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| Affirmation
surprenante quand on sait d’une part que les Etats Unis ont été le pays le plus
touché par la crise financière, d’autre part que le déficit budgétaire a atteint
des sommets en 2010 avec près de 10% du PIB. Pourtant
les prévisions chiffrées des organismes internationaux sont formels : la
reprise de la croissance sera vraisemblablement plus vive aux Etats-Unis qu’en
Europe. Est-ce le miracle du « stimulus » ; de la relance opérée
par l’administration Obama ? Ou
y a-t-il des raisons plus profondes à cette santé du système américain, qui semble
résister non seulement à la crise, mais aussi aux politiques qu’elle a inspirées ?
USA 2,7% Euroland 1% Sur
le plan mondial, les prévisions sont claires : avec 3,9% de croissance du
PIB en 2010 et 4,3% en 2011, il semble que le gros de la crise soit surmonté.
Mais les chiffres doivent être nuancés : quoi de commun entre les 10% de
Même
en Occident, il y a à nuancer et la comparaison entre l’Europe et les Etats-Unis
ne manque pas d’intérêt. Pour 2010, le FMI prévoit 2,7% de croissance pour les
Etats-Unis : ce n’est pas faramineux, mais c’est un redressement après la
forte récession de l’an dernier (et le quatrième trimestre L’explication
du Monde, c’est celle qu’exprimait déjà Dominique Strauss-Kahn, et que
L’Europe a massivement relancé, sans résultat Laissons
de coté une évidence : ce sont les USA et l’Europe qui ont le plus relancé ;
les pays émergents, qui ont moins relancé, sont champions de la croissance. Mais
restons sur le duel Europe/Etats-Unis. Il est vrai que les plans de relance américains
ont été impressionnants, avec un déficit budgétaire autour de 10% du PIB et une
dette publique qui explose. Mais peut-on sérieusement affirmer que l’Europe ait
été à la traîne en matière de plans de relance ? Certes, le déficit en Euroland
est en moyenne plus faible, mais la moyenne n’est pas significative : elle
a été tirée vers le bas par l’Allemagne qui, partant d’un budget en équilibre,
a moins relancé que les autres. Si
la relance budgétaire keynésienne avait tant de vertus, tous ces pays devraient
être champions du monde de la croissance et dépasser l’Inde ou Les fameux amortisseurs sociaux : des boulets en
période de reprise Il
faut donc chercher ailleurs. On nous avait expliqué que nos merveilleux systèmes
d’Etat providence et de protection sociale avaient en Europe, et notamment en
France, amoindri le choc de la crise. On demandera aux centaines de milliers de
chômeurs supplémentaires ce qu’ils en pensent, ainsi qu’aux entreprises qui ont
connu un taux record de faillites. Certes, comme les dépenses publiques, de l’Etat
à Mais
voilà justement un des problèmes : ce secteur public pléthorique, et cette
Sécu dont nous sommes si fiers, sont maintenant un boulet qui freine toute reprise :
on ne court pas le Certes
l’administration Obama a voulu lancer une politique « sociale » révolutionnaire
pour les Américains, mais d’une part la réforme de l’assurance maladie n’est pas
encore votée, d’autre part le secteur public des Etats Unis demeurera de toutes
façons l’un des moins développés au sein des pays de l’OCDE
La liberté économique, atout de l’économie
américaine Observons
maintenant ce qui se passe aux Etats Unis sur le front du chômage. Dans ce pays,
il est facile de licencier. Le chômage y était faible avant la crise, il est donc
monté en flèche. C’est plus difficile en Europe, surtout en France, où l’on cherche
à « sauver » des emplois de façon artificielle (sans parler de l’importance
de l’emploi public). Mais quand la reprise est là, les entreprises américaines
n’hésitent pas à embaucher, puisqu’elles peuvent licencier si la reprise n’est
pas durable. Chez nous, le chômage poursuit sa hausse : qui embauche dans
un climat d’incertitude, au risque de ne pouvoir licencier en cas de retour de
la récession ? C’est la flexibilité qui permet la reprise américaine ;
ce sont les rigidités qui mettent l’emploi en danger en Europe. Il
y a aussi la question du commerce extérieur. Certes, l’Allemagne résiste bien,
mais l’Europe reste frileuse et en France comme dans d’autres pays, les tentations
protectionnistes sont fortes. On a même vu le Président de Faut-il
en conclure que les jeux sont faits et que les USA sont sauvés, la reprise allant
en s’amplifiant ? Rien n’est moins sûr, car le Président Obama
a accumulé de graves erreurs. Son projet de budget, même s’il prévoit certaines
baisses de dépenses, reste dans une logique de relance ; le poids de la dette
et des déficits va peser sur la reprise ; la volonté d’imiter, au moins en
partie, l’Europe pour la protection sociale va aussi freiner la reprise ;
l’acharnement interventionniste contre les banques va aussi jouer négativement ;
le laxisme de la politique monétaire pourrait se transformer demain en inflation ;
et les impôts des plus productifs vont augmenter. Il faut donc bien distinguer
les deux plans : structurellement, l’économie américaine est plus apte à
redémarrer, par sa souplesse générale, que la « vieille Europe » socialisée ;
mais conjoncturellement, elle est menacée par les initiatives politiques. Elles
ne paraissent pourtant pas assez nocives pour détruire le capitalisme américain,
ce dont rêvaient les utopistes et les idéologues. D’ailleurs on voit tous les
jours que l’Europe n’est pas à l’abri des erreurs des politiciens. « L’Etat
n’est pas la solution, c’est le problème » disait Ronald Reagan. Jean-Yves Naudet
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