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HEURES DANS LES PME : VERS UN ASSOUPLISSEMENT DE LA LOI ?
Les effets pervers des 35 heures se font ressentir dans les PME. Du fait de leur taille relativement réduite et de la pénurie de main d’œuvre, l'effet fantasmagorique de création quasi-automatique d'emploi ne marche pas. Pire, les 35 heures brident les PME, donc la croissance. La fameuse loi miracle ne serait-elle donc pas à moyen terme source de … chômage ? Le gouvernement devra bien envisager d'assouplir la loi. De nombreuses PME se
trouvent en effet face à un casse tête insoluble et les 35 heures ne sont
pas 'faisables' dans de telles structures. Bizarrement en effet, on n'embauche
pas des employés comme on achèterait de la matière première à un fournisseur.
Et ce pour plusieurs raisons. En premier lieu, "le travail, ce n'est
pas de la pâte à modeler". Les salariés ne sont pas interchangeables
et 10 salariés travaillant quatre heures de moins ne sont pas compensables
par une embauche quelconque. Comme le reconnaît la Ministre, les PME ont
'des difficultés à embaucher pour des raisons de taille et de locaux'.
Au delà de la rupture de l'équilibre organisationnel de certaines entreprises
un autre problème se profile : créer des postes, comment est-ce possible
s'il n'y a pas physiquement de place pour les nouveaux ? Deuxièmement, dans un autre cas de figure, nombreuses sont les entreprises qui ont des difficultés de recrutement (50 % d'entre elles). Alors qu'elles ont toutes les peines du monde à répondre à leur demande, la loi les force à faire travailler moins leurs employés sans qu'elles puissent pour autant embaucher du fait de la pénurie de main d'œuvre. Ceci induit bien évidemment un mécontentement du personnel qui se plaint d'avoir à traiter la même masse de travail en moins de temps et qui ne peut bénéficier d’heures complémentaires qui permettraient à leur revenu de progresser. Ces entreprises ne sont donc pas non plus à l'abri de nouveaux conflits sociaux générés par la loi. Ajoutons que cette insuffisance de l'offre ne contribue pas à alimenter la croissance, alors que cette dernière s'essouffle. Vu le lien entre la croissance et l’emploi, on ne s'étonnera pas que l'une des conséquences indirectes des 35 heures va être la création de chômage. Et ce d'autant plus que les coûts des entreprises vont bientôt augmenter puisqu'au 1er Janvier prochain, les entreprises de plus de 20 salariés verront la fin de leur année de transition et la majoration de leurs heures supplémentaires passer de 10 % à 25 %. Pire encore pour certaines entreprises : elles vont devoir rembourser les aides de l'Etat parce qu'elles ont été incapables d'embaucher… Mme Guigou envisageait d'aider concrètement les PME qui feraient état de difficultés. Qui va contrôler les dossiers ? Qui va payer ? Encore une belle occasion d'étendre la bureaucratie publique et de dépenser l'argent du contribuable de manière stupide. Madame le ministre ferait bien de s'interroger sur ce qui pousse les deux tiers des entreprises étrangères à ne pas vouloir venir s'implanter en France. Elle ferait bien de se demander pourquoi 60 % des sociétés entre 50 et 500 salariés n'ont toujours pas signé d'accord. La loi a bien sûr prévu des souplesses, à travers le 'principe d'équivalence pour quelques secteurs d'activités dont le transport routier ou encore l'hotellerie-restauration. Mais les difficultés ne sont pas simplement sectorielles : chaque entreprise a ses propres difficultés quelque soit le secteur auquel elle appartient. La nécessité d'assouplir les 35 heures pour les PME va faire l'objet d'un rapport suivi à l'Assemblée d'ici à la fin de l'année. Le 'peuple' devrait aussi faire front : il faut en effet rappeler qu'au 1er janvier 2002 ce sera au tour des entreprises de moins de 20 salariés de passer aux 35 heures : soit aussi un million d'artisans et commerçants qu'il faudra ménager juste avant les présidentielles…Le seul moyen simple d’assouplir au maximum la loi sur les 35 heures : la supprimer, purement et simplement. Mots-clés : Chômage, Emploi, 35 heures.
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