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IV - LES IDEES FAUSSES SUR LA REDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL
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A
- « Il faut partager le travail » On
peut critiquer l’idée du partage du travail en soulignant plusieurs erreurs
d’analyse. D’une
part, le travail n’est pas une sorte de gâteau national qu’il suffirait
de couper en parts plus fines pour que chacun en ait un peu. Le travail
peut effectivement manquer dans certains secteurs alors qu’il y en a trop
dans d’autres. La vraie question n’est pas : est ce qu’il y a du
travail mais où pourrait-il y en avoir ? Et la réponse est du côté
du marché : il y a du travail quand il y a des clients. Le vrai drame
du chômage français, c’est que les gens sont incités à travailler là où
il n’y a pas de clients . C’est cet aspect des choses qui n’est pas
perçu, il faut raisonner en terme de qualité de travail et non en quantité
globale de travail. D’autre
part, le travail n’est pas de la pâte à modeler que l’on peut casser en
plusieurs morceaux et refondre ensuite en un bloc, sans perte. Un poste
de travail ne se divise pas en deux demi postes ou en trois tiers poste,
car les hommes ne sont pas malléables à volonté et qu’il faut compter
sur des coûts de formation, d’information et de communication. Si on ajoute
le poids des charges sociales, deux personnes sur un même poste coûtent
au moins 20% plus cher qu’une personne sur ce même poste. Une entreprise
de 10 salariés n’est donc pas comparable au niveau des coûts à une entreprise
de 20 demi postes. On
peut également poser une autre question : Y a-t-il sur le marché
des hommes capables d’occuper les emplois vacants ? On pourrait pu
réduire le nombre de tableaux de Van Gogh ou le nombre de films de Lino
Ventura. Est-ce que cela aurait crée du travail pour d’autres peintres
ou comédiens ? Quels
que soient les arguments avançés, il est primordial de comprendre que
le partage du travail n’est pas le partage de la richesse. Effectivement,
que signifie diviser en deux le travail qui n’a aucune valeur ? Dans
une économie de marché, le travail n’a de valeur que celle que le client
veut bien lui reconnaître. Ce n’est pas le patron qui paie le salarié
pour le travail effectué, c’est le client qui paie le salarié pour le
service rendu. Le patron n’a pas d’autre argent que celui que lui donne
le client. Ce syllogisme est inexact. Il se heurte à une simple observation : ce ne sont pas les pays qui sont les moins touchés par le chômage où l’on travaille le moins, bien au contraire. Prenons l’exemple des Etats-Unis et du Japon. On y travaille respectivement 200 et 350 heures par an de plus qu’en France, et pourtant le chômage y est nettement inférieur. Le taux de chômage est d’environ 4.6% aux Etats-Unis et de 4% au Japon, contre10.5% en France. En comparant les données fournies par l’OCDE concernant le taux de chômage, la durée du travail, les prélèvements obligatoires, chacun peut déduire qu’il existe des relations dangereuses ou vertueuses (cf. graphes de mise en corrélation entre taux de chômage, durée annuelle de travail et prélèvements obligatoires.)
Chômage et Prélèvements obligatoires. Source :
OCDE. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas parce que les horaires sont réduits que le taux de chômage est amoindri. Le premier graphique montre au contraire une forte corrélation entre une durée de travail élevée et un faible taux de chômage. Le second graphique montre une corrélation nette entre les taux de prélèvements et les taux de chômage importants. |