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L’expression était de François Fillon,
il y a un an ; elle est plus que jamais d’actualité. Car il est bien
beau de choisir le keynésianisme, il faut aussi en payer le prix. La relance,
cela plaît beaucoup, car cela consiste en apparence à dépenser sans que
personne ne paye ; mais « il n’y a pas de repas gratuit »
et le déficit doit être financé par l’emprunt. Ces emprunts nouveaux s’ajoutent
à la dette antérieure déjà explosive. Comme toujours, cela se terminera
par des impôts ou par une banqueroute généralisée. Cet enchaînement est
celui de l’irresponsabilité et de la politique à courte vue, inscrites
dans le cœur même du keynésianisme. La banqueroute, comme en 1789 François Fillon s’était fait rappeler
à l’ordre, l’an dernier, quand il avait dit qu’il dirigeait un Etat en
faillite. Depuis, la situation n’a fait qu’empirer, et elle le fera plus
encore avec les politiques de relance actuelle. Que nous ne soyons pas
les seuls dans ce cas n’est pas une consolation : lorsqu’il y a une
épidémie, être plus nombreux ne garantit pas la guérison. Désormais, les
Français eux-mêmes ouvrent les yeux et un récent sondage publié dans les
Echos et réalisé par Opinion Way pour France info apporte une réponse
claire. A la question « L’histoire nous apporte ici des précédents
dramatiques, dont le plus évident est celui du XVIII° siècle. Cela conduira 35 ans de déficit accumulés Mais sommes-nous en 1789 ? Le
dernier budget français en équilibre remonte à 1974. Il y a donc 35
ans que nous sommes en déficit des finances publiques, 35 ans que nous
empruntons pour financer nos dépenses courantes. Ce qui veut dire qu’on
emprunte aussi pour rembourser les emprunts antérieurs. Pour une entreprise
privée, cela s’appelle de la cavalerie et cela conduit le dirigeant
en prison. L’homme politique, lui, s’en fait une gloire et pense ainsi
sauver l’économie. Cela a une première conséquence : la seule charge
des intérêts annuels plombe désormais le budget et auto entretient le
déficit, car elle est devenue le second poste du budget de l’Etat, juste
derrière l’éducation, et elle absorbe à elle seule tout l’impôt sur
le revenu. Ensuite, la dette cumulée atteint des
proportions invraisemblables (officiellement 67% du PIB, réellement
le double) Nous avons souvent cité ces chiffres simples : plus
de 1200 milliards de dette officielle, soit 20 000 euros à rembourser
par personne, bébés ou vieillards inclus. Un beau cadeau de naissance
à mettre dans les berceaux. Le budget sera rééquilibré en…2014 Tout cela est bien connu, pourquoi
y revenir ? Parce que la politique actuelle de relance, dans de
nombreux pays, France en tête, va considérablement aggraver cette situation
déjà explosive. Même Le Monde, pourtant peu suspect de libéralisme,
doit le reconnaître : « Relance : les capitaux nécessaires
aux plans de relance et de sauvetage bancaire seront levés sur les marchés.
Les Etats vont devoir emprunter massivement ». Les déficits, particulièrement
en France, vont exploser sous l’effet du plan de relance. Les organisations
internationales annoncent un déficit français de 3,8% du PIB, avant
même le plan de relance. Or Nicolas Sarkozy a lui-même annoncé que son
plan ferait grossir le déficit de 0,8%. La frontière des 3% n’est plus
qu’un souvenir (on sera entre 4 et 5%) et Ajoutons quelques informations éclairantes.
D’abord, tous ces politiques qui ne parlent que de souveraineté nationale
ou de patriotisme économique, dans une économie mondialisée, se gardent
bien de relever que la dette publique française est détenue à 62% par
des étrangers. Sans le financement extérieur, on ne pourrait financer
qu’un tiers des besoins de capitaux publics. Fermons les frontières
et la banqueroute sera immédiate. Ensuite, on savait déjà qu’en 2009,
l’Etat avait prévu d’émettre au moins 135 milliards d’emprunts et cela
sans compter le plan de relance. Déjà, hors relance, 16% de plus qu’en
2008. On mesure le dérapage. En outre, comme les investisseurs ne veulent
pas prendre de risques, pour un emprunt à dix ans, l’Etat français doit
offrir un intérêt de 0,40% de plus que l’Etat allemand : on mesure
ainsi déjà la crise de confiance qui pointe. Enfin, l’Etat emprunte
à cinq ans, dix ans, mais aussi désormais à 50 ans. Un jeune de 20 ans
aujourd’hui peut se dire qu’il aura encore à rembourser la dette de
2008 lorsqu’il aura 70 ans : pas vraiment de quoi engendrer la
confiance et l’optimisme. Pas très moral non plus. Il faut donc renverser la tendance :
la leçon de Turgot vaut encore aujourd’hui : il n’y a qu’une solution :
réduire les dépenses publiques. Tout le reste n’est qu’illusion et fuite
en avant. Jean Yves Naudet
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