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| Nous avons déjà critiqué la relance
keynésienne comme remède à la crise. Mais un autre discours se fait jour dans
la classe politique : Bien entendu, c’est le journal Le Monde
qui mène le bal : excellent baromètre du politiquement correct. On y respire,
plus encore qu’ailleurs, l’air du temps. Une page entière par exemple avec pour
titre : « Dans la crise, le modèle français, naguère décrié, retrouve
des couleurs ». Sous-titre : « La droite française et la presse
anglo-saxonne saluent les capacités de résistance de l’Etat providence ».
Voilà la presse anglo-saxonne, hier honnie, appelée en renfort. Quant à la droite
française, elle s’en donne en effet à cœur joie. Christine Lagarde, après avoir
nié que la croissance française devienne négative en 2009, met un peu d’eau dans
son vin, mais ajoute aussitôt que le système français, critiqué pour sa lourdeur,
« en période de crise nous aide à résister au ralentissement ». C’est
faux au niveau des chiffres : la récession en France (-1,8% en 2009) sera
au moins aussi forte qu’ailleurs et le chômage sera à plus de deux points au dessus
de celui de l’Allemagne ; étrange façon de résister à la crise. Mais sur quoi repose cette brillante
analyse économique ? Premier élément, Sauvés par les retraites par répartition et le déficit budgétaire ! Deuxième élément : notre merveilleux
système de retraite. « Il présente l’avantage d’être pour l’essentiel fondé
sur la répartition (…). Contrairement aux Américains, aux Britanniques et à tous
ceux qui comptaient sur la capitalisation et les fonds de pension pour assurer
leurs vieux jours, les Français ne verront pas leurs retraites fondre avec la
tempête boursière ». Ici, le « grand journal du soir » n’a pas
lu l’analyse implacable de Jacques Garello et de Georges Lane dans leurs ouvrages
sur les retraites (« Futur des retraites. Retraites du futur »). Sinon,
ils sauraient que grâce à la répartition, les Français n’auraient bientôt plus
de retraite du tout ou presque, puisque le système est condamné à faire faillite,
tandis que la bourse, encore plus sur une vie de capitalisation (40 ans au moins),
finit toujours par remonter. Troisième élément : « le
déficit budgétaire, fortement critiqué en période de prospérité, n’a pas que des
inconvénients en période de crise. En choisissant de laisser filer et de faire
jouer les stabilisateurs automatiques, le gouvernement amortit le choc de la crise.
Les rentrées fiscales baissant (…) et les prestations sociales sont davantage
sollicitées ». Et de citer une étude montrant le rôle des stabilisateurs
automatiques. Mais nos grands économistes oublient qu’un plan de relance qui aggrave
discrétionnairement le déficit, c’est le contraire d’un stabilisateur automatique :
celui-ci consisterait à laisser le solde budgétaire évoluer spontanément suivant
la conjoncture. Une relance, c’est discrétionnaire, c’est le contraire d’automatique. Vive le secteur public et la dette publique ! Quatrième élément : Cinquième élément : « Malgré
une dette publique élevée, l’Etat peut encore emprunter dans des conditions jugées
très favorables par Bercy ». Cependant, un peu moins favorables que celle
de l’Allemagne, reconnaît le journal. En réalité 3,8% contre 3,3%. Or dans une
même zone monétaire, les taux devraient être les mêmes. Demain, au rythme actuel
de l’explosion du déficit, le taux d’intérêt de la dette publique sera comme en
Grèce à 5,8%. L’Etat ne pourra même plus payer les intérêts. Se vanter de transférer
la charge des dépenses sur l’emprunt, donc sur la génération suivante, est pour
le moins étonnant. On a doublé le déficit en quelques
mois et notre ministre rêve d’aller plus loin ! Or, la banqueroute,
cela existe. Tout cela n’est donc guère sérieux,
car l’essentiel est oublié. Le modèle social français est le plus ruineux de l’UE
et même du monde libre. Or les dépenses sociales comme toutes les dépenses publiques
ne créent rien et ne sont que du transfert, soit immédiat, soit sur le futur.
Donc, plus le secteur public est vaste, plus le secteur privé, créateur de richesses,
est faible. Avec 54% de dépenses publiques,
la reprise sera, le moment venu, plus faible qu’ailleurs, car ce boulet empêchera
toute reprise durable. Déjà en 1939, en raison de ce poids, nous étions les seuls
à produire toujours moins qu’en 1929. Depuis, le secteur public a explosé.
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