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LA FRANCE CONDAMNEE AU CHOMAGE ? Nouvelle hausse du chômage "Les chiffres d'Août ne sont jamais très bons" rappelait Madame Guigou à propos du chômage (11.000 inscrits de plus à l'ANPE) ce qui est déjà un gros mensonge, puisque ces chiffres sont corrigés des variations saisonnières. La fin de la conscription peut expliquer une partie de cette hausse. Mais il faut rappeler que celle-ci est la quatrième hausse mensuelle consécutive. D’autre part, le ralentissement net de la progression de l'emploi salarié, la chute des effectifs intérimaires et la multiplication des défaillances d'entreprises sont des signes évidents de retournement. Tout cela n'a donc rien de conjoncturel. Les raisons de cette "gueule de bois" sont à rechercher de plusieurs côtés. - La conjoncture internationale n'est pas au beau fixe : depuis un an, le dégonflement de la bulle de surinvestissement dans la "nouvelle économie" et les nécessaires réadaptations qui en découlent ont fait tomber l'optimisme "du millénaire". A ce propos, le moral des industriels mesuré par l'Insee n'avait jamais été aussi bas depuis mi-93, en pleine récession. Les évènements du 11 septembre alimentent une sclérose, du fait d'un sentiment – compréhensible – d’angoisse qui mine en premier lieu le secteur aérien, mais semble s'étendre à tout l'Occident dans un vent de pessimisme. Mais "la déprime crée la déprime" et Lionel Jospin en a même appelé au "patriotisme économique" pour endiguer cette vague de morosité. - La politique socialiste porte ses fruits : "Les dispositifs volontaristes ont porté l'essentiel de leurs fruits" selon Madame Guigou. Quels fruits ! Pourris à l'intérieur. On ne fait pas reculer le chômage à coups de baguette magique. Cela crée l'illusion à court terme, mais il faut toujours en payer le prix. Malheureusement, la France le paye à un moment critique, enfonçant encore plus le pays dans le marasme. Car la conséquence des créations artificielles d'emplois c'est le recul de l'entreprise, la vraie. Et le recul de l'entreprise, c'est la montée du chômage. La riposte : enfoncer le clou ? Cela précisé, on se demande alors si Monsieur Fabius ironise lorsqu'il présente ses "trois raisons d'espérer". On a peine à comprendre si c’est du lard ou du cochon : baisse du prix du pétrole ( qu'on pourrait baisser encore plus en baissant les taxes), stabilisation de la consommation et baisse des taux d'intérêt (histoire de financer plus facilement le malinvestissement). L. Jospin n'a pas l'intention de céder à la sinistrose : la riposte du Premier Ministre se veut être un geste politique fort : 30.000 CES de plus et 20.000 stages d'insertion. On se lance à fond dans le traitement social du chômage, dans le conjoncturel qui va durer, alors que les causes sont plus profondes. Les Français ne semblent d'ailleurs pas véritablement conscients de ces vraies causes du chômage. L'avis des "Français"
: un effet de position. Le Ministère de l'emploi a réalisé son enquête annuelle d'opinion sur le chômage, menée par IFOP, publiée dans "Premières synthèses". Selon ce sondage, les Français, applaudissent à la création d'emploi par le biais des programmes "Nouveaux services - Emplois jeunes". De plus en plus d'entre eux pensent d'ailleurs que la RTT est une politique efficace pour créer des emplois. Evidemment incités à penser cela par le soutien de nombre d'économistes marxistes, on voit mal pourquoi ils penseraient le contraire. Cependant, pour écarter d'emblée l'effet d'autorité de ces grands intellectuels, rappelons comment la plupart des économistes en 1981 soutenaient les politiques inflationnistes de relance par la demande, et on sait ce que cela a donné… L'avis des économistes officiels, les Attali et autres éminences grises, qui ne payent jamais les pots cassés de leurs beaux conseils, est donc à prendre avec beaucoup de précaution : ces gens vivent du "marché des idées", dont le débouché le plus lucratif est évidemment la bureaucratie publique. Recentrons nous donc sur ce que pensent "les Français". Il y a ici ce que le sociologue Raymond Boudon appelle un "effet de position" : à leur niveau et dans les entreprises, les salariés français voient que l'application de la RTT a permis, ou plutôt forcé, effectivement de nouvelles embauches. La conclusion est donc sans appel : la RTT crée des emplois. La position qu'ils ont dans le processus économique empêche ces salariés de réaliser que la RTT détruit en fait des emplois à un autre niveau (que cela soit plus loin dans le temps ou ailleurs dans d'autres entreprises), dans le sens où elle coûte plus cher aux entreprises et donc aux consommateurs, sans parler du contribuable. Il sera d'ailleurs intéressant de consulter les résultats de ce sondage en Février 2002 après que les petites entreprises soient passées aux 35 heures (comme si le passage à l'euro ne leur suffisait pas…). Les PME qui ne peuvent se payer les 35 heures vont se casser la figure et générer du chômage. Les impôts supplémentaires prélevés pour financer la RTT (cf. notre article sur le budget de la Sécu la semaine dernière) sont des ressources qui ne seront plus disponibles pour financer in fine des projets susceptibles de créer de l'emploi : baisse de l'emploi là aussi. Qu'est ce qu'un vrai emploi ? Les Français ont un problème : le savoir économique. Gavés par des enseignants gauchistes dès leur plus jeune âge d'esprit de revendication des "droits à", ils succombent au leurre de la social-démocratie, selon lequel on peut obtenir un "droit" tout simplement en "gueulant" plus fort que les autres. Cette erreur sur le droit se double d’une erreur sur l’emploi. On emploie quelqu'un dans la mesure où la valeur créée par cette personne est supérieure à la valeur utilisée pour rémunérer cette personne ; exactement comme l'on rémunère son plombier parce que le service qu'il nous rend est perçu subjectivement par nous comme supérieur aux 200 F qu'on va lui donner. La valeur de son service pour nous est donc supérieure aux 200 F. Le fait de l'avoir employé est donc utile puisqu'il y a eu une valeur dégagée. Dans la vie de tout les jours, nous comprenons facilement ce phénomène : qui irait payer un CD 40 F plus cher sous prétexte que cela crée des emplois ? La réponse évidente serait que les 40 F en question pourraient être affectés ailleurs à un usage productif. Le problème est exactement le même pourtant en ce qui concerne les 35 h et les emplois services : si ces emplois ne se sont pas spontanément mis en place, c'est tout simplement qu'on estimait qu'ils coûteraient plus cher que ce qu'ils rapporteraient à la communauté in fine. En bref si ces emplois sont utiles dans l'absolu, ils ne sont pas utiles relativement. Relativement aux autres usages plus utiles qui auraient pu être faits des ressources qui ont financé ces emplois. Mais lorsqu'il s'agit de création d'emplois, on touche au sacré. Une frénésie irrationnelle s'empare des esprits. "Le travail n'est pas une marchandise comme une autre", "les revenus versés font tourner la machine économique", etc… Quand les Français comprendront-ils que seuls de vrais emplois, avec de vrais clients, peuvent assurer une croissance saine et donc au bout du compte le plein emploi ? On ne bâtit pas sur du sable… Mots-clés : Chômage, Emploi. Dossier : 35
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