ENVIRONNEMENT : LA PRIVATISATION, PIRE DES SOLUTIONS ?


L’ONU vient d’apporter une contribution majeure et définitive au débat sur l’environnement : ce que nous appelons « l’écologie de marché » serait la pire des solutions.

Les arguments de ces « experts » démontrent que pour eux l’écologie n’est qu’un paravent, car le véritable but est de dénigrer l’économie de marché. Il ne s’agit que d’un nouvel habillage des thèses les plus étatiques, nouvelle version du « socialisme à visage humain ». Puisque l’Etat a été sorti par la grande porte avec la chute du mur de Berlin, le voici qui rentre par la fenêtre avec les experts de l’ONU.

 

Un rapport qui rappelle celui du club de Rome

C’est tout naturellement Le Monde qui se porte en tête du combat en relayant cette information essentielle : le marché est l’ennemi de l’environnement. Un titre à la une, avec un dessin de la mort avec sa faux, détruisant la planète, avec une usine bien polluante (et privatisée sans doute -  puisqu’il est bien connu depuis Tchernobyl que les entreprises publiques ne polluent pas).

Puis un article en page intérieure sur quatre colonnes, avec graphique à l’appui (quoi de plus objectif qu’un graphique ? Le club de Rome avait déjà les siens), sous un titre sans appel : « Selon les Nations unies, la privatisation des marchés serait le pire scénario pour l’écologie ». Le tout en page « Environnement et Sciences » : si c’est en page Sciences, c’est que c’est vrai. Voilà enfin le grand méchant marché jeté à terre, vaincu par l’écologie.

De quoi s’agit-il ? Du rapport quadriennal sur l’avenir de la planète présenté par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement). Ce rapport s’intitule GEO 4. Le point de départ est simple, résumé par Le Monde : « La crise écologique majeure que connaît d’ores et déjà la planète ».

Le rapport du PNUE actualise de nombreuses sources pour en faire une synthèse montrant la dégradation du climat, de la biodiversité, de la santé des sols, des ressources en eau. Les ressources disponibles se raréfient : 2,02 hectares de terre disponible par habitant contre 7,91 en 1900. Il ne viendrait pas à l’idée de l’ONU qu’on produit beaucoup plus sur ces deux hectares aujourd’hui qu’en 1900 sur 7,91 hectares.

 

La privatisation serait « la pire des solutions »

Le résumé du Monde est terrifiant : « l’étendue et la composition des écosystèmes terrestres « sont modifiés par les populations à une vitesse sans précédent ». Les experts insistent sur la notion de seuil : « Les effets cumulés de changements continus dans l’environnement peuvent atteindre des seuils qui se traduisant par des changements brutaux » et irréversibles. Cette idée de « points de basculement » ne s’applique pas seulement au changement climatique, mais aussi aux phénomènes de désertification, de baisse des nappes phréatiques, d’effondrement des écosystèmes, etc. ». On croirait relire le rapport du Club de Rome !

Les experts prévisionnistes entrent en scène : la poursuite des trajectoires actuelles conduit aux points de basculement. D’où une modélisation « scientifique », avec quatre scénarios : dans le premier, l’Etat s’efface au profit du secteur privé, le commerce se développe sans limites, les biens naturels sont privatisés. Dans le second, une intervention centralisée vise à équilibrer une forte croissance par un effort pour en limiter les impacts environnementaux et sociaux. Dans le troisième on privilégie la sécurité pour répondre aux désordres civils et aux menaces extérieures. Enfin « la quatrième option est celle d’une société faisant le choix de la durabilité par l’environnement et l’équité dans laquelle les citoyens jouent un rôle actif ». Compte tenu du libellé de chaque scénario, le suspense n’est pas très grand !

Le dernier scénario « apparaît préférable du point de vue social et écologique ». Par contre le premier (privatisation) « s’il assure la croissance la plus forte » (un détail sans doute) « se traduit aussi par un impact environnemental jugé insupportable, tout en générant les plus grandes inégalités. Dans ce cas l’environnement et la société se rapprochent rapidement du point de basculement, voire le dépassent ». Les scénarios deux et trois sont meilleurs que la privatisation du point de vue de l’environnement, mais ils ont quelques défauts « une intervention politique forte peut générer de la bureaucratie », un détail. Quant au N°4, il est presque parfait, puisqu’il met l’accent sur la durabilité (citoyenne), mais il exige de consacrer beaucoup de temps à la coopération entre acteurs. Nous, nous connaissons une technique de coopération qui ne demande pas beaucoup de temps, c’est le marché…

 

Une vaste opération de désinformation contre le libre marché

Nous nous retrouvons face au problème du club de Rome : quand on met dans un modèle, reposant sur une base purement idéologique (de ce point de vue une équation n’est pas neutre, elle reflète une vision de la société) des données, il en ressort ce que l’on avait mis au départ dans le modèle. C’est une simple opération de désinformation, bien relayée comme il se doit, habillée d’une pseudoscience pour allécher le gogo. Et encore, cela n’empêche pas le scénario un de conduire à la plus forte croissance : il est donc le seul qui puisse dégager les ressources nécessaires pour régler les problèmes d’environnement.

Mais quelle désinformation de croire que le marché est l’ennemi des ressources rares, alors que c’est le moyen le plus approprié pour régler cette question ! Il faut évidemment que le cadre institutionnel existe, de la liberté des contrats à une claire définition des droits de propriété. Tout ce qui est approprié ne pose aucun problème de gestion et les prix intègrent les raretés futures. Ce qui pose un problème, ce sont les biens communs à tous : leur privatisation, leur appropriation réglera la question de leur gestion optimale. ARISTOTE et SAINT THOMAS avaient déjà compris cela. Quant à l’environnement, comme le montrent les droits à polluer, seul le marché peut résoudre au mieux la question, sans réduire les libertés.

Pourquoi accorder tant d’importance à un rapport qui n’est qu’un instrument d’une opération politique de désinformation visant à décrédibiliser le marché ? Parce que demain on enseignera cela à nos enfants. Oui, « le marché est sans doute efficace, mais à quel prix ? Il est injuste, ne sait pas gérer les raretés, ne tient pas compte de l’environnement ». Il faut donc en revenir à l’Etat, à la planification, rebaptisée du nom de « rôle actif des citoyens » et « coopération». On appellera cela de « la planification décentralisée et démocratique ». Gérard BRAMOULLÉ avait raison : « la peste verte » menace en profondeur nos libertés. C’est le refuge des marxistes qui n’ont pas digéré la chute de l’URSS et du mur de Berlin.


Le 13 novembre 2007

 

 


 

 

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