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LES INSTITUTIONS, FACTEURS DE PROSPERITE C’est une analyse fort intéressante
que vient de publier le Fonds Monétaire International (FMI) dans son rapport
« World Economic Outlook » de 2003.
Le FMI s’interroge sur les causes de la prospérité des nations (de la
Richesse des nations comme le disait déjà Adam SMITH) et sur les raisons
pour lesquelles certaines nations se développent plus vite que d’autres.
La réponse du FMI est claire et nette : ce sont les institutions
qui font la richesse des nations. Quand le FMI publie
des indicateurs de liberté A vrai dire, cela ne surprendra guère nos lecteurs, qui sont
habitués à nous voir publier les résultats des indices de liberté, ceux
du Fraser Institute comme ceux d’Heritage
Foundation publiés régulièrement par le Wall Street Journal (Index of Economic Freedom) : ce sont
les pays les plus libres, ceux qui ont choisi les institutions de la liberté,
qui se développent le plus vite et ceux sont les pays qui refusent la
liberté et le marché qui s’enfoncent dans la misère et le sous-développement.
Mais que ce soit le FMI qui le dise est révélateur : les
grands organismes internationaux ne passent pas pour des inconditionnels
de la liberté économique : par nature, ils sont même plutôt interventionnistes,
justifiant ainsi leur raison d’être. On aurait pu s’attendre à ce que
les médias donnent un écho important à ce virage du FMI. En fait, bien
peu ont publié ces résultats, qui viennent contredire le politiquement
correct. A notre connaissance, seul le Figaro économie, dans un excellent
papier de Jean-Pierre ROBIN, a commenté l’analyse du FMI, mais avec un
titre malheureux qui tranche avec tout le reste de l’article « La
politique, facteur numéro un de la prospérité ». Que fait apparaître le rapport du FMI ? Qu’habituellement
on cherche a expliquer la croissance économique et la prospérité en général
à l’aide des facteurs de production traditionnels, le travail et le capital.
C’est ce qui a valu dans les pays du tiers-monde les calamiteuses politiques
de développement, consistant à injecter -en pure perte- de l’argent –public-
en espérant voir l’économie décoller. Or le FMI montre que ce qui compte
ce ne sont pas d’abord ces facteurs de production -le travail existe dans
ces pays et le capital ira là où il y a des perpectives de gains (surtout
avec la mondialisation)- mais les institutions qui jouent le rôle déterminant. La
qualité des institutions, facteur déterminant Si les institutions sont souvent négligées, c’est en raison
d’a priori idéologiques, mais aussi parce que ce sont des facteurs non
quantifiables, difficilement intégrables dans les modèles de croissance
mathématiques, néoclassiques ou keynésiens. En quoi consiste cette qualité des institutions ? Il s’agit
aussi bien des règles du jeu comme celles de la concurrence ou du marché
du travail (est-il libre et flexible ou entravé de réglementations ?)
que les cadres réglementaires ou les institutions proprement dites, comme
par exemple une banque centrale indépendante ou des règles budgétaires
strictes. On note en particulier « la qualité de la gouvernance »
-degré de corruption, protection des droits, efficacité du secteur public,
etc…- « la protection légale de la propriété privée », « le
niveau des limites institutionnelles encadrant les responsables politiques »
et empêchant donc leur interventionnisme excessif. Selon le FMI « Compte tenu de la mobilité du capital international
de telles estimations (sur les réalités institutionnelles et la façon
dont elles sont perçues) peuvent jouer un rôle majeur dans la capacité
d’un pays à attirer et à retenir des flux d’investissements ». Maitland MACFARLAN, le responsable de l’étude du FMI en arrive
à la conclusion suivante : « Le revenu par tête pourrait augmenter
en moyenne de 80% (c’est à dire d’environ 800 à plus de 1400 dollars par
an) si les institutions de la région s’amélioraient pour atteindre le
niveau de celles de l’Asie en développement. Et cette dernière pourrait
en gros doubler ses revenus si ses institutions étaient renforcées au
niveau moyen de l’échantillon ». Les institutions expliquent les écarts entre pays Rentrant dans le détail, le FMI explique ainsi la réussite
de certains pays : « le très haut niveau de vie atteint à Singapour
tranche avec celui de ses voisins qui ont le même climat équatorial. Autre
exemple, moins connu : en Afrique les bonnes performances du Bostwana contrastent avec les sévères difficultés de pays
limitrophes comme l’Angola et le Zimbabwe », qui conservent largement
des institutions inadaptées, issues du socialisme. On pourrait évidemment
mettre aussi en avant les résultats de l’Ile Maurice ou de l’Asie du Sud-Est,
par rapport à leurs voisins restés avec des institutions archaïques opposées
au libre marché. Et beaucoup de pays aujourd’hui riches se sont développés
sans aucune ressource naturelle ni matière première. Bref, « le facteur géographique ou climatique se trouve
relativisé, tout comme le déterminisme de l’histoire. Les experts du FMI,
souligne le Figaro, invoquent des raisons institutionnelles pour expliquer
les succès fort contrastés obtenus par les colonisations européennes du
XVII° au XIX° siècles. D’un côté l’établissement de colonies d’émigrés,
comme les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle Zélande, avec des institutions
défendant l’état de droit et la propriété privée. De l’autre des colonies
d’exploitation, en Amérique centrale ou du sud ou dans la majeure partie
de l’Afrique sub-saharienne : leur cadre juridique a été conçu pour
exploiter des richesses nationales, bien plus que pour le développement
d’un pays ». Et la voie marxiste suivie par nombre de ces pays après
l’indépendance a encore aggravé la situation. Pour le FMI, la conclusion est claire : chaque nation
devrait avoir à cœur d’améliorer ses règles de fonctionnement, au profit
d’institutions « qui protègent les droits de propriété, respectent
l’état de droit, etc… ». En outre certaines conditions facilitent
les évolutions institutionnelles, à commencer par l’ouverture à la concurrence
et au commerce international. Voilà qui ne surprendra guère nos lecteurs,
mais peut-être un peu plus les lecteurs habituels des rapports du FMI…
Il serait bon que les partisans du « développement durable »
et les gouvernements qui refusent le libre-échange s’en inspirent.
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