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LA MONDIALISATION FAIT MONTER LES PRIX ! |
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La mondialisation cristallise tous
les fantasmes. Pour les uns elle nuirait aux pays riches, qui ne peuvent
soutenir le dumping social, et pour les autres, elle ruinerait les pays
pauvres, qui ne peuvent résister au poids des pays riches. De quoi alimenter
les tentations protectionnistes. Mais comme il est de plus en plus évident
que la mondialisation favorise la croissance mondiale en général, et
le décollage des pays émergents en particulier, il faut trouver autre
chose, une autre piste de désinformation. Voilà le nouveau thème à la
mode : la mondialisation, après avoir fait baisser les prix, est
désormais un facteur d’inflation. Si aujourd’hui l’inflation s’accélère
dans le monde, c’est à cause de la liberté des échanges ! Il faut tordre le cou à ce nouveau
canard. La mondialisation accroît
la demande et le niveau des salaires Nous avions abordé le sujet il y a
un an et demi, dans un article de conjoncture : « La mondialisation
provoque-t-elle de l’inflation ? » (NL N°887 du 16/9/2006).
A l’époque certains experts dénonçaient les méfaits de la mondialisation :
une pièce de plus à verser à l’acte d’accusation du libre-échange. Aujourd’hui
ils n’ont plus aucun doute. Le ton est donné par Le Monde, qui sait
toujours se placer à la pointe de la désinformation anti-libérale :
« Après avoir fait baisser les prix, la mondialisation attise leur
flambée ». Et de s’appuyer sur un colloque organisé par la Banque
de France, au cours duquel son gouverneur, Christian NOYER, a déclaré :
« La mondialisation a cessé, probablement pour une longue période,
d’être spontanément désinflationniste ». A la suite de quoi Le Monde pose la
question pour lui donner sa réponse : « Les pays émergents seraient-ils
devenus des accélérateurs de la hausse des prix ? ». Pourtant
la phrase du gouverneur avait un autre sens. Il signalait simplement
qu’il y a croissance économique et élévation du niveau de vie dans les
pays émergents. De quoi se plaindrait-on ? Remarquons au passage
que de temps en temps les adversaires de la mondialisation tiennent
un autre langage, niant tout effet de la mondialisation sur la croissance
des pays pauvres entrés dans le jeu du commerce mondialisé. Il est évidemment
fatal que cette croissance provoque une hausse de la demande de ressources
naturelles, alimentaires et énergétiques, ce qui fait monter les prix.
Et, au dire des experts interrogés
par Le Monde la situation est encore pire qu’on le croit : tous
ces gens qui sont « entrés dans l’économie », et qui sont
« passés d’un à deux repas par jour » poussent la demande,
donc les prix, vers le haut. Et pire encore : les habitants de
ces pays ont en outre le mauvais goût de réclamer des hausses de salaires.
C’est le surtitre du Monde : « Inflation. Les mouvements de
revendications salariales se multiplient dans les pays émergents ».
Et si les salaires augmentent, les prix, donc l’inflation, augmentent.
Et de donner des exemples d’usines en grève au Vietnam et en Roumanie
(Dacia) pour obtenir de faramineuses hausses de salaires. La hausse des prix et des salaires
n’a rien d’inquiétant Nous ne voyons pas en quoi les hausses
en question sont un drame économique et social. Nous pensons au contraire
qu’il y a tout lieu de s’en réjouir. Des peuples entiers, par centaines
de millions de personnes, sortent de la misère, trouvent des emplois,
sont mieux payés et ont davantage de pouvoir d’achat : voilà bien
de quoi convertir les plus sceptiques aux vertus de la mondialisation !
Ce qui se passe en Asie aujourd’hui s’est déjà produit il y a quelques
années en Europe : l’Espagne, le Portugal et les pays ex-communistes
ont vu leur développement et leur niveau de vie croître parallèlement.
Le coût à payer pour ce progrès social
est-il réellement l’inflation ? Il faut revenir à quelques vérités
simples. Oui, il y a hausse de la demande dans les pays émergents. Oui,
il y a des demandes spécifiques de produits alimentaires et énergétiques.
En admettant que leur offre ne puisse pas suivre (il faudrait se demander
pourquoi et mettre en cause les restrictions artificielles d’offre de
pétrole par l’OPEP par exemple), une hausse de demande sur un ou plusieurs
produits provoque la hausse du prix de ces produits. Mais la hausse
de quelques prix n’est pas de l’inflation. Quant aux salaires, il est vrai -et
c’est heureux- qu’ils progressent dans les pays émergents. Mais ils
progressent parce que la productivité augmente et les gains de productivité
sont la seule vraie source de la hausse des salaires. Une hausse des
salaires conforme aux gains de productivité n’a jamais provoqué la moindre
inflation, puisque les revenus augmentent au rythme de la production.
En fait, rien ne permet d’imputer l’inflation à la mondialisation. Le dérapage monétaire véritable cause de l’inflation Il y a bien inflation dans la quasi-totalité
des pays, riches ou pauvres. Mais elle n’a rien à voir avec la mondialisation,
au contraire : sans la mondialisation, elle serait plus forte.
Car la mondialisation, c’est tout simplement la concurrence généralisée.
On sait, surtout depuis BASTIAT, que la concurrence est une arme redoutable
contre la hausse des prix. BASTIAT pensait que c’était l’un des moyens
clefs pour faire progresser le pouvoir d’achat des plus pauvres. Et
il est logique que les prix baissent, puisque l’offre augmente. D’ailleurs,
les adversaires de la mondialisation que sont les souverainistes ne
disent-ils pas que la mondialisation ruine nos entreprises, car elle
fait entrer les produits étrangers à bas prix : c’est donc bien
qu’elle fait baisser les prix ! Alors pourquoi l’inflation dans le
monde, en dépit de la mondialisation ? FRIEDMAN l’avait expliqué
depuis longtemps : à cause d’une mauvaise gestion de la monnaie,
puisque « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire ».
La masse monétaire dérape en Chine, en raison de l’entrée massive de
devises ; elle dérape aux USA, surtout depuis la crise de subprimes,
parce que la Fed arrose les marchés, croyant empêcher les faillites
bancaires ; elle progresse de 11,5% en Europe, en dépit des discours
restrictifs de la BCE. Le désordre monétaire, « l’inondation monétaire »
aurait dit Jacques RUEFF, qui parlait de « plan d’irrigation pendant
le déluge », est la seule explication de l’inflation. La mondialisation
n’y est pour rien. Mais RUEFF ajoutait : « acceptez l’ordre
monétaire, ou vous aurez sinon l’esclavage » : il faut donc
mettre fin au désordre monétaire et à l’inflation si on ne veut pas
qu’elle détruise les bienfaits de la mondialisation. |
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