![]() | |||||||||||||||
| Il
s’agit, vous l’aurez compris de La Poste. « Impossible n’est pas français » :
on prête la formule à Napoléon. Par contraste le néologisme « imprivatisable »
le serait-il ? C’est en tout cas la question qui se pose après la présentation
par Christian Estrosi, ministre de l’industrie, de la loi de non- privatisation
de La Poste. Cette loi est en effet tout le contraire de ce que l’on dit. Les
médias et les syndicats ont agité le chiffon rouge de la privatisation. Le gouvernement
et sa majorité se veulent au contraire rassurants. Dans
le débat, on a tout mélangé : concurrence, société anonyme, ouverture du
capital, privatisation. Il faut remettre un peu d’ordre dans tout cela. Quand
on y voit plus clair, on discerne que la loi semble se rendre aux injonctions
de Bruxelles, mais qu’elle est précisément conçue pour éliminer toute privatisation.
L’épisode de la votation populaire
Commençons par le commencement, en revenant sur
l’épisode ancien, mais significatif, de la votation populaire. La question posée
était déjà mensongère : « Le gouvernement veut changer le statut de
Passons
aussi sur une autre « habileté » politique : demander au gouvernement
d’organiser un referendum d’initiative populaire. Les auteurs de la requête savent
pertinemment que la procédure d’un tel referendum a été prévue dans la constitution
récemment modifiée, et qu’une vraie consultation par referendum ne peut avoir
lieu en l’espèce, puisque les lois nécessaires à l’application du texte n’ont
pas été votées. Les lois organiques elles-mêmes n’ayant pas été votées, une telle
requête procède donc d’une démagogie mensongère.
L’ouverture à la concurrence est faîte Venons-en
maintenant à l’essentiel, qui concerne d’abord l’ouverture à la concurrence. La
tradition française est simple : à service public, monopole public. Il y
a bien longtemps que Bruxelles ne l’entend pas de cette oreille. La concurrence
favorise toujours les consommateurs, le monopole les pénalise. Il faut donc ouvrir
tous les secteurs à la concurrence, même les « services d’intérêt général »
comme on dit à Bruxelles. Les directives européennes en ce sens existent depuis
de nombreuses années et concernent bien sûr tous nos monopoles publics :
gaz, train, électricité, poste, téléphone, transport aérien, etc. Les
Français l’ignorent souvent, mais tous ces secteurs sont d’ores et déjà ouverts
à la concurrence. On
ne reviendra pas sur ces acquis, et personne ne rétablira les monopoles, sauf
à sortir de l’Europe et à nous transformer en bunker. De plus, ce que l’on oublie,
parce qu’on l’ignore ou qu’on le cache, c’est que les entreprises privées qui
concurrencent l’ancien monopole public obéissent à des règles strictes de service
public (obligation de délivrer le courrier au moins 5 jours par semaine et de
n’éliminer aucune habitation, même isolée). Il n’y a qu’en France qu’on croit
que service public égale monopole public. La concurrence remplit bien mieux ce
rôle en obligeant chacun à s’adapter et à faire baisser les prix.
La transformation en SA, avec ou non ouverture du capital
Donc
ce n’est pas la concurrence qui est en débat au parlement, mais le changement
de statut par transformation de La Poste en société anonyme. C’est une obligation
légale qui vient d’une directive européenne de 1997, qu’à ce jour 25 pays sur
27 ont adoptée Cela doit être fait avant le 1er janvier 2010 : nous
n’avons que trop tardé aux yeux de Bruxelles. La concurrence doit se jouer à armes
égales, pas avec des statuts privilégiés. Les manifestations et les protestations
n’y changeront rien : la France doit respecter les textes signés. Est
également traitée au parlement la question de l’ouverture du capital à d’autres
capitaux publics. Dans un premier temps, l’Etat sera seul actionnaire, comment
pourra-t-il financer la modernisation de La
frontière du privé n’est donc pas franchie, et c’est bien dommage pour les usagers,
contrairement à ce que proclame la propagande des ennemis de la privatisation. S’il
y a des gens qui devraient manifester, ce ne devrait être ni des postiers ni des
syndicalistes, mais des usagers, et tous les gens qui croient aux vertus du libre
choix des consommateurs et à la responsabilité sociale des entreprises privées
concurrentes. Demain
la privatisation Que
se passerait-il si demain de vraies réformes libérales étaient mises en place ?
L’impact serait double : sur la modernisation de L’ouverture
du capital au secteur privé est seule capable d’apporter suffisamment d’argent
et de dynamiser Mais
il faut se défaire de l’idée qu’une société privée, partiellement ou totalement,
ne serait pas capable de transporter du courrier. C’est pourtant ce qui se fait
en France même, pour le courrier de colis et de lettres de plus de Par
contraste, c’est en France, avec Pourquoi
alors une telle hostilité, de l’extrême-gauche, comme du gouvernement actuel ?
Il y a les blocages idéologiques, les préjugés antilibéraux, le colbertisme avec
la confiance aveugle dans l’Etat qui nous protège dans tous les domaines. Mais
il y a surtout les privilèges à défendre. Le personnel de La Poste comprend plus
de 50% de fonctionnaires actuellement. Avec la privatisation, cela ne peut que
changer et ce sont les nouveaux employés qui auront un statut de droit commun ;
les autres partiront peu à peu en retraite, ce qui diminuera progressivement le
nombre de fonctionnaires. De
toutes façons, le secteur de Jean-Yves Naudet
| |||||||||||||||