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EUROLAND : Qui
en fin de compte paiera les milliards d’euros engagés par les Etats
de l’Euroland pour éponger les créances douteuses des financiers imprudents
et irresponsables ? Avant de s’inquiéter de la récession mondiale
les bourses avaient réagi positivement à l’accord européen sur la sortie
de crise. Cet accord s’est fait sur un principe : les Etats interviendront
sur les marchés financiers. Mais les modalités de cette intervention
n’ont pas fait l’unanimité. D’un côté les Français souhaitaient assouplir
voire suspendre les critères de Maastricht, de l’autre Messieurs Junker
et Barroso n’ont pas accepté « la sortie en dette ». Voici
donc Or, parmi les critères de Maastricht, deux sur cinq
devraient nous dissuader de choisir cette politique : la limitation
du déficit budgétaire à 3%, et le montant de la dette publique qui ne
devrait pas excéder 60% du PIB. Nous avons déjà percé ce plafond, et
tout déficit entraînant dette supplémentaire, autant dire que Certains critères
sont–ils encore valides ? Au départ, lors du traité de Maastricht, et dans la
perspective de la future monnaie unique, cinq critères avaient été fixés,
pour sélectionner ceux qui seraient jugés dignes de participer à l’euro.
On avait d’ailleurs fermé les yeux sur bien des dérapages, car il y
aurait eu peu d’élus ! Plus tard, ces critères ont été repris pour
le pacte de stabilité en Europe, toujours en vigueur, et s’applique
donc à tous les pays de l’Euroland. Certains de ces critères sont obsolètes depuis la mise
en place de l’euro : le maintien de la parité de chaque monnaie
dans une marge de fluctuation (élargie à 15%), ou le niveau des taux
d’intérêt (fixé désormais par Assouplir
la règle du déficit ? Restent donc les deux critères qui concernent le déficit
public et la dette publique. Le premier critère, celui du déficit public,
choisit un chiffre de 3% qui n’a aucune justification scientifique et
la plupart des économistes le jugent beaucoup trop élevé. On se souvient
qu’au moment de la révision constitutionnelle un amendement prévoyant
l’interdiction des déficits budgétaires avait été écarté. Toute autre
situation suppose soit que l’on augmente les impôts pour « assainir
les finances publiques », soit que l’on fasse vivre le pays à crédit,
avec les dépenses d’intérêt qui accroissent encore l’endettement, et
finissent ultérieurement par des impôts pour rembourser les emprunts.
On sait qu’aujourd’hui le « service de la dette » est le deuxième
poste des dépenses de l’Etat (après l’Education Nationale, il représente
16% du budget). Il est de plus fondamentalement malsain de reporter
sur les générations futures le résultat de l’incurie actuelle. Voilà
pourquoi l’Europe en avait pris conscience et Bruxelles avait demandé
à chacun de rétablir l’équilibre en 2009, ce qu’a fait une majorité
de pays. Le vrai but :
une relance keynésienne et une hausse des dépenses de l’Etat Qui souhaite alors un assouplissement de ce critère ?
Les pays, comme Quant au critère qui concerne la dette publique (cumulée
donc, résultat de tous les déficits annuels successifs), assouplir le
critère permettrait de continuer à s’endetter pour financer les déficits
nouveaux. Ce critère est donc lié au précédent et supprimer les déficits
permettrait peu à peu de réduire la dette; accroître les déficits augmenterait
mécaniquement celle-ci. La encore, le critère des 60% n’a aucune justification
scientifique ; mais ce qui est sûr, c’est que l’assouplir, c’est
aller dans la mauvaise direction. Le débat sur l’assouplissement des critères de Maastricht,
qui, en eux-mêmes sont discutables, masque mal en réalité les véritables
questions : veut-on revenir au keynésianisme en utilisant des déficits
accrus pour combattre la récession, alors qu’il a échoué partout, et
veut-on recourir à l’Etat, via les finances publiques, pour régler la
crise financière ? Tel est le véritable enjeu. Si l’on s’en tient
à la réunion des 27 membres de l’Union Européenne (et pas seulement
des pays de l’Euroland) qui s’est tenue mercredi dernier à Bruxelles,
il existe une forte opposition à un « plan de relance » européen.
La République Tchèque et son président Vaclav KLAUS, qui succèdera à
Nicolas SARKOZY en janvier prochain, ne veulent pas d’un retour aux
errements keynésiens.
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