TROISIÈME HAUSSE CONSÉCUTIVE DU CHÔMAGE


La semaine dernière nous a apporté une mauvaise nouvelle : le chômage a augmenté de 1,9% en juillet, ce qui en fait le troisième mois consécutif de hausse. Évidemment, le gouvernement a minimisé l'importance de l'événement et a trouvé tout de suite le bouc émissaire : la faiblesse de la croissance dans les autres pays, notamment aux États-Unis.


La hausse du chômage est tout d'abord une mauvaise nouvelle pour les 39.600 demandeurs d'emplois supplémentaires enregistrés en juillet. Cela représente une hausse de 1,9% par rapport au mois précédent. En fait, il s'agit d'une mauvaise nouvelle pour les 2.116.700 chômeurs (8,9% de la population active), auxquels on a donné de faux espoirs en parlant de plein emploi, sans prendre les mesures pour atteindre cet objectif (bien au contraire).

Il n'y a pas si longtemps, lorsque le chômage diminuait, le gouvernement s'arrogeait tous les mérites. Maintenant, il attribue cette hausse à la mauvaise conjoncture mondiale, notamment outre-Atlantique. Bref, les électeurs sont considérés comme suffisamment naïfs pour croire que lorsque le chômage diminue, c'est grâce au gouvernement et lorsqu'il augmente, c'est la faute aux entreprises, aux Américains, à la mondialisation, au marché, etc.

Évidemment, la réalité est tout autre. Lorsque l'économie mondiale était en période de croissance, les emplois étaient créés partout ailleurs, mais davantage dans les pays qui étaient préservés des mesures idéologiques de type "35 heures" (voir notre article dans cette même rubrique sociale) et qui avaient un droit du travail moins rigide que le nôtre. Le taux de chômage était entre deux et trois fois plus élevé dans notre pays que dans les autres, privés des "lumières" de nos archéo-socialistes. Ce rapport subsiste aujourd'hui, en période de récession.

En effet, le taux de chômage est environ deux fois plus élevé en France qu'aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Irlande, ce qui ne surprend plus personne. Ce qui est plus grave, c'est que la France figure en queue de peloton, même en se comparant avec les autres pays de l'Europe des 15, supposés défenseurs du modèle social européen.

Les succès enregistrés en France dans la lutte contre le chômage ont été réalisés par les entreprises françaises malgré la politique du gouvernement. Une précision : les emplois-solidarité, emplois-jeunes et autres bricolages artificiels de ce type sont financés par des impôts prélevés sur des entreprises et des personnes physiques qui sont ainsi empêchées d'investir et de consommer et donc de créer des emplois. Autrement dit, le gouvernement ne crée pas de vrais emplois, il empêche leur apparition pour leur substituer des emplois artificiels (c’est le fameux « ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas » de Bastiat.

La France n'a pas été en mesure de profiter de la longue période de croissance mondiale pour rendre son appareil économique en mesure d'absorber un éventuel choc. Nous avons gardé le "noyau dur" du chômage, qui n'a pas été effleuré, même pendant une conjoncture exceptionnellement favorable. Cependant, au-delà de la récente hausse du chômage, la vraie mauvaise nouvelle, c'est que notre système ne sera pas en mesure de profiter convenablement de la reprise, lorsqu'elle se produira. En effet, la plupart des "nouvelles régulations" rendent encore plus hostile l'environnement économique dans notre pays. Cela signifie que lorsque le chômage repartira à la baisse dans les autres pays, en France nous resterons avec nos rigidités fiscales et administratives, et avec nos chômeurs.

Mots-clés : Chômage, Croissance, Emploi, Marché (du travail).