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« JE NE
FERAI PAS UNE POLITIQUE DE RIGUEUR » C’est Jean-Pierre RAFFARIN qui
s’exprime ainsi, et on respire : cela signifie qu’on continuera à
maintenir les effectifs des fonctionnaires, et que l’argent du contribuable
sera largement dispensé aux budgétivores de toutes sortes. Réformer l’Etat
certes, mais sans le faire maigrir : ce n’est pas le moment !
Comprenne qui pourra : les uns pensaient que la création de l’Euro
impliquerait une discipline budgétaire nouvelle, les autres rêvaient de
voir les impôts et les dépenses publiques diminuer, tous se trompaient.
3,5% de déficit en 2003 Se trompaient donc ceux qui pensaient que la France allait respecter ses engagements européens. Les souverainistes seront heureux : on efface Maastricht et Amsterdam, car, disent maintenant nos ministres « les critères sont à revoir ». En 2002 le dérapage du déficit public a été déjà considérable. Les chiffres définitifs vont être officiellement transmis à Bruxelles début mars. Pour l’instant, l’INSEE estime le déficit en 2002 entre 2,99% et 3,1% du PNB. Vraisemblablement le fameux critère des 3% fixé dans le traité de Maastricht n’aura pas été respecté. La Commission européenne a déjà fait savoir qu’elle était prête à lancer une procédure contre la France, procédure d’ailleurs automatique dans ce cas. Mais cela n’est encore rien en comparaison de ce qui nous attend. Notre confrère le Monde fait état de prévisions confidentielles dont disposerait le gouvernement, et qui ne seraient révélées que dans quelques semaines. Ces prévisions portent sur 2003 et 2004. D’un côté le déficit déraperait brutalement, passant pour chacune de ces années à 3,5%. Cette fois, le critère de Maastricht est totalement enfoncé. Cela n’a pas empêché le gouvernement français de confirmer tout récemment à Bruxelles qu’il peut s’engager sur une maîtrise des déficits budgétaires, en avançant les chiffres de 2,6% en 2003 et de 2,1% en 2004. Mais un autre critère de Maastricht serait lui aussi mis en cause dans ces prévisions. Il s’agit de l’endettement total du secteur public français. Rappelons les chiffres actuels : cet endettement s’élève en 2002 à environ 900 milliards d’euros, soit à peu prés 6000 milliards de francs : cela représente 15 000 euros (100 000 francs) de dette par Français, et 59% du PIB. Or la limite autorisée par les traités européens est de 60%. Comme les dérapages budgétaires vont conduire à de nouveaux emprunts, le gouvernement devrait, toujours selon ces prévisions, porter cet endettement à 62% du PIB. La France ne respecterait plus non pas un mais deux des critères européens. La Commission européenne fera donc connaître avec vigueur sa désapprobation. C’est ici que se pose une première
question : comment le gouvernement peut-il faire semblant de respecter
les engagements de la France vis-à-vis de l’Union Européenne alors qu’il
sait pertinemment qu’il les viole déjà, et les violera encore ? Cette
apparente contradiction peut être résolue, et Francis MER ne manque pas
d’un tour dans son sac : c’est, dit-il, que les critères ont été
établis dans une conjoncture de croissance européenne, et ne sont plus
adaptés à la nouvelle donne. Double incohérence : d’un côté la rigueur
des finances publiques est d’autant plus nécessaire qu’on est en crise
et c’est une inconscience keynésienne que de vouloir lutter contre le
chômage en augmentant les dépenses publiques, d’un autre côté pourquoi
continuer à feindre de respecter les critères si on pense qu’ils sont
mauvais ? Pas de véritable baisse d’impôts Se trompaient encore les contribuables qui faisaient confiance à ce gouvernement pour réduire les impôts . Pour réduire les déficits, on aurait pu adopter la méthode JUPPE : accroître les impôts. Mais le Premier Ministre affirme qu’il n’en sera rien et qu’il n’ira pas à rebours des engagements de baisse du Président de la République. Voilà qui est bien, mais voilà aussi une nouvelle promesse fallacieuse. En effet, en apparence, l’impôt sur le revenu a été réduit de 5% en 2002, mais de 1% seulement en 2003 : premier reniement. Mais surtout on sait que cette baisse a été compensée par des hausses d’autres prélèvements obligatoires, que ce soit des impôts locaux ou encore des charges sociales (comme les cotisations de l’assurance chômage). Et l’on envisage, sans trop le dire, une augmentation de la CSG, comme si elle n’était pas un prélèvement obligatoire… A nouveau le gouvernement s’en
sort par une pirouette, et nous joue le grand air de la crise. On entend
Philippe AUBERGER, rapporteur de la loi de finances, affirmer péremptoirement :
« Les baisses d’impôts doivent être proportionnelles à la croissance ».
C’est là l’erreur fondamentale. La science économique nous enseigne l’inverse :
c’est la croissance qui est proportionnée aux baisses d’impôts. Et si
la politique d’Alain JUPPE a échoué en 1997, c’est que la hausse du taux
de l’impôt a fait s’effondrer la croissance et que les recettes fiscales
ont été ainsi taries, en même temps que la création d’emplois. Nous sommes
les seuls à avoir encore un taux marginal (en tenant compte de la CSG)
largement supérieur à 50% (plus de 49% de taux d’impôt plus 10% de CSG-CRDS).
Va-t-on continuer à serrer la vis fiscale tandis que l’Etat se laisse
aller ? Rendre l’argent aux Français Toutes ces tromperies et ces erreurs naissent de la fausse idée que c’est en renforçant l’intervention de l’Etat et en distribuant de l’argent public que l’on surmonte une crise. Alain LAMBERT, secrétaire d’Etat au budget, a déclaré au Figaro : « Il ne faut pas compenser les moins values fiscales par de nouvelles coupes dans les crédits afin de ne pas précipiter l’économie française dans la récession ». J.P.RAFFARIN confirme :« Ce n’est pas lorsque la croissance est incertaine qu’il faut serrer plus que nécessaire les dépenses ». Dans ces conditions, on comprend pourquoi la hausse des dépenses prévue dans le budget 2003 (1,2% en volume) est la plus forte depuis 1997 : la majorité nouvelle a plus augmenté les dépenses que le gouvernement JOSPIN. Et la dérive des dépenses sociales est aussi grande. Nos gouvernants actuels, comme naguère les socialistes, en
sont restés à la politique du « pouvoir d’achat »: on prend
l’argent dans la poche de ceux qui l’ont bien gagné pour le mettre dans
la poche des parasites. Ils n’ont pas compris que la seule façon de s’en
sortir est de rendre l’argent aux Français qui l’ont mérité, et de réduire
d’autant le train de vie de l’Etat et de ses prébendiers.
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