LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT

FONT LA COURSE EN TÊTE

 


Royaumes de la désinformation économique : les pays en voie de développement. La cause est entendue : ils sont ruinés par la mondialisation et les écarts avec les pays riches ne cessent de s’accroître.

Les libéraux ne sont pas écoutés quand ils soutiennent le point de vue contraire, et pourtant les faits sont là, et les évidences statistiques sont criantes. C’en est au point que la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement), qui ne passe pas pour un think tank libéral (pas plus que le FMI ou l’OMC) vient de déposer un rapport sans nuances : depuis le début des années 70 jamais la situation économique n’a été aussi favorable dans les pays en développement. C’est justement la mondialisation qui a permis cette croissance sans précédent et qui sort peu à peu des peuples entiers de la misère. Comme nous ne cessons de le répéter et suivant l’analyse scientifique rigoureuse, c’est la liberté économique qui assure le développement. 

 

Jamais la conjoncture n’a été aussi favorable aux PVD

Le rapport annuel de la CNUCED n’a pas eu beaucoup d’échos dans la presse française, en dehors d’une excellente analyse dans Les Echos et d’une présentation fort peu objective dans Le Monde. On y trouve pourtant des informations très intéressantes. L’article des Echos résume fort bien le rapport : « Jamais, depuis le début des années 1970, la conjoncture n’a été aussi favorable aux pays en voie de développement (PVD) ».


Non seulement ces pays profitent au maximum de la croissance mondiale qui se produit depuis 2002, mais encore ce sont eux qui jouent le rôle moteur dans la croissance, puisque en moyenne leur taux de croissance est deux ou trois fois supérieur à celui des pays développés. En 2007, la croissance sera au total de 6,4% en moyenne dans les PVD, contre 2,4% pour les pays développés (et 1,8% seulement en France, qui fait la course en queue de peloton). Il n’y a que deux pays du « tiers-monde », comme on ne devrait plus dire d’ailleurs, dont le Zimbabwe (qui s’enfonce dans la dictature marxiste), dont le PIB a reculé.

Mieux encore, car il ne faut pas juger sur une seule année, entre 2003 et 2007, le produit intérieur brut des pays qu’il faut appeler maintenant émergents a progressé de 30% contre 10% seulement pour les pays les plus riches (le G7). Ce n’est donc pas, contrairement à ce qu’on dit, quelque chose de limité à la Chine et à l’Inde, mais bien un phénomène qui touche tous les continents, même si l’Asie se développe plus vite que l’Afrique ou l’Amérique latine.

 

Le rôle du commerce mondial

Pendant des années on nous a rebattu les oreilles avec « la dégradation des termes de l’échange ». Les pays exportateurs de matières premières se feraient piller par les pays riches. Aujourd’hui on constate d’abord que le prix des matières premières a fait des bonds considérables, ensuite que les pays « pauvres » exportent bien d’autres produits que des « matières premières ».

En réalité, on observe un redressement spectaculaire de la balance commerciale de ces pays, ce qui est au moins le signe d’une amélioration de compétitivité. En moyenne, leur balance commerciale est désormais équilibrée ; les comptes courants sont en excédent, alors qu’ils étaient fortement déficitaires il y a dix ans. Plus intéressant encore, le poids global des pays en développement dans le commerce mondial est passé de 29% en 1996 à 37% aujourd’hui ; en valeur, leurs exportations ont doublé en huit ans et celles du G7 n’ont augmenté que de moins de 50% : c’est bien le commerce international qui tire la croissance de ces pays. Quant aux investissements dans ces pays, ils ne cessent de progresser. Ces pays investissent même dans les pays occidentaux et donc ne manquent pas d’épargne.

Il est vrai que la CNUCED met un bémol à ces nouvelles. Si une récession devait se produire dans les pays riches, cela se répercuterait sans doute sur les pays en développement, ce qui amène Le Monde à titrer « Les pays pauvres sont exposés à un retournement de la conjoncture » et qui permet à ce journal de ne pas titrer sur les bonnes nouvelles. Mais ce n’est pas une découverte; tout pays est exposé à un retournement de la conjoncture, surtout dans une économie mondialisée où les pays sont liés les uns aux autres. Mais la mondialisation a l’avantage d’amortir aussi et de rendre moins importants les retournements de conjoncture, les échanges internationaux soutenant la croissance. De plus, les échanges entre pays émergents se développent de plus en plus, créant une authentique globalisation.

 

Seules les institutions de la liberté permettent le progrès économique

Évidemment, les bonnes âmes soutiennent que le prix à payer serait un accroissement scandaleux des inégalités. De quelles inégalités ? S’agit-il de l’écart pays développés et pays émergents ? La croissance est deux ou trois fois plus rapide chez ces derniers : les écarts donc se resserrent (en termes de revenu par tête ils sont passés depuis 1980 de 1 à 23 à 1 à 18). S’agit-il des écarts de revenus à l’intérieur des pays considérés ? Il est certain que les classes moyennes et aisées se développent encore plus vite, le progrès se diffusant peu à peu à tous les groupes sociaux. Le rattrapage est progressif mais réel.

Comment expliquer cette croissance sans précédent ? La réponse est double : il y a d’abord le rôle des échanges internationaux : le commerce, fait de services réciproques, est la meilleure forme d’aide au développement : c’est un système gagnant/gagnant. C’est la mondialisation et donc la multiplication des échanges qui booste la croissance.

Il y a ensuite les conditions internes : les seuls pays qui sont à la traîne sont les pays les plus étatistes (à commencer par les pays marxistes) et les pays en guerre : comme le montrent les indices de liberté, le développement est affaire d’institutions (plus la liberté économique est grande, plus la croissance est rapide) et nécessite un état de droit (sans stabilité politique et juridique, il n’y a pas de droits de propriété et de contrats efficaces). Comme toujours, c’est la liberté et ce sont les institutions de la liberté qui permettent le progrès économique.

Le 25 septembre 2007
 

 
   


 

 

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