FISCALITE : UN TITRE DE CHAMPION POUR LA FRANCE


Champion d’Europe ? Non, bien mieux : champion des 30 pays de l’OCDE, tous les pays développés à économie de marché. Les services financiers de l’OCDE viennent précisément de publier leur rapport annuel sur les recettes publiques, qui permet de comparer la pression fiscale dans trente pays.

Le résultat est accablant pour les contribuables français : ils sont de loin ceux qui payent le plus d’impôts. Mais la France est aussi le pays champion en matière de déficits et d’endettement. Ce constat rend dérisoires les modestes baisses d’impôts, et encore plus ridicules les attaques sur les « cadeaux faits aux riches » à propos du miraculeux « paquet fiscal ». Ce constat confirme aussi les résultats d’une étude menée l’an dernier par l’IREF (Institut de Recherches Economiques et Fiscales) qui établit que les hausses d’impôts et les sacrifices demandés aux contribuables n’ont jamais assaini les finances publiques, ce sont les pays les moins fiscalisés qui ont la dette la moindre et la croissance la plus rapide.

 

Huit points de prélèvements de plus que la moyenne de l’OCDE

L’OCDE vient donc de publier ses statistiques des recettes publiques et en particulier le tableau détaillé du total des recettes fiscales (c'est-à-dire des prélèvements obligatoires) exprimé en pourcentage du PIB. Ce n’est pas le seul indicateur significatif. On pourrait aussi calculer le total, qui serait encore plus élevé, des recettes fiscales par rapport au revenu national (puisque une part du PIB ne concerne pas les ménages, notamment les amortissements). Mieux encore, comme le font nos amis de Contribuables associés, l’ensemble (toujours plus élevé) des dépenses publiques par rapport au PIB (puisqu’on ajoute aux recettes fiscales les recettes non fiscales et les déficits éventuels) : cela donne une meilleure idée du poids de l’Etat. C’est ainsi que Contribuables associés calcule le jour de la libération fiscale (le 16 juillet en France) : jusque là, on travaille pour l’Etat.

La statistique de l’OCDE n’est donc pas parfaite, mais elle présente l’avantage d’être homogène, permettant des comparaisons entre pays, et de ne concerner que des pays capitalistes développés, donc économiquement comparables au nôtre. Les chiffres concernent des résultats, et non des prévisions, et portent, suivant les pays, sur 2005 ou 2006. Globalement, entre 2005 et 2006, la pression fiscale a augmenté dans la moitié des pays et diminué dans l’autre moitié : la moyenne est donc stable.

La France se situe à 44,5% du PIB (et il semble que depuis les prélèvements obligatoires aient encore augmenté). Ce chiffre doit être comparé à celui de l’ensemble de l’OCDE (36,2%) : nous sommes 8 points au dessus. Inutile d’épiloguer sur ce handicap considérable pour nos entreprises et notre économie, un véritable boulet au pied. Les pays d’Europe membres de l’OCDE sont à 38,4% : nous sommes encore à 6 points au dessus. Et l’Union européenne à 15 (sans les nouveaux adhérents) est à 39,7% : 5 points de moins que nous.

 

Seuls deux pays font « mieux » que nous !

L’Allemagne, notre premier partenaire commercial, donc notre premier concurrent, avec en outre la même monnaie que nous, est à 35,7% : 9 points de moins. Nos amis Anglais à 37,4%. Les pays d’Europe de l’Est sont bien en dessous de nous (par exemple la Slovaquie à 29,6% et la République Tchèque est à 36,7%), et ils continuent à baisser les impôts, surtout avec la flat tax. En dehors de l’Europe, le Japon est à 27,4% : 17 points de moins que nous ! Et les Etats-Unis sont à 28,2%, soit presque le même écart.

On pourrait ainsi multiplier les exemples. Certes, en cherchant bien, il y a des pays qui font pire que nous. C’est le cas de la Suède, avec 50,1%, mais ils étaient bien au dessus il y a quelques années à l’époque de la social-démocratie triomphante. De plus, ils ont un excédent budgétaire de 2,2% du PIB, ce qui leur donne une bonne marge de manœuvre pour baisser fortement les impôts. On trouve aussi le Danemark, avec 49%, mais qui vient également de loin et poursuit ses baisses d’impôts. Enfin, la Belgique est à quasi-égalité avec nous, à 44,8%. C’est tout. Il y a donc bien un problème français avec les prélèvements obligatoires.

Nous avons maintes fois analysé ce problème : plus de prélèvements, cela signifie un handicap considérable dans la compétitivité internationale et dans la mondialisation, puisque nos entreprises, par exemple, supportent des charges sociales et des impôts sur les bénéfices plus élevés que ceux de leurs concurrentes étrangères. Plus de prélèvements sur les ménages, c’est également moins de pouvoir d’achat. Tout cela, c’est ce qu’on voit.

 

Moins de prélèvements, moins de déficits, moins de dépenses publiques

Mais, pour parler comme Bastiat, il y a tout ce qu’on ne voit pas : des prélèvements plus élevés, c’est une désincitation économique : qui va travailler uniquement pour enrichir l’Etat ? Trop d’impôts détruit l’incitation à travailler, investir, entreprendre, innover, épargner, etc. C’est l’une des causes majeures de la faible croissance française, aux côtés des réglementations étatiques qui paralysent l’économie. Voilà pourquoi la baisse des taux d’imposition devrait être une priorité absolue.

Du moins pourrait-on, au prix d’un raisonnement simpliste, espérer que des prélèvements obligatoires si élevés puissent couvrir toutes nos dépenses et provoquer un excédent budgétaire. Il n’en est rien et nous sommes dans le peloton de tête pour les déficits publics et pour la dette de l’Etat. Tandis qu’un pays comme l’Espagne, avec 36,7% de prélèvements obligatoires, a un excédent budgétaire de 1,8% du PIB et un endettement de 39,9%, nous avons un déficit de 3% et une dette officielle (le montant réel est du double) de 64% du PIB.

L’étude de l’IREF montre précisément que les pays à forte fiscalité sont aussi ceux qui ont les gouvernements les plus dépensiers. Ce sont aussi des pays où les gens n’ont plus le cœur à l’ouvrage, de sorte que la croissance se traîne. La hausse des taux d’imposition détruit l’activité, donc la matière imposable.

En baissant les impôts, et surtout l’arbitraire qu’introduit la progressivité, l’activité nationale reçoit un coup de fouet, la croissance est au rendez-vous, et les excédents apparaissent. A ce point, une saine gestion conseille de profiter de l’assainissement des finances publiques pour réduire les dépenses – sans quoi on retombe dans le cercle vicieux des déficits. Mais qui veut réduire les dépenses publiques, qui veut réduire l’Etat, son appétit et son train de vie ?


Le 6 novembre 2007

 

 
   


 

 

Imprimer cette page