme. Même à l’ANPE on s’adapte, on a pris conscience que ce n’était pas le diplôme qui comptait, mais les compétences en termes « d’habileté ». La note d’humour qu’on pourrait relever, c’est qu’alors que les 35 heures proposent de partager l’emploi, il n’y a plus assez de gens pour le partager. Comme quoi l’application forcée d’une loi unique pour des secteurs différents pourra enfin apparaître dans toute sa limpide stupidité. Mais exportons la reprise alors ! La solution de certains serait donc d’embaucher des immigrés comme le préconisait une étude récente de l’OCDE. Rappelons tout de même que la France compte toujours plus de 3 millions de chômeurs (2,5 millions officiels). Il serait nettement plus intelligent de préconiser que les locaux s’adaptent plus facilement à un marché de l’emploi qui connaît des mutations hyper-rapides. La formation initiale n’aura plus aucun sens, en dehors d’un niveau de compétence – et pas un contenu -, dans une économie où tout change en permanence. Bien sûr, il ne s’agit pas de remettre en cause la possibilité pour des immigrés de pouvoir venir travailler chez nous : ils représentent au contraire une richesse. Il faut évidemment différencier travail qualifié et non-qualifié. Tant qu’il s’agit de « brain drain », l’option ne pose pas de problème encore une fois. Mais les discours rapides sur un recours possible à l’immigration « en général » doivent être tempérés, non pas pour des questions populistes mais pour des problèmes de réalisme social : 3 millions de chômeurs, c’est davantage le résultat de la législation, de la fiscalité qui poussent les gens peu qualifiés ou les chômeurs à le demeurer. Mots-clés : Chômage,
Emploi, Immigration,
Nouvelle économie.
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