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L’ECONOMIE FRANCAISE EN PANNE Nous avons certainement lassé nos lecteurs
en répétant depuis des mois que l’économie française allait droit dans
le mur, faute de quelque réforme de nature à assainir les finances publiques
et à libérer les Français qui veulent entreprendre, travailler et épargner.
Dans le mur, nous y voici, c’est officiel : tous les indicateurs
sont au rouge dans l’économie française, et le dernier à y être passé
est celui du chômage. Bien sûr,
nos dirigeants ont l’habileté de mettre la conjoncture au débit de la
crise mondiale, mais les indicateurs se sont dégradés bien avant les
derniers événements et justifiaient nos mises en alerte depuis longtemps.
Ainsi, la crise financière va-t-elle atteindre une économie plus fragile,
plus vulnérable que les autres. Moins de 1% de croissance Pour la première fois, le gouvernement
a reconnu, à l’occasion de la présentation du projet de loi de finances
dont nous avons parlé la semaine dernière, le caractère erroné de ses
prévisions précédentes de croissance. Le budget 2008 avait été construit
sur une hypothèse de croissance supérieure à 2% ; on sera finalement
à 1%, selon les chiffres gouvernementaux ; certains craignent même
pire, car le second trimestre a connu une croissance négative (-0,3%)
et l’INSEE annonce -0,1% pour chacun des trimestres suivants :
la récession est donc bien là. On sera donc en dessous des 1% en 2008. Qu’en sera-t-il en 2009 ? Le projet
de budget avait retenu l’hypothèse d’une croissance du PIB comprise
entre 1 et 1,5% ; mais ce chiffre est maintenant démenti par le
gouvernement lui-même, qui recadre le budget sur l’hypothèse minimale
de 1%, ne croyant même pas à ses propres prévisions. Pour les 16 instituts
de conjoncture privés consultés, ce sera 0,8% ; certains, comme
BNP Paribas ou la CPE prévoient 0,5%. Et le FMI anticipe une croissance
nulle en Europe. L’évolution des marchés financiers n’est pas davantage
rassurante. Les autres indicateurs en sont au même
point. Les dépenses de consommation, mesurées sur un an, ont pour la
première fois depuis 1997 reculé en août 2008. Le textile à lui seul
a reculé de 4,3%. Le pouvoir d’achat est en berne, même si le gouvernement
s’accroche à l’hypothèse d’une hausse de 1% du pouvoir d’achat du revenu
disponible, mais il sous-estime l’inflation et les impôts. On peut parler
de stagnation du pouvoir d’achat. Quant à l’investissement des entreprises,
le gouvernement pense qu’il progressera de 2%, ce qui est très faible
compte tenu du recul antérieur, mais on sait que les prévisions d’investissements
se corrigent en général à la baisse au fil de l’année : partir
d’une prévision de 2% signifie qu’à l’arrivée, ce sera sans doute une
décroissance des investissements. Inflation et déficit extérieur Que dire du front monétaire ?
Pour l’instant, la hausse des prix en France est de 3,2% (douze mois
se terminant en août). Le gouvernement table sur un ralentissement à
2,9% pour l’ensemble de l’année 2008, puis à 2% en 2009 : tout
son budget est construit sur cette hypothèse. Cela nous semble très
optimiste. Cette prévision repose sur des hypothèses hasardeuses, comme
un baril de pétrole à 100 dollars et un euro à 1,45 dollar. Mais surtout
cela n’intègre ni le dérapage du déficit budgétaire, ni le dérapage
de la masse monétaire (M3) dans la zone euro, en raison du laxisme récent
de la BCE. Ce serait bien la première fois dans l’histoire monétaire
qu’une baisse des taux et un gonflement des liquidités ne déclancheraient
pas une inflation ouverte. Le commerce extérieur, indice de notre
compétitivité, est aussi mal en point. Le gouvernement annonce pour
2008 un déficit historique de la balance commerciale de 49,8 milliards
(contre 39,3 en 2007) et sa stabilisation en 2009 à 49 milliards d’euros.
Les exportations françaises stagnent et ne jouent aucun rôle de moteur
de la croissance, contrairement à ce qui se passe chez nos voisins allemands.
Il est particulièrement alarmant que notre déficit soit si lourd dans
nos échanges avec les autres pays de la zone euro. Ce n’est donc pas
le seul renchérissement de l’énergie et des matières premières qui est
en cause : c’est que nos entreprises sont dans une mauvaise posture
à cause de leur environnement social, fiscal et réglementaire. Le chômage explose La mauvaise posture des entreprises
françaises a sa traduction en termes d’emploi. Dans cette conjoncture
de « croissance molle » comme le dit avec élégance Madame
LAGARDE, les bulletins de victoire brandis naguère par le gouvernement
sont rentrés dans les poches. Jusqu’à présent, le taux de chômage officiel
ayant effectivement diminué à 7,2% de la population active, les remontées
ponctuelles du chômage étaient présentées comme des accidents de parcours.
En réalité, comme nous l’avons toujours soutenu, l’amélioration était
purement arithmétique : la population active recule et donc mécaniquement
le taux de chômage calculé par le rapport entre population employée
et population active diminue. Le seul indice significatif est la
création d’emplois ; une fois épuisé l’effet à court terme des
embauches subventionnées, les emplois nouveaux ont diminué. Pour la
première fois depuis cinq ans, il y a eu destruction nette d’emplois
au second trimestre 2008 (35 000 en tout). Les résultats du chômage
pour août, connus le dernier jour de septembre, sont « très mauvais,
beaucoup plus que ceux que l’on avait avant » a reconnu le secrétaire
d’Etat à l’emploi. Certains parlent d’une explosion du chômage, puisqu’on
comptabilise 41 300 chômeurs de plus en un seul mois ! Du jamais
vu depuis 1993. De son côté, Eurostat annonce un bond du taux de chômage
de 7,2% à 8%. Le bilan n’est donc pas flatteur au
vu de ces chiffres parus ces jours-ci mais qui décrivent la situation
d’il y a un mois ou deux. La conjoncture internationale ne peut qu’aggraver
la situation. Au prétexte (sollicité) de la crise financière, le gouvernement
s’engage à « débloquer » 21 milliards pour les PME. Où va-t-il
les prendre ? L’aide de l’Etat c’est ce que l’on voit. Les ponctions
qui la financent et l’argent qu’on prendra au contribuable et au consommateur,
c’est ce que l’on ne voit pas – Bastiat a toujours raison. En fait l’économie française est malade
de ses finances publiques. Le budget pour 2009, commenté ici la semaine
dernière, résume la situation : plus de déficits, plus de
dépenses, plus d’impôts. Mais nos politiciens cherchent la « sortie
de crise » ailleurs : retour à l’économie dirigée. Nous le
disons une fois de plus : l’Etat n’est pas la solution, c’est le
problème.
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