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| Il y a un mois, nous posions la question :
« Ne pas tomber en dessous de 8% de croissance Les choix du gouvernement chinois ont
en effet un poids décisif. Mais voici que Cette thèse ne repose sur rien de certain,
mais les dirigeants chinois craignent malgré tout que le ralentissement actuel
soit dangereux pour leur "stabilité" politique. Comme beaucoup d'entre
eux ont étudié en Occident, où le discours universitaire dominant est largement
keynésien, ils ne voient de salut que dans un plan massif de relance. Une politique monétaire active de baisse du taux d’intérêt Le plan est impressionnant : 455
milliards d’euros, soit 4000 milliards de yuans. Cela représente 7% du PIB chaque
année au cours des deux années à venir, ce qui est considérable. Le cabinet du
premier ministre chinois en précise l’esprit : « La Chine a décidé d’adopter
une politique budgétaire active et de relâcher modérément sa politique monétaire,
afin d’encourager une croissance économique soutenue, en renforçant la demande
intérieure » : on ne saurait trouver meilleure définition d’un plan
keynésien. Déjà, la Chine avait diminué trois
fois en trois semaines les principaux taux d’intervention de la banque centrale
chinoise et ce recul devrait se poursuivre. Sur ce point, c’est l’application
stricte de la thèse keynésienne suivant laquelle l’investissement productif dépend
du taux d’intérêt et qu’il suffit de baisser celui-ci, en créant de la monnaie,
rendant le crédit moins cher et plus abondant, pour relancer l’investissement,
composante de la demande globale. On sait ce qu’il en est advenu aux
Etats-Unis où cette politique de laxisme monétaire est à l’origine de la crise
des subprimes. Utiliser ce qui a provoqué la maladie pour la soigner est original.
Une politique monétaire active n’a jamais provoqué que de l’inflation et de toute
façon on voit mal comment l’investissement pourrait encore progresser, alors qu’il
atteint 40% du PIB. En tous cas, ce n’est pas quelques dixièmes de points d’intérêt
en moins qui changeront la donne. Notre analyse, c’est que cette partie du plan
relancera l’inflation, à un moment où les tensions inflationnistes n’ont pas totalement
disparu. Une politique budgétaire pour relancer la demande publique et privée L’essentiel du plan concerne bien sûr
le budget. Des centaines de milliards de dépenses supplémentaires sont prévus,
essentiellement pour les investissements publics, les infrastructures ferrées,
routières, portuaires, mais aussi la modernisation du réseau électrique, la logement,
voire la protection de l’environnement. Que certaines de ces dépenses puissent
être utiles en elles-mêmes est une question différente de savoir si elles vont
relancer l’économie. Mais les dirigeants chinois ont aussi cédé aux pressions
du monde entier qui leur recommandait de relancer leur consommation intérieure,
autre composante de la demande globale, et même leur protection sociale, car son
absence conduirait à une forte épargne (comme si on pouvait se plaindre d’une
forte épargne). Mais, mutisme chinois oblige, on ne sait rien de la part de chaque
dépense. Le paradoxe, c'est que Tout ce que les Chinois vont perdre
avec leur plan c'est le bénéfice de dix ans de redressement de leurs finances
publiques. Ils étaient revenus à l’équilibre budgétaire en 2007; ils reviendront
à un déficit majeur. Personne ne s’inquiète du financement de ces dépenses publiques.
Or, cela se traduit par une hausse d’impôts ou par des emprunts accrus, réduisant
ainsi le niveau d’activité dans le secteur privé. Finalement, les Chinois se préparent
à remplacer les exportations et les investissements productifs, vrais moteurs
de la croissance, par la consommation intérieure et les dépenses publiques, qui
détruisent la croissance au lieu de la soutenir. Ce plan ne servira à rien ; plus vraisemblablement, il aboutira, comme tous les plans keynésiens de relance, à plus d’inflation et, finalement, à moins de croissance. Les Chinois n’ont pas été très avisés d’écouter ceux qui avaient échoué dans leurs propres pays.
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