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| Jacques Garello a commenté (« Du
jamais vu ») le fameux sommet du G20, avant que Le FMI seul vestige de Bretton-Woods Tous nos confrères d’accord :
« Le FMI acquiert un rôle central et gagne des moyens considérables »
(Les Echos) ; « Le Fonds monétaire international placé au centre de
la régulation mondiale » (Le Monde) ; « Le FMI sera le pilier de
la relance économique mondiale » (Le Figaro). Du coup, DSK a été la vedette
de la semaine qui a suivi le G20 : interviews dans tous les journaux, hausse
dans les sondages ; il va sauver le monde, tel Superman, et, lorsqu’il aura
fini, en 2012, il viendra sauver Le FMI existe depuis 1944 et les accords
de Bretton-Woods ; c’est la seule survivance de ces accords monétaires. Il
est représentatif de ces grandes bureaucraties internationales, fournissant du
travail et des revenus élevés aux bureaucrates (2 400 salariés). Il est sensé
fixer les règles du jeu du système monétaire international, mais en réalité, surtout
dans un système de changes flottants, il ne contrôle rien du tout : sa seule
vraie décision, le 1e avril Certes, il reçoit des cotisations des
membres (des quotas), et accorde des aides financières, non pour le développement,
mais pour aider à passer un cap difficile (comme un déficit des paiements, un
besoin de devises) ; il accompagne ses « aides » de conditions
sur le redressement du pays : les gouvernements du tiers-monde mettent leurs plans
d’austérité sur son
dos, pour ne
pas « Le seul inconvénient est le risque inflationniste » Le « budget » du FMI est
environ de 250 milliards. Après le G20, ses ressources vont tripler, passant à
750 milliards. Une partie viendra d’emprunts, sous forme bilatérale, fournis par
le Japon et l’Europe essentiellement (100 milliards chacun) : encore de l’argent
mis artificiellement en circulation. Jacques Rueff parlait déjà il y a 50 ans
« des plans d’irrigation pendant le déluge ». Il pourra aussi vendre
son or (403 tonnes), ce qui risque de faire chuter les cours et de diminuer les
recettes. Il y aura aussi 250 milliards de « nouveaux apports d’emprunts »
provenant de 26 pays créditeurs : toujours des liquidités. Des pays comme
A ces 750 milliards, il faut ajouter
une création purement artificielle : 250 milliards de DTS en plus, monnaie
de réserve créée de toutes pièces en 1967, reposant sur un panier de devises.
Certains, comme les Chinois, rêvent de voir les DTS remplacer le dollar, mais
les sommes sont faibles par rapport aux dollars en circulation et les DTS ont
tous les défauts du constructivisme : création purement fictive ne reposant
sur aucune réalité. Mais toujours des liquidités en plus. Destinées à qui ?
On n’en sait rien. DSK a ce commentaire étonnant : « Cela crée une liquidité
internationale supplémentaire. Le seul inconvénient est le risque inflationniste,
mais il est aujourd’hui limité ! Cela revient aussi à faire fonctionner le
FMI presque comme une banque centrale ». Voilà qui nous rassure tout à fait ! Et puis ? C’est à peu près tout.
Les dirigeants du FMI seront désormais choisis « en fonction de leur compétence »
et non de leur nationalité. DSK ne s’est pourtant pas vexé. Et la régulation dans
tout cela ? On croyait que le FMI serait le cœur de la nouvelle régulation
fondant le nouveau capitalisme. Le Monde l’affirme : le FMI « se trouve
propulsé par le G20 au poste de superviseur de l’économie et de la finance mondiale ».
Il a été investi « d’un rôle de vigie pour détecter à temps les périls et
de supervision renforcée des nouvelles régulations financières ». Yes, we can Il est vrai que Le Monde ajoute que
cela signifie que le FMI « est prié de sermonner » même les Etats-Unis…
Si c’est juste un sermon, cela nous inquiète moins. D’ailleurs DSK lui-même a
pris soin de déclarer au Figaro, à propos de la régulation mondiale : « On
a souvent voulu attribuer au FMI un tel rôle. Je ne suis pas sûr que l’on ait
besoin d’un grand régulateur au niveau mondial. Mais de toute façon, ce n’est
pas notre mission ». Patatras. Voilà les illusions qui s‘effondrent :
si les socialistes eux-mêmes ne veulent pas d’un grand régulateur mondial, où
allons-nous ? Pour ajouter à la confusion, le communiqué officiel du G20
précise que « des régulations et une vigilance renforcées doivent promouvoir
la propriété, l’intégrité et la transparence » et notamment « encourager
la discipline de marché ». Si c’est cela, la régulation, alors vive la régulation ! Bien entendu, nous ne sommes pas naïfs,
tout cela est de la communication politicienne. Comme la déclaration finale dit
tout et son contraire, on peut très bien demain avoir une vraie régulation capable
de paralyser l’économie. Mais ce qui nous inquiète le plus, c’est ce que dit la
déclaration du G20 sur le rôle des institutions financières mondiales (FMI compris)
pour soutenir la croissance « en aidant à financer les dépenses contra cycliques,
la recapitalisation des banques, les infrastructures, le financement du commerce
international, le soutien de la balance des paiements, le renouvellement de la
dette et l’aide sociale » ! Vaste programme. Le FMI ne sauvera pas la planète ;
mais il va contribuer encore un peu plus à l’illusion d’une relance par la demande,
financée par création monétaire. Cela promet pour demain un beau « désordre
monétaire » comme disait Rueff, des dettes à n’en plus finir et une fuite
en avant dans l’inflation. « Rétablissez l’ordre monétaire, ou acceptez l’esclavage »
ajoutait-il. Lénine savait que « le plus sûr moyen de détruire le capitalisme,
c’est de détruire sa monnaie ». Désormais, avec le FMI, « yes, we can ».
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