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Les économistes signataires de
ce manifeste réunis en colloque à Paris cette semaine affirment en conclusion
de leurs travaux que le chômage massif et durable n'est pas la rançon
inéluctable de l'économie de marché et de sa mondialisation, mais la conséquence
logique des interventions publiques particulièrement pesantes en Europe. Ils engagent donc les gouvernements du Groupe des Sept qui se rencontreront à Lille et les artisans de la construction européenne réunis à Turin à abandonner les fausses pistes du traitement social du chômage et à rendre aux marchés la liberté et la flexibilité dont ils ont besoin. La solution au problème du chômage
se trouve essentiellement dans la création d'emplois rentables par des
entrepreneurs fiscalement, réglementairement, financièrement et socialement
libérés. Cette solution requiert de la part des autorités politiques le
courage de réduire le champ d'action de l'Etat, de remettre en ordre les
finances publiques, de restaurer l'état de droit. Le véritable choix est entre le
passage à la liberté économique, facteur de progrès social, et la poursuite
des politiques dirigistes et redistributives, sources de chômage. Quelques lois économiques fondamentales
étayent cette position, et indiquent le sens des réformes à mettre en
oeuvre pour en finir définitivement avec le chômage. 1. Seule la création de richesses
réelles est créatrice d'emplois et de revenus. Par richesses réelles,
il faut entendre des services rendus à la clientèle, qui en détermine
les quantités, les qualités et les prix. 2. Des emplois artificiellement
créés ou subventionnés, pour des produits dont les quantités, qualités
et prix n'ont pas l'agrément de la clientèle aboutissent à la distribution
de faux droits. 3. Sont également des faux droits
les sommes financées par la création monétaire ou l'endettement public
en vue de distribuer un pouvoir d'achat artificiel. 4. Nul ne peut être durablement
rémunéré par les entreprises au-dessus de sa productivité. Des salaires
rigides sans relation avec la productivité et la pression concurrentielle
entraînent directement ou indirectement un chômage généralisé. 5. La dépense n'a pas en elle-même
la vertu de réduire le chômage. La stimulation de la dépense, par la pénalisation
de l'épargne ou le déficit budgétaire, ne crée pas d'emplois réels. 6. Les sommes prélevées ou empruntées
pour soutenir de faux emplois font défaut pour créer de vrais emplois.
A terme les faux emplois se transforment en licenciements. 7. La fiscalité redistributive
et progressive tue les incitations à entreprendre, travailler et épargner.
Elle diminue la croissance et les recettes fiscales. 8. La réglementation engendre
des coûts supplémentaires et réduit de ce fait la production et le nombre
d'emplois réels disponibles. Elle crée des effets pervers et se retourne
contre ceux que l'on souhaite assister. 9. Les coûts de la protection
sociale et les divers «avantages» que les entreprises doivent obligatoirement
insérer dans les rémunérations des salariés sont en fait un impôt sur
le travail. Ils privent les salariés d'une part importante du pouvoir
d'achat que leur conférerait normalement la valeur de leur travail, et
en cas de rigidité des salaires ils créent un chômage de longue durée. 10. En l'absence de rigidités
sur le marché du travail, les échanges mondiaux ne créent pas de chômage.
Ils permettent au contraire d'accroître le niveau général de la productivité,
de propager les innovations, d'augmenter rapidement le pouvoir d'achat
des populations aujourd'hui les plus pauvres et de constituer et développer
plus rapidement le capital humain Florin AFTALION, Professeur à
l'ESSEC, Paris. Gary BECKER, Professeur à l'Université
de Chicago, Prix Nobel en 1992. James T. BENNETT, Professeur à
l'Université George Mason. Gérard BRAMOULLE, Professeur à
l'Université d'Aix Marseille. Jean Pierre CENTI, Professeur
à l'Université d'Aix Marseille III. Emil CLAASSEN, Professeur à l'Université
de Dauphine. Victoria CURZON PRICE, Professeur
à l'Université de Genève. Jacques GARELLO, Professeur à
l'Université d'Aix Marseille III, Président de l'ALEPS. Herbert GIERSCH, Professeur à
l'Université de Kiel. Bernard JACQUILLAT, Finances Associées
Paris. Arthur B. LAFFER, A. B. Laffer,
Canto Associates, San Diego, Californie. Dwight LEE, Professeur à l'Université
de Georgia. Bertrand LEMENNICIER, Professeur
à Paris II Assas Henri LEPAGE, Directeur de l'Institut
Euro 92 Antonio MARTINO, Professeur à
l'Université Luiss à Rome, Ancien Ministre des Affaires Etrangères de
la République Italienne Richard B. McKENZIE, Professeur
à l'Université de Californie, Irvine Jean Luc MIGUE, Professeur d'Économie
à l'École d'Administration Publique, Québec Patrick MINFORD, Professeur à
l'Université de Liverpool Thomas G. MOORE, Senior Fellow
Hoover Institution,Stanford William NISKANEN, Président du
Cato Institute, Washington Pascal SALIN, Professeur à l'Université
de Paris IX Dauphine Ingemar STAHL, Professeur à l'Université
de Lund, Suède Peter STEIN, Stein Associés,
Stockholm Roland VAUBEL, Professeur à l'Université
de Mannheim
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