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y avait le mythique mur de l’argent, très en vogue à certains moments de notre
histoire et accusé en 1936 d’avoir empêché les « lendemains qui chantent »
de se réaliser. Il y a maintenant le très réel mur de la dette. Ce n’est certes
pas la première fois que nous abordons ici le sujet, mais les événements se précipitent
et désormais la réalité dépasse la fiction. Le budget 2009 aura finalement un
déficit d’au moins 140 milliards, qui s’ajoute à ceux de
Même La
semaine dernière, nous avions proposé une simple mise en bouche : le déficit
de Pas
question de faire appel directement à la Cades (Caisse d’amortissement de la dette
sociale), car elle doit avoir des ressources équivalentes, ce qui nécessiterait
immédiatement d’augmenter la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale,
qui vient s’ajouter à la CSG) : pas très populaire après la création de la
taxe carbone et juste avant des élections régionales. On fera donc appel à la
Caisse des dépôts, « bras financier de l’Etat », qui finance déjà les
HLM, les équipements locaux et le fonds souverain à la française. Il est vrai
qu’elle puise ses ressources sur le livret A, mais elle devrait se méfier :
avec un taux à 1,25%, l’épargnant pourrait être tenté d’aller voir ailleurs. Et
la caisse a annoncé la couleur : elle ne prêtera pas plus de 31 milliards
à la Sécu et à des taux élevés, d’où de nouvelles charges financières qui creuseront
encore le déficit social. Mais
le reste ? Voici l’extraordinaire : l’Etat permet à
140 milliards de déficit du budget en 2009 Passons
au plat principal : le budget de l’Etat. A vrai dire, on ne sait plus très
bien où on en est. Le déficit était déjà très élevé ; on y a ajouté les dépenses
du plan de relance et voici maintenant, avec la récession, le chute des recettes.
Le ministre du budget annonce un déficit de 140 milliards pour le seul budget
de l’Etat pour 2009. Comme les dépenses du budget général sont de 280 milliards,
on voit que le déficit est égal à la moitié du budget. Quand l’Etat prélève 100
il dépense 150 ! La
loi de finance initiale pour 2009 (avant le plan de relance) prévoyait environ
52 milliards de déficit ; on admirera la performance. Ce qui nous rassure
tout à fait pour 2010. En effet, le même ministre du budget, Eric Woerth, annonce
un déficit de 115 milliards ; on verra ce que votera dans quelques semaines
le parlement dans la loi de finances ; mais si on part pour 2010 sur 115
milliards, on n’ose pas prédire le chiffre à l’arrivée si on renouvelle la belle
performance de 2009. Mais bien sûr chacun sait que grâce à cette habile politique
de relance, la croissance sera là et les recettes fiscales avec…On peut toujours
rêver. Pour
l’instant, avec un déficit égal à la moitié du budget, plus celui de Pour
l’instant, du moins en zone euro, ces déficits ne peuvent pas être financés, en
tous cas pas directement ni officiellement, par création monétaire : Mais
pour l’essentiel, surtout en Europe, ces déficits se traduisent par des emprunts,
donc par la hausse de la dette publique. Là encore, les compteurs tournent si
vite qu’on n’arrive pas à lire les chiffres. Début 2009, on en était déjà à 1400
milliards, soit 73% du PIB. On va donc arriver l’an prochain, avec les nouvelles
dettes, à beaucoup plus de 1600 milliards, soit 80% du PIB. Nous n’osons pas regarder
au-delà de Tout
cela pour quoi ? On a encore dans l’oreille le beau discours présidentiel
sur le choix de la relance par l’investissement : les nouveaux emprunts seraient
différents des précédents, car ils prépareraient l’avenir. Mais dans l’état actuel
des finances publiques, on s’endette tout simplement pour payer les dettes antérieures
et pour financer les dépenses courantes, à commencer par les salaires des fonctionnaires.
Etrange façon de préparer l’avenir.
Le seul remède : rompre avec l’omniprésence de
l’Etat Comment
démolir le mur de la dette ? C’est
la seule question importante : car c’est facile d’accumuler les déficits
depuis 1974 (dernière année d’équilibre budgétaire) et de faire de la cavalerie
en empruntant pour rembourser les dettes antérieures, il faudra bien un jour payer
la facture, c'est-à-dire rembourser. D’où
la suggestion aberrante de ceux qui veulent noyer la dette dans l’inflation, A
supposer que la Banque Centrale Européenne se prête à ce jeu, ce serait un suicide
collectif dans une économie mondialisée, car l’inflation est la meilleure machine
à détruire une économie. De plus elle repose sur le vol des épargnants et ruinerait
un Français sur deux. Soyons
plus terre à terre : la dette publique, c’est 25 000 euros par Français
actuellement, environ 60 000 euros par ménage ou 100 000 pour une famille
avec deux enfants : joli cadeau de la part de l’Etat pour la génération qui
vient. De quoi plomber durablement notre économie. Or
le seul espoir d’amortir la dette est d’accélérer la croissance, et de consacrer
le surplus de performances des Français à ce remboursement. Pour cela il faut
non pas augmenter les impôts, comme on commence à le dire avec insistance, mais
au contraire les diminuer : c’est ce que les Allemands n’ont cessé de faire,
et vont amplifié encore au cours des prochains mois. La seule issue est celle
d’un bond en avant de l’économie, grâce à une totale libération des forces vives
de la nation aujourd’hui étouffée par la fiscalité, la réglementation (et notamment
le droit du travail) et les syndicats. La dette est la rançon du laxisme généralisé, de la redistribution aveugle, du surdéveloppement du secteur public, de la démagogie. Démolir le mur de la dette c’est rompre avec l’omniprésence de l’Etat , et retourner enfin à l’économie de libertés. Jean-Yves Naudet
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