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IL Y A RELANCE ET RELANCE… A la suite et peut-être à cause de
la crise financière la récession semble inquiéter les gouvernements
de la plupart des pays développés. Certains s’interrogent sur la nécessité
ou l’opportunité d’une relance. Les Echos ont d’ailleurs titré à la
une « Les pays développés face au choix de la relance ». Des
plans ont déjà été mis en œuvre (Etats-Unis) ou récemment proposés (Japon,
Asie du nord-est en général, Grande-Bretagne, Espagne…), pendant que
d’autres, comme la France, excluent tout plan. En fait, la confusion
est à son comble, car il y a relance et relance : les plans de
relance par la demande sont voués à l’échec, les plans stimulant l’offre
sont au contraire source de redressement. Du Japon à la Corée du sud Nous l’avons dit dans nos Lettres précédentes :
le ralentissement de la croissance est sensible, mais loin d’être général.
La croissance reste forte dans la plupart des pays émergents, même si
elle est un peu moins élevée que l’an dernier ; on est proche de
la récession en Europe ou au Japon ; le cas des Etats-Unis est
un peu à part, puisque les derniers chiffres sont encourageants, peut-être
en raison du plan BUSH. Il est normal que les pays les plus
touchés se préoccupent des moyens de faire repartir l’économie. Le cas
du Japon est intéressant : après une croissance négative au second
trimestre, un plan de relance de 73 milliards d’euros a été présenté.
Certes, quelques jours plus tard, le premier ministre démissionnait,
mais le nouveau gouvernement gardera sans doute la même ligne. On y
trouve un peu de tout : des baisses d’impôts pour les ménages modestes
(donc probablement dans l’idée de stimuler la consommation), des aides
sectorielles ciblées, par exemple pour les routiers ou les taxis, preuve
d’un dirigisme certain, des mesures incitatives pour l’énergie solaire,
mais pour l’instant pas de subventions directes - déficit budgétaire
oblige ! L’ensemble est assez confus, sans ligne directrice, avec
d’un côté des actions ciblées et des mesures visant la demande, et de
l’autre des aides à l’emprunt des PME, qui concernent plutôt l’offre. Toujours en Asie, la Corée du sud annonce
un plan de relance de 12,1 milliards d’euros. Mais ce pays donne la
priorité à une baisse de la fiscalité, venant après une première réduction
de la taxe sur les produits pétroliers. Commentaire des Echos :
« Le gouvernement, fidèle à son credo libéral, va diminuer ses
recettes en procédant à d’importantes baisses d’impôts » (ce qui
prouve que même un journal comme les Echos ne comprend guère l’effet
LAFFER, puisque la baisse du taux de l’impôt provoque à terme une hausse
des recettes fiscales). Le barème de l’impôt sur le revenu
baissera de 2 points et le taux le plus élevé passera de 35%
à 33%. L’impôt sur les sociétés ne pourra excéder 20% contre 25% actuellement.
L’impôt maximum sur les successions passe de 50% à 33%. On est ici dans
la logique de la reprise par l’offre, la baisse des impôts visant à
modifier les comportements en incitant à produire. De la Chine à l’Espagne, en passant par l’Angleterre et les Etats-Unis D’autres cas sont plus nuancés. La
Chine s’interroge, alors que sa croissance restera aux environs des
10% (certes, un point ou deux en dessous de la tendance précédente).
Elle accentue la manipulation de sa monnaie, le freinage de la hausse
du yuan visant à soutenir les exportations. Mais la presse laisse entendre
qu’un plan de 40 milliards d’euros serait proposé, partie en investissements
(publics ?), partie en baisse d’impôts, partie en desserrant le
crédit, ce qui pourrait accélérer l’inflation. Pour sa part, la Grande-Bretagne refuse
tout plan d’ensemble, mais a annoncé un milliard de livres pour secourir
le marché immobilier et les familles menacées de devoir vendre leur
maison. Le plan est modeste et sectoriel, plutôt interventionniste,
empêchant les ajustements de marché de se produire dans l’immobilier.
Mais une partie du plan passe par le gel des droits de mutation, donc
une baisse d’impôt et aussi par des prêts à taux zéro. N’oublions pas
non plus l’Espagne, avec des baisses d’impôts et la suppression de l’impôt
sur la fortune, mais aussi des facilités de crédit et la construction
de logements sociaux. Enfin nous ne reparlerons pas des Etats-Unis,
évoqués la semaine dernière, mais on sait que le plan BUSH est passé
par des baisses d’impôts, ou plutôt par des remboursements : c’est
donc plutôt une action sur l’offre, quoique ambiguë, car une baisse
des taux aurait été préférable. OBAMA, bien entendu, aurait préféré
des subventions, donc des dépenses publiques en plus. Stabiliser les plans de stabilisation Tout cela reflète une totale confusion.
Souvent, le dirigisme n’est pas loin, notamment quand on met en place
des politiques sectorielles, donc interventionnistes. Ensuite, beaucoup
ont encore à l’esprit l’idée que c’est la demande qui mène l’économie
et certains plans flirtent dangereusement avec un keynésianisme que
l’on croyait oublié. C’est l’idée qu’en distribuant de l’argent en remboursement
d’impôts ou en subventions, on va relancer la consommation, donc la
demande. Bien sûr, cela fera exploser le déficit budgétaire, relancera
l’inflation, et n’aura aucun impact sur la croissance. On sait où cela
nous a menés dans les années 70. La seule solution sérieuse porte sur
les baisses d’impôts et plus précisément des taux d’imposition comme
en Corée du sud. Cela vise à stimuler les initiatives individuelles,
en incitant au travail, à entreprendre, à investir, etc. Nous avons
expliqué cela il y a quinze jours dans le cas français. Mais il y en
encore deux autres éléments majeurs. Le premier, c’est qu’il faut abandonner
ce qu’il y a derrière la plupart de ces plans : des politiques
conjoncturelles. FRIEDMAN avait déjà dit il y a trente ans que l’urgence
était « de stabiliser les plans de stabilisation ». Il ne
s’agit donc pas d’avoir une politique conjoncturelle pour répondre à
un mouvement ponctuel, mais une politique durable : l’idée même
de plan est donc dangereuse, car un plan est toujours suivi d’un plan
en sens inverse. Le dernier élément, c’est que si tout
cela est important, ce n’est pas l’essentiel, comme le montre le cas
américain. Ce qui compte, c’est la dimension structurelle de l’économie
et donc les réformes de fond. L’ouverture des frontières, la concurrence
extérieure et intérieure, les privatisations, le recul de l’Etat, la
baisse des dépenses publiques, la liberté des prix, plus généralement
toutes les libertés économiques : voilà les meilleures armes d’une
reprise économique durable.
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