LE COMMERCE MONDIAL POURSUIT SON EXPANSION


En dépit de tous les discours antimondialistes de tous les José BOVE de la planète, le commerce mondial poursuit son expansion et continue à croître plus vite que la production : les économies continuent à s’interpénétrer, pour le plus grand bénéfice de tous. C’est le commerce mondial qui soutient partout la croissance, du moins dans les pays qui en acceptent les règles du jeu. Quant à ceux qui cherchent, comme la France, à mettre des bâtons dans les roues du commerce mondial (voir les derniers épisodes concernant l’agriculture et l’OMC), ils risquent d’en subir les premiers les conséquences.

 

9% de croissance des échanges en 2004

Le directeur général de l’Organisation Mondiale du commerce (OMC), le socialiste français Pascal LAMY, vient de commenter les statistiques annuelles publiées par cet organisme. En 2004, le boom des échanges internationaux s’est poursuivi : les exportations de marchandises ont augmenté de 9% en termes réels. C’est dire que le mouvement amorcé après la deuxième guerre mondiale se poursuit depuis maintenant 60 ans : les échanges internationaux progressent beaucoup plus vite que la production mondiale.

Cela veut dire que chaque pays exporte (et importe bien entendu) une part croissante de son produit intérieur brut : l’interpénétration des économies se poursuit et nous sommes donc de plus en plus dépendants les uns des autres : c’est cela, la mondialisation. Mais comme il s’agit d’une interdépendance -chacun dépend des autres et réciproquement- nous sommes tous gagnants à ce vaste jeu des échanges mondiaux.

Pour un grand pays comme la France, ce sont plus de 25% de notre production et de notre consommation qui sont exportés ou importés, mais pour des pays plus petits, comme ceux du nord de l’Europe, la part des exportations et des importations dans le PIB dépasse les 50%, ce qui veut dire que plus de la moitié de ce qui est consommé a été fabriqué à l’étranger. Pour eux, la mondialisation est un fait sensible, observable dans les achats quotidiens.

 

L’agriculture en retard

C’est surtout le commerce de produits manufacturés qui s’est accru de 10% en 2004, alors que la production correspondante n’augmentait que de 4%. L’élasticité des exportations par rapport à la production, comme disent les économistes, est très supérieure à 1. Mais la hausse des exportations de combustibles et de produits des industries extractives a été de 5,5%, pour une production en hausse également de 4%. Il n’y a guère que les produits agricoles dont les exportations progressent à peine plus que la production (3,5% contre 3%).

Cela confirme ce que nous disions ici même il y a peu : la libéralisation des échanges agricoles n’est pas encore suffisante, loin de là, et le protectionnisme du Japon, de l’Union européenne et des Etats-Unis freine les échanges mondiaux et en particulier pénalise les pays producteurs du tiers-monde.

Une ouverture a été faite par les Américains, avec une réponse européenne encourageante, mais on sait que la France, Jacques CHIRAC en tête, a menacé l’Europe d’un veto sur cette question. Nous refusons la libéralisation des produits agricoles, au nom de la « défense » des avantages acquis de nos agriculteurs, et nous laissons ainsi les gens du tiers-monde dans la misère, en les empêchant de développer leurs exportations agricoles. Notre protectionnisme, scandaleux compte tenu des besoins immenses du tiers-monde, est inscrit dans les chiffres comparatifs cités ci-dessus pour l’agriculture par rapport aux produits manufacturés.

 

Il faut poursuivre la libéralisation des échanges mondiaux

D’un point de vue plus ponctuel, on notera que les exportations en provenance d’Asie ont augmenté en termes réels de 15% en 2004 et représentent désormais 30% du commerce mondial. Mais on notera aussi que l’essentiel des échanges se situe toujours entre pays du Nord, l’Amérique du nord et l’Europe assurent encore près des deux tiers du commerce mondial de produits manufacturés. L’Europe, à elle seule, assure 45% des exportations mondiales de marchandises. Les discours anti-mondialisation n’ont pas de raison d’être : la mondialisation a bénéficié à tous, aux plus démunis comme aux plus riches. On notera en particulier que le volume des exportations de produits manufacturés en provenance de l’Asie a augmenté de 40% entre 2000 et 2004, contribuant ainsi à la rapidité de la croissance dans ces pays. Désormais le commerce des marchandises de l’Europe avec l’Asie dépasse les échanges avec l’Amérique du nord. Et la Chine s’est hissée au troisième rang mondial pour le commerce des marchandises. Les chiffres fournis par l’indice de liberté économique 2004 sont sans ambiguïté : les pays « émergents » sont ceux qui sont les plus présents sur le marché mondial, tandis que ceux qui ont fermé leurs frontières sont les plus pauvres du monde.

Si chacun peut bénéficier ainsi de la croissance des échanges, ce n’est pas avant tout à cause de la division du travail, comme le croyait RICARDO, mais c’est parce que, comme l’explique HAYEK, les connaissances sont diverses et éparses et le commerce mondial nous permet de bénéficier de ce que les autres savent. Car l’échange est naturel à l’homme et la division du travail n’en est qu’une conséquence.

Pourtant, cet optimisme peut être tempéré à la lecture des prévisions pour 2005. L’OMC annonce un ralentissement des échanges mondiaux, qui ne devraient progresser « que » de 6,5%. C’est certes mieux que la production mondiale : la mondialisation se poursuit donc. Mais c’est moins bien qu’en 2004. Raison de plus pour être attentif aux négociations de l’OMC et pour refuser toute surenchère protectionniste, fût-elle française. C’est de libéralisation accrue dont le commerce mondial a besoin, si nous voulons dynamiser la croissance mondiale. Et ceux qui refuseraient cette libéralisation porteraient une grave responsabilité et seraient les premiers à en subir les conséquences funestes.

Le 15 Novembre 2005
 

 


 

 

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